
Tour du Monde des persécutions anti-chrétiennes
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Indonésie Infime minorité dans un pays de plus de 200 millions de
musulmans, les chrétiens d'Indonésie subissent de terribles persécutions de la part
d'extrémistes musulmans. Le 24 décembre 2000, en pleine messe de minuit, des bombes
explosent simultanément dans plusieurs églises de l'archipel. Auparavant, les Laskar
Jihad (Combattants de la guerre sainte) s'en étaient allés en croisade massacrer les
chrétiens des Moluques, seule guerre sainte réelle des temps modernes. C'est à partir
de 2000 que les massacres à l'arme automatique des chrétiens ont été planifiés comme
des opérations militaires. On a aussi assisté à des conversions forcées à l'islam de
centaines d'hommes, femmes, enfants, vieillards, circoncis au rasoir, obligés d'abjurer
la Bible et de prendre des patronymes musulmans. Les églises n'osent plus faire sonner
leurs cloches alors que les mosquées se dotent de haut-parleurs de plus en plus puissants
(Anaïs Cantegrit). Les chrétiens esclaves du Soudan Plus mauvais élève de l'Afrique en matière de libertés
religieuses selon un récent rapport du département d'Etat américain, le Soudan, divisé
entre le Nord musulman et le Sud, majoritairement chrétien et animiste, est en proie à
la guerre civile depuis que Khartoum a décidé d'imposer la charia, en 1983. L'armée
provoque des déplacements de population qui affectent près de 2 millions de personnes et
les milices proches du pouvoir réduisent en esclavage les non- musulmans, surtout des
chrétiens, et pratiquent des conversions sous la contrainte dans les régions qu'elles
contrôlent (Y. C.). Le massacre
de Karachi Ils luttaient contre la misère et l'insalubrité, militaient
pour les droits des femmes et la scolarisation des enfants dans les bidonvilles de
Karachi. Ils s'appelaient Iqbal, Edwin, Benjiman, Kamran, Jan, Aslam et Mushtaq. Ils
étaient pakistanais, chrétiens, bénévoles et travaillaient pour une petite association
caritative, Idara-e-Aman-o-Insaf (Institut pour la justice et la paix, en ourdou), fondée
en 1972 dans la cité portuaire du sud du Pakistan. C'est là, au coeur du quartier populaire de Saddar, que leur vie
s'est arrêtée brutalement, le 25 septembre 2002. A 10 heures du matin, trois individus
armés ont pénétré dans les bureaux de Rimpa Plaza, ligoté et bâillonné les huit
personnes présentes. Puis leur ont froidement tiré une balle dans la tête. Le gardien,
Robin Piranditta, qui était sorti acheter du lait pour préparer du thé ,
avait malencontreusement laissé la porte ouverte, ce qui a facilité le travail aux
agresseurs. Ceux-ci l'ont sauvagement frappé mais laissé en vie. Une heure plus tard, un
autre collaborateur a découvert le carnage et le jeune Robin en état de choc. Il y a un an, le responsable d'Idara-e-Aman-o- Insaf à Karachi,
le père Peter John, parlait avec enthousiasme des projets en cours. Du bout des lèvres,
il évoquait aussi les risques encourus. Car leur action sociale constituait une
véritable provocation pour les groupes islamistes omniprésents dans cette mégalopole de
14 millions d'habitants et habitués à recruter leurs zélotes dans ces mêmes
bidonvilles. A leurs yeux, notre présence est contraire aux préceptes de l'islam.
Pour eux, nous sommes une secte, une menace. Au cours de l'année 2001, ils avaient appris qu'une fatwa avait
été lancée contre eux par des mollahs enragés, sous prétexte de prosélytisme
. La nouvelle du massacre a semé l'effroi au sein de la communauté chrétienne pakistanaise. Il s'agit du septième attentat commis contre elle en un an. Les enquêteurs ne disposent toujours d'aucune piste. La police, sans preuve aucune, a estimé plus que probable l'implication du RAW (les services secrets indiens). Face à l'insaisissable épouvantail islamiste, l'ennemi héréditaire indien est un bouc émissaire bien commode. Le père John, lui, est vivant. Il se terre désormais, comme les chrétiens de Karachi, en attendant avec résignation la prochaine vague d'attentats islamistes (Maurin Picart). |