
Et si le Coran n'était qu'un simple manuel ? par Djinn Al Nader
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de scientifiques se sont encore risqués à entreprendre un véritable travail
dexégèse sur le Coran, de peur des énormes complications politiques et
religieuses que pourraient susciter leurs travaux dans les pays musulmans. Alors que
lexégèse est parfaitement acceptée par lEglise Catholique concernant le
récit des Evangiles, lapproche scientifique et linguistique du texte coranique est
considérée comme un acte sacrilège par les mollahs et autres docteurs de la foi
musulmane, mêmes parmi les plus modérés. Défiant
toutes ces peurs et réticences, l'Allemand Christoph Luxenberg entreprit courageusement
danalyser le Coran sous langle linguistique. Islamologue érudit, ce
philologue maîtrise parfaitement l'arabe, littéral et dialectal, mais aussi le syriaque
et l'arabo-syriaque, langue largement répandue vers les VIe et VIIe siècles.
Et il s'est demandé en quelle langue exactement était rédigé le Coran. L'interrogation peut surprendre. En arabe, évidemment. Mais quel arabe ? La
difficulté vient du fait que les plus anciens manuscrits connus ne comportent que
l'écriture des consonnes. C'est plus tard, sans qu'on sache d'ailleurs au juste ni quand
ni comment, que furent inventés les systèmes de points pour noter les voyelles et
permettre ainsi de distinguer des termes s'écrivant de manière identique mais se
prononçant différemment. Ces hésitations sont bien connues, mais le savant fait un pas
de plus en tentant de lire à partir du vocabulaire arabo-syriaque certains des passages
obscurs du "Livre clair". Les résultats sont étonnants, voire considérables
pour la théologie musulmane. Laccouchement de Marie légitimé Ainsi, dans la sourate de Marie (XIX, 24), Jésus, à peine né, s'adresse à sa
mère pour la consoler. Au lieu de "Ne t'attriste pas ! Ton Seigneur a mis à
tes pieds un ruisseau", texte habituel mais énigmatique, la lecture
arabo-syriaque conduit à comprendre : "Ne t'attriste pas ! Ton Seigneur
a rendu ton accouchement légitime." La naissance merveilleuse de Jésus du sein
de Marie fécondée par lEsprit Saint, conformément au dogme catholique, serait
ainsi confirmée par le texte coranique. Les houris ne sont que pure invention Plus étonnante encore est la transformation des fameuses houris des jardins
paradisiaques en... simples raisins blancs ! Au lieu de "vierges aux grands
yeux", il faudrait lire "fruits blancs comme le cristal". Si
l'on songe à l'emprise imaginaire de ces épouses célestes, pour lesquelles les
kamikazes islamistes d'aujourd'hui protègent leurs parties génitales, on mesure
limmense déception. Car nen déplaise aux fantasmes des terroristes, les
houris célestes ne sont que pure invention tardive due à la tradition. Le Coran nest quun manuel éclairant la Bible Luxenberg vas même plus loin dans ses conclusions. En effet, ses travaux lui ont montré que le Coran n'aurait été d'abord qu'un lectionnaire (sens du terme en syriaque), une sorte de manuel destiné à expliquer la Bible, et non à la remplacer. Cela expliquerait pourquoi la plupart des références bibliques seraient abordées si rapidement dans le Coran. En effet, le Coran nest compréhensible que pour la personne qui connaît déjà parfaitement la Bible, et la lecture de lun ne servirait quà éclairer la lecture de lautre. A lorigine, le Coran naurait été quun simple manuel ou commentaire de la Bible. Ce nest que plus tard que le commentaire aurait définitivement expulsé loriginal biblique. La nécessité de lexégèse contre le fanatisme
Comme le souligne Rémi Brague, professeur à la Sorbonne, dans un article publié dans
le numéro d'avril de la revue Critique, il est temps d'ouvrir sur la question un
vaste débat scientifique. Si ces hypothèses étaient avérées, imagine-t-on les
conséquences pour lIslam ? Les musulmans seraient bien obligés
dadmettre que leur religion doit quasiment tout aux religions qui lont
précédée, notamment le Judaïsme et, dans une moindre mesure, le Christianisme. Elle ne
serait pas sortie du néant comme par miracle, mais sinscrirait dans un héritage
judéo-chrétien dont elle ne serait quune composante, au même titre que les autres
sectes juives. Les fanatiques islamistes seraient définitivement discrédités. Djinn Al Nader |