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De la supériorité du Christianisme sur l'Islam

par S.Augustin

 

L’Islam est-il fondamentalement meilleur que le Christianisme ? Bien entendu, répondre à une question aussi complexe relève de la gageure, tant le pouvoir divergeant de l’interprétation des textes sacrés, le contexte culturel et social d’une mise en pratique réelle de la foi religieuse, les inévitables connections avec la politique semblent rendre illusoire une comparaison objective et quasi-scientifique de l’Islam et du Christianisme.

Toutefois, rien n’est imperméable à l’intelligence et au sens critique. Tout objet idéologique, tout système de croyances, toute idée politique ou religieuse est susceptible de subir un examen rigoureux de la conscience humaine. On ne voit pas pourquoi des générations d’intellectuels se sont évertuées à démontrer l’utilité – ou la nuisance – du libéralisme, du communisme, du national-socialisme, tandis que l’Islam ou le Christianisme seraient aeternam imperméables à tout effort d’analyse. La religion bénéficierait-il d’un tabou rendant scandaleux toute critique à son encontre ?

Le Coran face aux Evangiles

Contre ce postulat naïf et infondé, nous déclarons que la comparaison objective de l’Islam   et du Christianisme demeure possible. A condition de s’entendre sur les critères de comparaison. Le plus évident consiste à comparer les bases intellectuelles de chacune de ces deux religions révélées, en l’occurrence leurs textes fondateurs. Nous mettrons de côté les textes secondaires relevant de la simple Tradition, les Hadiths pour l’Islam, l’Ancien Testament avec lequel Jésus prit ses distances (voir la femme adultère selon Jean 8, v.1-11)  pour le Christianisme. Cela dit, nous utiliserons quand même la Biographie du Prophète (recueil de textes écrits quelques dizaines d’années après la mort de Mahomet) pour étudier la vie strictement personnelle du prophète, avec les réserves d’usage et sans s’attarder sur la véracité de cette source.

 Car le centre fondamental de la religion islamique réside bien dans le Coran, tandis que le fond ultime de la foi chrétienne réside dans les Evangiles. Le Coran face aux Evangile, la vie de Mahomet face à la vie de Jésus, voilà les données historiques clairement identifiées qui vont servir de matière première à notre travail de réflexion.    

 1. Vies personnelles de Mahomet et de Jésus

 A. Deux destins différents

 Avant d’énoncer les différences fondamentales entre l’enseignement coranique et le message évangélique, précisons rapidement la vie respective des deux figures majeures de l’Islam et du Christianisme, à commencer par Jésus.

 Christianisme : Les historiens les plus sérieux affirment que Jésus serait né aux environs de l’an 4 avant notre ère à Bethléem (ou Nazareth selon certains ?). Il resta célibataire toute sa vie. Il se lança dans sa mission évangélique trois ans seulement avant sa condamnation et sa crucifixion, en l’an 30 après J-C, sous le règne de l’empereur Tibère. Sa mère Marie accompagna ses derniers instants au pied de la croix. Sa fin funeste est typique d’une incompréhension de nature entre le monde des hommes d’une part, l’attente divine d’autre part. Selon les chrétiens, il ressuscita le troisième jour après sa mort.    

 Islam : Mahomet serait né en 570 après J-C à la Mecque dans un milieu païen arabe. Il fréquenta de nombreux juifs durant les voyages en Syrie de son oncle adoptif Abu Talib, de sorte qu’il s’imprégna très tôt des valeurs monothéistes. Chassé de la Mecque à cause de ses révélations, il se réfugia à Médine où il commença une lutte armée contre ses adversaires. Polygame, il posséda de nombreuses femmes. Il mourut dans la gloire, après avoir remporté des batailles décisives contre ses ennemis. Selon les Musulmans, il monta directement au ciel après sa mort.  

 Synthèse : A ce niveau, des différences flagrantes apparaissent dans des destins aussi différents : Jésus fut un incompris de ses contemporains tandis que Mahomet réussit à étendre sa domination temporelle sur les hommes. Jésus mourut dans d’atroces souffrances tandis Mahomet mourut entouré d’honneurs. Jésus demeura pacifique tandis que Mahomet se lança dans une guerre impitoyable contre les infidèles. Jésus ne jugea pas nécessaire de s’assurer une descendance charnelle tandis que l’ambition de Mahomet consistait à avoir la descendance la plus nombreuse possible. Bref, Jésus proposait une foi intérieure et personnelle tandis que Mahomet combattait pour une religion collective et politique.

 B. Antécédents criminels   

 Islam : Conséquence directe de la confusion entretenue entre religion et politique, Mahomet manifesta une intolérance extrême à l’égard des incroyants de son époque, selon la Biographie du Prophète. Stimulé par la légitimation théologique de la "guerre sainte" que nous étudierons plus loin, le prophète arabe impulsa une série de meurtres personnels contre tous ceux qui s’opposèrent à son prosélytisme politico-religieux.

 Par exemple, lors de la Bataille du fossé en 627 qui l’opposa aux Mecquois, Mahomet accusa les juifs de Médine de l’avoir trahi. Il ordonna l’extermination des membres mâles de la tribu des Qurayza. Les juifs furent décapités et jetés dans des fosses communes. De même, à l’issue de la bataille de Badr, il fit exécuter Al Nadr dont il n’appréciait guère les plaisanteries. Comme on lui jetait la tête d’un autre prisonnier décapité, Mahomet s’écria : « Cela m’est plus agréable que le plus beau chameau de toute l’Arabie ». Puis Ocba fit les frais de la nouvelle religion crée par Mahomet, selon un passage de la Biographie du Prophète :

« Deux jours plus tard (…) Ocba fut renvoyé pour être exécuté. Il tenta de protester et demanda pourquoi il devait être traité avec plus de rigueur que les autres captifs. « En raison de ton inimité avec Allah et son prophète », répondit Mahomet. « Et ma petite fille ! cria Ocba dans l’amertume de son âme, qui prendra soin d’elle ? ». « Les feux de l’enfer ! » s’exclama le prophète. Et à cet instant, la victime fut fendue jusqu’aux pieds. « Misérable que tu es ! » continua-t-il, « et persécuteur ! Mécréant qui ne crois ni en Allah, ni en son prophète, ni en son livre ! Je remercie le seigneur qui t’as tué, et ainsi a consolé mes yeux ».

Mais Mahomet assassine aussi des femmes. La poétesse Asma bint Marwan avait composé des vers contre Mahomet. Apprenant ses dires un peu trop injurieux à son goût, Mahomet ordonna son exécution. D’autres poètes suivirent sur la liste noire des assassinés, tel Abu Afak qui avait osé critiquer le prophète. Mahomet ordonna également le meurtre de Kab ibn al-Ashraf, fils de femme juive, qui tenta de mobiliser les foules mecquoises contre le prophète.

Christianisme : A l’inverse de ce long inventaire de crimes commis par Mahomet, inutile de dire qu’aucune tradition, qu’aucun récit, qu’aucun texte ne mentionne un quelconque penchant criminel de Jésus. La seule fois que Jésus se mit en colère, ce fut lors de sa visite au Temple de Jérusalem (Jean 2, 13-20) : voyant que des marchands osaient faire du commerce sur le parvis du sanctuaire, il renversa les étals et chassa les marchands du Temple… Mais bien entendu, cette crise de mauvaise humeur ne déboucha sur aucune mort d’homme, et aucun marchand ne fut même commotionné durant cet incident unique selon les Evangiles. De toute évidence, Jésus fut un prophète profondément travaillé par ses convictions pacifiques.

 Synthèse : Nous le constatons, les différences sont notables entre la vie de Jésus et la vie de Mahomet. Mais au-delà de leur condition humaine et de leurs faits personnels, quelles sont les différences théologiques majeures entre leurs enseignements prophétiques ? Portons notre regard sur trois aspects essentiels : la nature de la révélation, les conditions du salut et le principe de prédestination.

 2. Différences théologiques

 A. Nature de la révélation

 Islam : Pour les Musulmans, le Coran a été dicté par Dieu lui-même à Mahomet sur le Mont Hira, l’Ange Gabriel servant d’intermédiaire. Notez que cette révélation directe du Coran ressemble fortement à la transmission des Tables de la Loi par Dieu à Moïse sur le Mont Sinaï, de sorte que Mahomet fut considéré comme un nouveau Moïse guidant son nouveau peuple élu, le peuple arable au lieu du peuple juif. Ainsi transmis verticalement des cieux en ce bas monde, le Coran ne serait que la copie terrestre d’un livre céleste, la "Mère des Livres" précieusement gardée au ciel (s.3, v.5). Une première conséquence extrêmement importante découle de ce dogme islamique. D’essence entièrement divine, le Coran ne souffre d’aucune imperfection, et tout ce qu’il contient détient un caractère absolu. L’infaillibilité coranique est le premier point capital du credo musulman.

 Christianisme : Pour les chrétiens, les Evangiles furent écrits par quatre hommes clairement identifiés, ainsi Jean, Mathieu, Marc, Luc. En réalité, il faut distinguer deux sources principales pour les Evangiles, en l’occurrence Jean d’un côté, les autres – les synoptiques – de l’autre. Ecrits par des hommes, les Evangiles ne revendiquent donc par une perfection absolue, et quelques différences apparaissent entre eux (ainsi la date exacte de la mort de Jésus : le jour de Pacques pour les synoptiques, la veille pour Jean). Le Christianisme n’a d’ailleurs jamais tenté d’effacer ces différences. Pour les chrétiens, les Evangiles ne sont pas infaillibles dans la lettre, bien que le sens général de la parole de Jésus le soit.   

 B. Les conditions du salut

 Jésus et Mahomet croient que Dieu jugera les Hommes le jour du Jugement Dernier, à l’issue duquel les bienheureux auront droit au paradis tandis que les damnés iront en enfer. Mais quels critères emploiera Dieu pour séparer le peuple des sauvés du peuple des damnés ?

 Islam : En fait Mahomet suggère que Dieu juge moins sur les bonnes œuvres d’un homme que sur son degré d’obéissance et de soumission à Son Saint Nom. Le terme "Islam", qui signifie "résignation" en arabe, souligne toute l’importance que Mahomet accorde à la soumission du fidèle. La position du musulman durant sa prière, ou prosternation complète sur le sol, illustre très concrètement cet idéal de résignation au pouvoir divin. Et comme la manifestation visible de sa soumission à Dieu s’avère capitale pour l’obtention du salut, il suffit de clamer sa croyance à la fin de sa vie pour figurer parmi les sauvés, indépendamment des bonnes ou mauvaises œuvres durant son  vivant.

 Nuançons toutefois notre propos, car les choses ne sont pas si simples. En effet, Mahomet condamne tout de même l’hypocrisie (s.3, v.5), mais pas de manière aussi explicite que Jésus. Certains passages du Coran attestent du rôle important des bonnes œuvres dans les conditions du salut (s.5, v.73), d’autres appuient plutôt sur la nécessité de figurer parmi les croyants. En fait, le Coran se contredit souvent à ce sujet. Les conditions pour l’obtention du salut ne sont pas très claires, et rien ne permet d’affirmer la position de Mahomet sur ce point théologique, ce qui laisse évidemment une large part à l’interprétation théologique.    

 Une chose est sûre néanmoins : les incroyants seront jetés en enfer pour l’éternité comme l’attestent de nombreux passages coranique, tel celui-ci (s.3, v.8) : « Ceux qui ne croient pas […] seront l’aliment du feu ». Ainsi les incroyants, quel que soit leur niveau initial de bonne volonté, n’auront rien de bon à attendre de Dieu selon les Musulmans.

 Christianisme : Alors que Mahomet demeure assez flou sur les conditions du salut, Jésus affirme clairement que Dieu jugera sur les seules bonnes œuvres des Hommes. Et pour plaire à Dieu, il suffit de respecter ce commandement capital : « Aime ton prochain comme toi-même » (Mathieu 22, 35-40).

 Ainsi seule compte la véritable tournure du cœur, et non la manifestation ostentatoire de sa foi. Durant tout son enseignement, Jésus lutta contre l’hypocrisie des soi-disant croyants (Mathieu 7, 1-5), et suggère que ceux que Dieu aime ne sont pas forcément ceux qui disent l’adorer. Deux conséquences logiques apparaissent, l’une inquiétante, l’autre stimulante : tous les croyants ne seront pas nécessairement sauvés, mais ceux qui, parmi les incroyants, commettent le Bien, alors ceux-là figureront parmi les sauvés. Contrairement à l’Islam, l’incroyance ne conduit pas forcément à l’enfer.

C. Le principe de prédestination

Toutes les religions révélées se sont efforcées de régler ce problème majeur découlant de leur présupposé philosophique : si Dieu existe et qu’Il est infiniment bon par nature, comment le péché pourrait-il subsister sur Terre ? N’y a-t-il pas là une contradiction flagrante entre l’omnipotence supposée de Dieu et la persistance du péché en ce bas monde ?

Islam : Les Musulmans, tout comme les Protestants et les Jansénistes d’ailleurs, règlent définitivement ce problème en supposant que les conditions du salut obéissent au principe de la prédestination : Dieu veut que certains hommes soient sauvés, et que d’autres ne le soient pas. Les Hommes sont donc prédestinés dès leur naissance au salut ou à la damnation, sans qu’on ne sache exactement les raisons de ce choix divin.

De nombreux passages du Coran attestent du principe de prédestination. En particulier, le passage suivant s’avère fort intéressant (s .5, v. 45):

 « Mais quant à celui qu’Allah veut égarer, tu ne peux rien faire pour lui de la part d’Allah. Ce sont ceux dont Allah ne veut pas purifier le cœur. Pour eux, c’est la honte dans ce monde, et dans l’autre monde, un terrible châtiment ».

 On remarquera qu’Allah « veut » la perte de certains hommes, et que l’enseignement de Mahomet ne peut « rien faire » pour eux. Quelque soit leur cheminement spirituel, certains hommes sont promis à l’enfer, car telle est la volonté d’Allah. Une idée similaire est exprimée dans ce second passage (s.6, v.125) :

 « Celui qu’Allah désire guider, [Il] étend son cœur jusqu’à l’Islam. Mais celui qu’Il désire égarer, Il resserre sa poitrine et la rétrécit […]. C’est ainsi qu’Allah manifeste sa colère… »

 Par conséquent l’égarement de l’infidèle ne vient nullement d’un mauvais usage de sa liberté mais du fait qu’ « Allah désire » le perdre. Car Dieu refuse sciemment Sa révélation à certains Hommes jugés indignes (s.6, v.25) : 

 « […] Nous avons mis une couverture sur le cœur [des infidèles], de peur qu’ils comprennent [le Coran]… »

Allah craint donc que certains Hommes soient sauvés grâce à Son enseignement, aussi les condamne-t-Il dès le commencement à l’aveuglement et à la perdition. Pour donner une image éloquente, Allah ressemblerait à un professeur punissant certains de ses élèves après leur avoir préalablement retiré tout moyen d’apprendre leur cours, qu’il s’agisse de leurs livres et de leurs cahiers. De cette manière, Il est sûr que Ses victimes ne pourront jamais se racheter.

Christianisme : Soulignons à ce niveau la différence frappante avec le Catholicisme : dans la parabole de la brebis égarée (Luc 15, v.3-10), le pasteur (Dieu) partira seul pour chercher la brebis perdue (l’incroyant), preuve de sa ferme volonté de sauver activement l’humanité du péché. De retour à la maison, ce pasteur manifeste même de la joie car il aura réussi à sauver une seule de ses brebis, preuve de son amour illimité pour chaque membre de son troupeau. Ainsi cette parabole suggère que la perte de l’incroyant ne procède nullement d’une quelconque décision divine, et que Dieu ne « veut » pas la damnation des infidèles.

En fait le Catholicisme explique l’existence du péché par la notion de liberté. Car l’Homme, « créé à l’image de Dieu » selon l’Ancien Testament, détient l’immense pouvoir d’accepter ou de refuser librement Dieu. D’une certaine manière ce pouvoir considérable de l’Homme le rapproche de la condition divine. Et naturellement, c’est le mauvais usage de cette liberté qui conduit au péché. Ainsi Dieu déteste bien le péché, mais Il veut que l’Homme apprenne à le rejeter par lui-même.

Synthèse : Fidèlement à son approche individuelle de la foi, le christianisme met l’accent sur le choix librement consenti, le libre arbitre, l’adhésion volontaire. Bref, tout le contraire de l’Islam qui insiste sur la dimension politique d’une religion totalitaire au premier sens du terme.

3. Politique

 A. Séparation de la politique et du religieux

 Islam : En Islam, toute distinction entre la sphère religieuse et la sphère politique s’avère absolument vaine. Si le Coran est l’empreinte fidèle de la "Mère des Livres" conservée aux cieux, le monde terrestre doit ressembler comme un reflet inversé à l’univers céleste agencé par Dieu. Aucune place n’est accordée à une quelconque forme de laïcité, dans le sens moderne du terme.

 Christianisme : A l’inverse, Jésus souligne l’opposition entre le monde spirituel et le monde temporel. Rappelons qu’il fut lui-même victime des circonstances politiques et temporelles de son époque. Le fameux « rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu » (Marc 12, 14-17) participe clairement à cette démarcation intellectuelle entre le temporel et le spirituel.

 B. Domination politique

 Islam : Corollaire de la fusion entre politique et religion, la domination politique du monde s’impose. Le bon musulman doit refuser une autre autorité temporelle que celle de l’Islam, au risque de commettre un péché selon Mahomet (s.3, v.27) :

 « Que les croyants ne prennent pas pour patron les incroyants au lieu des croyants. Celui qui fait cela n’aura rien à attendre d’Allah, à moins que vous n’ayez d’eux quelques dangers ».

 Ce passage rend illusoire toute forme d’intégration des Musulmans dans un pays non musulman. Pire, l’obéissance provisoire au droit infidèle (« à moins que vous n’ayez d’eux quelques dangers ») répond parfaitement à la stratégie de subversion de Mahomet. Car aux yeux de Mahomet, une trêve avec les incroyants s’impose avant que les rapports de force ne deviennent plus favorables aux Musulmans. 

 Christianisme : Jésus n’a jamais cherché la domination politique. A ses disciples il leur dit : « Soyez dans le monde sans être du monde », preuve que la domination politique du monde ne l’intéressait pas. Jésus n’ambitionne nul royaume temporel sur cette Terre :

 « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici » (Jean 18, 36).

 C. Dimension nationaliste

 Islam : Mahomet se considère comme un nouveau Moïse. Rappelons qu’il existe un parallèle frappant entre le Mont Sinaï et le Mont Hira d’une part, les Tables de la Loi et le Coran d’autre part. Ce parallèle accrédite la thèse selon laquelle Mahomet, arabe de naissance, ambitionnait pour son peuple d’origine le statut de nouveau Peuple Elu.

 La dimension nationaliste arabe de l’Islam est confirmée dans le  Coran, et Mahomet croit à la supériorité presque ethnique du peuple arabe (s.3, v.106) : « Vous êtes le meilleur des peuples ». Soulignons qu’à de nombreuses reprises dans le Coran, Mahomet insiste sur l’héritage d’Abraham et de son fils Ismaël, cet ancêtre direct du peuple arabe selon la Bible. Le sanctuaire de la Mecque, par exemple, aurait été construit par Ismaël. Ismaël représente donc une figure majeure de l’Islam, et l’évocation répétée de son héritage permet de court-circuiter habilement la contribution des Juifs à son message monothéiste.

 Christianisme : A l’inverse, Jésus n’accorda nulle dimension nationaliste à son message. Bien que juif de naissance, il n’eut pas de plan politique pour la domination du monde par le peuple juif.

 Synthèse : Le Christianisme est une religion personnelle tandis que l’Islam est une religion politique. Dans ces conditions, la perception de l’Autre en tant qu’infidèle est toute différente dans les Evangiles et dans le Coran.

 4. Altérité

 A. La guerre sainte                                                              

 Islam : Lorsqu’on lit le Coran, le point le plus frappant consiste dans cet accent mis sur la guerre sainte. Soulignons que les pays non convertis s'appellent « Territoire de la guerre » en opposition au « Territoire de l'Islam » des pays conquis. Car pour Mahomet, la conversion par la persuasion n’est pas toujours suffisante, et la conversion par les armes s’impose parfois. « Ceux que tu n’arrives pas à convaincre par la persuasion, convainc-les par les armes » dit le prophète dans la neuvième sourate. Une guerre totale doit opposer les croyants aux incroyants, jusqu’à la conversion ou la soumission de ces derniers. Les appels au meurtre des infidèles sont clairement exprimés dans le Coran, ainsi :

 « Tuez-les partout où vous les trouverez. S’ils vous combattent, tuez-les : c’est la récompense de ceux qui sont incroyants » (s.2, v.187)

 « S’ils tournent le dos, saisissez-les et tuez-les partout où vous les trouverez. » (s.4, v.91)

« Il n’appartient pas au prophète de faire des captifs, tant que, sur Terre, il n’a pas complètement vaincu les incrédules » (s.8, v.67).

 

« Faites la guerre contre les gens du Livre [c’est-à-dire les Juifs et les Chrétiens] qui n’acceptent pas la religion d’Islam » (s 9, v.29)

 La guerre sainte est donc une obligation du musulman. D’ailleurs Mahomet critique les Musulmans pacifiques qui ne prennent pas part à la guerre sainte, affirmant que Dieu préfère les combattants par les armes que les combattants par l’esprit :

 « Il n’en est pas de même de ceux qui d’entre les croyants qui restent assis chez eux sans y être contraints, et de ceux qui vont faire la guerre dans le sentier d’Allah, avec leurs biens et leurs personnes. Allah a préféré ceux qui font la guerre sainte, exposant leurs biens et leurs personnes, et Il les a placés de plusieurs degrés au dessus de ceux qui demeurent assis. […] Il a préféré ceux qui font la guerre sainte à ceux qui sont demeurent assis… » (s.4, v.97).

 Christianisme : A l’inverse, Jésus n’a jamais appelé ses disciples à une guerre armée contre les infidèles. D’ailleurs sa condamnation de la guerre sainte est explicite lors de son arrestation au Mont des Oliviers : après que son disciple Pierre eut tenté de le défendre en blessant un garde à l’oreille, Jésus s’interposa et dit cette phrase célèbre :

 « Remets ton épée à sa place car tous ceux qui prennent l'épée périront par l'épée » (Mathieu 26, 52)

 Synthèse : Nous le constatons, la différence entre le prophète guerrier Mahomet et le prophète pacifique Jésus demeure d’une évidence indiscutable.

 B. L’apostasie

 Islam : Conséquence logique de la guerre sainte, l’apostasie (c’est-à-dire la renonciation à l’Islam pour une autre religion) est punie de mort dans la religion de Mahomet. Aux yeux du prophète arabe en effet, la renonciation à l’Islam constitue un acte intolérable qui doit être réprimé sans pitié. Le châtiment temporel s’ajoute à la peine dans l’au-delà, c’est-à-dire l’enfer réservé aux incroyants.

 Christianisme : A l’inverse, Jésus ne parle jamais de l’apostasie, encore moins des peines temporelles censées frapper l’apostat. La logique de Jésus est d’une simplicité remarquable : s’il est venu sur Terre, ce n’est pas pour punir, mais pour prévenir les Hommes des risques qu’ils encourent dans leur rejet de Dieu. Car si, tout comme Mahomet, il met sérieusement en garde contre le Jugement Dernier (« il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Luc 13, 28)), c’est surtout pour alerter la conscience humaine, et donc remettre l’infidèle sur le droit chemin. Il ne s’agit donc pas de précipiter la perte définitive de l’apostat en le tuant sur le champ, bien au contraire. D’ailleurs l’image de ceux qui se détournent de sa personne lui cause surtout de la tristesse, à défaut de la colère. La parabole du Fils Prodigue illustre la tristesse de Dieu quand ses enfants le quitte, et sa joie immense quand Il les retrouve.

 C. La sédition

 Islam : Dans la même veine la sédition, ou rébellion à l’autorité temporelle, est intolérable pour Mahomet. Le prophète arabe ne tolère nulle contestation religieuse ou politique, la politique et la religion étant étroitement liées dans son esprit. La condamnation à mort du séditieux s’impose avec toute sa rigueur, comme nous le rappelle le verset suivant :

 «  Et la sédition est plus grave que le fait de tuer » (s.2, v.214)

 Christianisme : A l’inverse, Jésus ne se place nullement sur le terrain politique. Ayant lui-même critiqué ouvertement les grands prêtres du temple de Jérusalem, Jésus se moque de l’obéissance au pouvoir temporel. Mort sur la croix pour la défense de ses idées, il fut lui-même une victime de la répression politique (à cause des Romains) et religieuse (à cause du Sanhédrin).

 De manière générale d’ailleurs, Jésus n’apprécie pas l’attitude de ceux qui se permettent de juger leur prochain sans s’observer eux-mêmes. Le passage suivant (Mathieu 7, 1-5) prouve clairement son aversion profonde pour l’hypocrisie, et suggère son attachement à la sincérité et à la bonne foi :

 « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l'on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'oeil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l'oeil de ton frère ! »

 Synthèse : La perception de l’Autre – et des dangers qu’il incarne – est très différente entre le Christianisme et l’Islam. Dans la religion de Mahomet, l’Autre est fondamentalement perçu comme un ennemi à abattre. A l’inverse, dans l’enseignement de Jésus, seuls les mauvais penchants de l’âme humaine méritent d’être combattus. En Islam l’ennemi est extérieur tandis qu’en Christianisme l’ennemi est intérieur. 

 5. Sociabilité

 A. Le pardon

 Islam : Contrairement à une idée reçue, le pardon ne doit pas être systématique dans l’Islam. Allah ne déteste pas la vengeance, comme le rapporte le verset suivant :

 « Allah est puissant : il est le maître de la vengeance» (s.3, v.3).

 Ou encore :

 « […] Allah est prompt à régler les comptes » (s.3, v.199).

 Et logiquement, Mahomet exhorte les Musulmans à refuser le pardon :

 « Quant à celui qui est malveillant envers vous, soyez malveillants envers lui …» (s.2, v.190).

 Certes, ces versets plutôt haineux demeurent en contradiction avec d’autres versets du Coran où la clémence de Dieu paraît plus visible. En réalité, si l’on regarde de plus près, le Dieu des Musulmans n’est nullement empreint de miséricorde puisque l’Islam reconnaît le principe fondamental de la prédestination. Les infidèles étant prédestinés à l’incroyance par décision divine, le Dieu des Musulmans ne peut nullement accorder gratuitement son pardon.

 Christianisme : Contrairement à Mahomet, Jésus centre tout son message sur le pardon. Le pardon est à la base de la foi chrétienne. Ecoutons la réponse de Jésus quand un de ses disciples lui demanda combien de fois il est licite de pardonner (Mathieu 18, 21-22) :

 « Alors Pierre s'approcha de lui, et dit : Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi? Sera-ce jusqu'à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois. »

 En d’autres termes, Jésus appelle à accorder sans cesse son pardon.

 B. La loi du Talion

 Islam : Mahomet confirme la loi du Talion, cette règle barbare qui veut que chaque crime soit puni par un crime équivalent, conformément au principe célèbre de « œil pour œil, dent pour dent » donné dans l’Ancien Testament. Lisons ce passage du Coran (s.5, v.49):

 « Nous y avons prescrit [dans la Loi] pour eux : vie pour vie, œil pour œil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent, blessure pour blessure. Mais [quant à] celui qui remet [la peine, cet acte constitue] une expiation pour lui. Celui qui ne juge pas avec ce que Allah a révélé, eux sont des injustes »

 Remarquez bien que « celui qui remet cette peine », c’est-à-dire s’insurge contre cette loi archaïque du talion, sera considéré comme un expiateur, donc est susceptible de subir la peine infligée aux apostats (en l’occurrence, la peine capitale).

 Christianisme : Là encore, la différence avec le christianisme est patente, à propos de la loi du talion. Alors que Mahomet confirme cette loi archaïque, Jésus la rejette par cette réplique :

 « Vous avez appris qu'il a été dit : oeil pour oeil, dent pour dent; mais moi je vous dis : aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs, ainsi serez-vous fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et les injustes » (Mathieu 5, v.43).

 Synthèse : De toute évidence, le message plein de miséricorde de Jésus diffère fondamentalement du conservatisme coranique, concernant des principes moraux et juridiques dont les conséquences importantes régissent une grande partie de la vie en société.   

 6. Mœurs

 A. Interdits alimentaires

 Islam : Mahomet confirme les vieux interdits alimentaires d’origine juive, telle la  consommation du porc, au passage suivant (s.6, v.4) :

 « Ce qui vous est défendu, ce sont les [animaux] morts d’eux-mêmes, le sang, la viande de porc, ce qui est sacrifié [à un autre dieu] qu’Allah, les [bêtes] étouffées, assommées, tuées par une chute ou d’un coup de corne, mangées par une bête féroce, à moins que vous ne [les] ayez égorgés [à temps], ce qui a été immolé sur un autel païen… »

 Mais pourquoi Mahomet attache-t-il tellement d’importance à ces règles matérielles plutôt qu’à l’authenticité de la foi ? Mystère. Remarquons d’ailleurs que ces interdits sont allègrement violés par les Musulmans eux-mêmes à chaque fois qu’ils mangent du poisson : pris dans les mailles du filet, les poissons meurent bien « étouffées » à l’air libre, et donc relèveraient de cette interdiction coranique…

 Christianisme : Jésus se moque des interdits alimentaires, comme l’atteste le passage suivant (Mathieu 15, 11-20) :

 « Puis, appelant la foule, il leur dit : « Écoutez et comprenez ! Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l'homme impur. » […] Pierre intervint et lui dit : «  Explique-nous cette parole énigmatique. » Jésus dit : « Êtes-vous encore, vous aussi, sans intelligence ? Ne savez-vous pas que tout ce qui pénètre dans la bouche passe dans le ventre, puis est rejeté dans la fosse ? Mais ce qui sort de la bouche provient du cœur, et c'est cela qui rend l'homme impur. Du cœur en effet proviennent intentions mauvaises, meurtres, adultères, inconduites, vols, faux témoignages, injures. C'est là ce qui rend l'homme impur, mais manger sans s'être lavé les mains ne rend pas l'homme impur.» 

 B. Plaisirs ludiques

 Islam : Contrairement à la pratique courante des Musulmans qui profitent malgré tout de la vie malgré la rigueur de l’enseignement coranique, certains plaisirs ludiques sont interdits par Mahomet, comme l’atteste le passage suivant (s.5, v.92) :  

 « O ceux qui croyez ! Le vin, le jeu du hasard, les idoles et les flèches du sort ne sont qu’une abomination de l’œuvre de Satan…»

 Précisons que les flèches du sort sont un moyen de tirage au sort pratiqué chez les arabes païens. Seul le rejet absolu du paganisme semble expliquer cette exécration des flèches du sort. Enfin après l’alcool, la condamnation des jeux de hasard est sans nuance. A chaque fois que des Musulmans se livrent à ces jeux apparemment innocents, ils violent ce principe intangible du Coran. Mais pourquoi donc le jeu du hasard est-il si haïssable ? Supposer que le jeu du hasard détournerait naturellement le croyant, par le temps qui lui est consacré, de ses obligations religieuses est une mauvaise explication : en effet d’autres loisirs autorisés par le Coran, telle la chasse, entament également le temps libre du croyant, sans susciter l’ire de Mahomet.

 Christianisme : Jésus ne se prononce pas sur les plaisirs ludiques. Cela dit, Jésus participa à de nombreux banquets copieusement arrosés de vin et de victuailles, ainsi les célèbres Noces de Cana. Jésus ne rejetait donc pas les plaisirs de la table, et rien n’interdit de penser qu’il ne détestait pas non plus les plaisirs ludiques, pourvus naturellement qu’ils restent sages et modérés.

Synthèse : En matière d’interdits alimentaires ou de plaisirs ludiques, l’Islam fait preuve d’un conservatisme rigide. Le Christianisme demeure plus souple.  

 7. Femmes

 A. Egalité des sexes

 Islam : Mahomet rejette explicitement l’égalité des sexes. Le passage suivant prouve sans appel ses convictions machistes (s.4, v.38) :

 « Les hommes sont supérieurs aux femmes par le fait qu’Allah en a élevé plusieurs au dessus des autres. »

 Le Coran confirme l’inégalité juridique des sexes : une femme a droit à seulement la moitié de l’héritage d’un homme, et ce qui est plus grave, le témoignage de deux femmes devant les tribunaux valent celui d’un homme.

 Christianisme : L’égalité des sexes semble plutôt suggérée dans le Christianisme. Certes, aucune femme ne figurait parmi les douze disciples de Jésus, mais les Evangiles font état du grand élan de sympathie qui animait les femmes au contact de Jésus. La dévotion de la femme pécheresse, par exemple, illustre l’amour qu’éprouvaient de nombreuses femmes pour Jésus (Luc 7, 36-48) :

 « Un Pharisien l'invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table. Survint une femme de la ville qui était pécheresse ; elle avait appris qu'il était à table dans la maison du Pharisien. Apportant un flacon de parfum en albâtre et se plaçant par derrière, tout en pleurs, aux pieds de Jésus, elle se mit à baigner ses pieds de larmes ; elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux du parfum. Voyant cela, le Pharisien qui l'avait invité se dit en lui-même : « Si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. » Jésus prit la parole et lui dit : «  Simon, j'ai quelque chose à te dire. »  « Parle, Maître », dit-il. « Un créancier avait deux débiteurs ; l'un lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce de leur dette à tous les deux. Lequel des deux l'aimera le plus ? » Simon répondit : « Je pense que c'est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette. »  Jésus lui dit : « Tu as bien jugé. » Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison : tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds, mais elle, elle a baigné mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas donné de baiser, mais elle, depuis qu'elle est entrée, elle n'a pas cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n'as pas répandu d'huile odorante sur ma tête, mais elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Si je te déclare que ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c'est parce qu'elle a montré beaucoup d'amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. » Il dit à la femme : « Tes péchés ont été pardonnés ». »

 B. Polygamie

 Islam : La polygamie est autorisée en Islam, pourvu que le musulman ne dépasse pas quatre femmes. Mahomet lui-même avait douze femmes et deux concubines.

 Christianisme : Jésus insiste sur la relation d’amour qui doit unir l’homme et la femme. Cette relation d’amour suppose une égalité de nature, et donc le caractère monogame du couple.

 C. Adultère

 Jésus et Mahomet condamnent tout deux l’adultère. Toutefois, la perception de la gravité de ce délit (et des peines encourues) demeure très différente dans le Christianisme et dans l’Islam. 

 Islam : L’adultère est puni de mort, conformément à l’antique loi de Moïse. Evoquons le passage suivant (s.4, v.19) :

 « Contre celles de vos femmes qui ont commis l’adultère, appelez quatre témoins d’entre vous, et si leur témoignage est unanime, gardez-les dans les maisons jusqu’à ce que la mort les enlève…».

 Remarquons que rien n’est dit à propos de l’homme adultère, preuve du machisme latent de Mahomet.

 Christianisme : Bien que Jésus déteste l’adultère, il montre parfois de la compassion pour les femmes adultères. Ecoutons plutôt ce passage des Evangiles (Jean 8, 1-11) :

 « Jésus s’était rendu au Mont des Oliviers, de bon matin, il retourna au temple de Jérusalem. Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : " Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? " Ils parlaient ainsi pour le mettre à l'épreuve, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus s'était baissé, et, du doigt, il traçait des traits sur le sol. Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : " Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. " Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol. Quant à eux; sur cette réponse, ils s'en allaient l'un après l'autre, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme en face de lui. Il se redressa et lui demanda : " Femme, où sont-ils donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? " Elle répondit : " Personne, Seigneur. " Et Jésus lui dit : " Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. " »

   D. Répudiation

 Islam : Conformément à sa vision machiste de la société, Mahomet autorise la répudiation de la femme par son mari.

 Christianisme : Conformément à sa vision du couple uni par les liens éternels de l’amour, Jésus rejette la répudiation (Marc 10, 2-16) :

« Un jour, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre a 1'epreuve, ils lui demandaient: « Est-il permis a un mari de renvoyer sa femme ? ». Jésus dit: « Que vous a prescrit Moise ? » Ils lui répondirent : « Moise a permis de renvoyer sa femme à condition d'établir un acte de répudiation. » Jésus répliqua: « C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé cette loi. Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme. A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu'un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un. Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas! » »

Précisons qu’à cette époque, la répudiation se faisait évidemment aux dépends de la femme. En combattant le principe de répudiation, Jésus lutte aussi pour le doit des femmes.

Synthèse : Jésus aimait les femmes tout en restant célibataire. A contrario, Mahomet rangeait les femmes à un rang inférieur tout en étant polygame. De toutes évidences la vision de la femme dans le Christianisme est beaucoup plus moderne que dans l’Islam.

 8. Conclusion

Contrairement à ce qu’affirment nombre d’intellectuels et de journalistes, des différences très nettes apparaissent entre le Christianisme et l’Islam. Qu’il s’agisse du contenu théologique, de la laïcité, de l’interprétation de l’Autre, de la place accordée au pardon, des mœurs alimentaire ou du statut des femmes, le message évangélique et l’enseignement coranique présentent des clivages irréductibles. Nous résumons ces contradictions dans le tableau suivant, en espérant que leur liste soit le plus exhaustive possible : 

 

Mahomet

Jésus

Vie personnelle

 

 

  Mort

dans la gloire

dans la souffrance

  Etat matrimonial

polygame

célibataire

  Antécédents criminels

nombreux

nul

Théologie

 

 

  Nature de la révélation

infaillible dans la lettre

infaillible dans l’esprit

  Conditions du salut

sur la soumission

sur les actes

  Prédestination

confirmée

rejetée

Politique

 

 

  Fusion religion/politique

confirmée

rejetée

  Domination politique

revendiquée

condamnée

  Dimension nationaliste

existante

nulle

Altérité

 

 

  Guerre sainte

revendiquée

condamnée

  Apostasie

condamnée à mort

indifférente

  Sédition

condamnée à mort

indifférente

Sociabilité

 

 

  Pardon

relatif

capital

  Loi du Talion

confirmée

rejetée

Mœurs

 

 

  Interdits alimentaires

confirmés

rejetés

  Plaisirs ludiques

condamnés

autorisés

Femmes

 

 

  Egalité des sexes

rejetée

suggérée

  Polygamie

autorisée

rejetée

  Adultère

condamnée à mort

relativisée

  Répudiation

autorisée

condamnée

Alors, entre l’Islam et le Christianisme, avez-vous fait votre choix ?

S.Augustin