La Mecque, haut lieu de paganisme
La direction de la prière (la kiblah) répond à des règles
très strictes énoncées par Mahomet dans le Coran. Au début, la kiblah correspond à la
direction de Jérusalem (s.2, v.36), pour satisfaire les convertis dorigine juive ou
chrétienne. Puis, afin dasseoir définitivement son autorité tout en contentant la
masse des nouveaux fidèles dorigine païenne, la kiblah se tourne vers la Mecque,
haut lieu ancestral dun culte païen. Limportance de ce lieu chez les
musulmans saffirme avec le pèlerinage de la Mecque (le hadj), un des cinq piliers
de lIslam. Dans cette ville fondamentale de lIslam, le saint des saints
réside dans la Kaaba, cette construction cubique drapée de noir autour de laquelle les
pèlerins doivent effectuer sept révolutions. Cette course autour du Kaaba répond à un
rite dorigine païenne, et correspond très probablement aux révolutions des sept
astres alors connus du système solaire. Les quatre révolutions à pas lent représentent
les planètes externes (Mars, Jupiter, Saturne, Lune) tandis que les trois révolutions à
pas rapide sidentifient aux astres internes (Soleil, Mercure, Vénus). Cette
attachement rituel à la course des astres dans le ciel demeure une constante chez les
peuples païens.
La mystérieuse pierre noire
Mais pourquoi la Mecque présentait
autant dimportance pour les arabes païens ? Pourquoi les musulmans, dignes
héritiers dun rite séculaire, tournent-ils avec tant de dévotion autour de la
Kaaba ? Quels mystérieux pouvoirs étaient associés à cette construction, et
notamment à la mystérieuse pierre noire incorporée à son angle que doivent embrasser
les pèlerins ?
Il faut bien garder à lesprit que
les arabes païens adoraient autrefois des idoles de pierre. Les pierres sont alors
représentatifs de divinités, comme lexplique déjà Clément dAlexandrie en
190, donc quatre siècle avant lavènement de lIslam. De nombreux historiens
attestent que ces pierres étaient rectangulaires ou vaguement anthropomorphes. Par sa
forme cubique, la Kaaba est donc une récupération dun vieux rite païen, bien que
la présence de la divinité au sein de la Kaaba ait été effacée des esprits.
La mystérieuse pierre noire servant
dangle à la Kaaba semble très intéressante. Selon le Coran, Adam construisit une
première fois la Kaaba, puis Ismaël une seconde fois, et à cest à ce dernier que
lange Gabriel donna cette pierre dangle. A ce niveau, les mythes fondateurs de
lIslam reconnaissent donc une origine céleste à la pierre noire. De plus
lintervention supposée dIsmaël dans lacquisition de la pierre noire,
donc plusieurs siècles avant notre ère, prouve très clairement que cette pierre était
connue bien avant larrivée de Mahomet, et que son culte préexistait à son message
monothéiste. De toute évidence, la pierre noire faisait lobjet dun culte
païen avant lémergence de lIslam, et son incorporation forcée dans la
religion islamique souligne toute lhabilité politique de Mahomet qui arrive à se
concilier les masses païennes en reprenant lenveloppe de leurs vieilles croyances.
Pour la science moderne toutefois,
la couleur noire et lorigine céleste de la pierre trahissent une nature
météoritique. La pierre noire serait en fait une météorite comme il en existe des
dizaines dautres qui tombent chaque année dans le désert, et très probablement
des arabes païens ont assisté à sa chute dans une gerbe de flammes et
détincelles, ce qui a dû fortement les impressionner. Bien entendu, une analyse
scientifique de cette pierre noire simpose pour vérifier cette thèse concernant
son origine météoritique.
Allah serait-il le dieu
Hubal ?
Mais la pierre noire nétait
pas la seule idole adorée à la Mecque, ni la plus importante. A ses côtés en effet, se
trouvait une ancienne idole en cornaline rouge du dieu Hubal, importante divinité
tutélaire des mecquois. En association avec la pierre noire, la représentation du dieu
Hubal jouait donc un rôle capital dans limaginaire des arabes païens, et son
emplacement antique, à lendroit exact de lactuelle Kebba, suggère son rôle
clef dans lélaboration conceptuelle de dieu des musulmans, Allah.
Wellhaussen note que dans le Coran,
Dieu est appelé « Seigneur de la région de la Mecque » ou encore
« Seigneur de la Kaaba ». Ce dernier qualificatif, dune flagrance
éclatante, suggère lorigine idolâtre dAllah, car rappelons-le les arabes
païens croyaient que leurs dieux habitaient les pierres, et la Kaaba reprenait justement
la forme des vieilles idoles païennes. Wellhaussen en déduisit que Allah et Hubal ne
faisaient quun, et que la facilité avec laquelle les païens se convertirent à
lIslam tient justement dans cette confusion originelle entre ces deux dieux.
Dailleurs sur le plan de la
recherche historique, le nom dAllah correspond à une divinité préislamique chez
les arabes païens. Allah était également un nom propre chez les arabes du nord et les
nabatéens, ce qui prouve limportance de cette personnalité divine dans la culture
des peuples préislamiques.
Enfin détail troublant, le père de
Mahomet sappelait Abd Allah. Orphelin depuis son plus jeune âge, Mahomet aurait
peut-être établi un vague lien entre la disparition prématurée de son père et la
transcendance divine de son message reçu au Mont Hira. Certes Mahomet ne se prenait pas
explicitement pour le "fils de Dieu", mais il demeure possible que, dans son
esprit porté aux confusions et aux raccourcis, Allah était le père de tout homme.
Dabord dieu local, Allah
devint donc un dieu universel à la faveur des changements initiés par Mahomet, bien
quon ne connaisse pas encore précisément le mécanisme conceptuel à
lorigine de ce changement déchelle. Que sest-il donc passé ?
Mahomet a-t-il décidé de rebaptiser le dieu Hubal en lappelant Allah, afin de
se concilier à la fois les mecquois et les arabes du nord ? Comme chez les romains qui
voyaient la même divinité sous plusieurs noms, pensait-il que les dieux des arabes
païens ne faisaient quun ? Son monothéisme si admiré en Occident ne
serait-il quune forme de paganisme unifié, un recyclage habile de vieux dieux
criants de paganisme ? Ce monothéisme religieux ne se comprend-t-il pas à
laune de son panarabisme politique, de sa volonté multiforme dunifier les
arabes ? Allah serait-il une idole barbare qui aurait réussi ?
Pour donner un début de réponse à ces
questions fondamentales, la science moderne doit résoudre les trois points suivants
:
1) Quelle
divinité était adorée en la pierre noire ? Quel était son nom ? Quel lien
présentait-elle avec le dieu Hubal ?
2) Quest-il
advenu de lidole du dieu Hubal ? Comment expliquer que la Kebba occupe
exactement son emplacement antique ?
3) Qui
était réellement le dieu Allah des préislamiques ? Quel lien, quelle affinité
présentait-il avec le dieu Hubal ?
Des fouilles devront être
effectuées sur le site de la Mecque pour préciser la réponse exacte à ces questions.
Que les religieux le veuillent ou non, il est scandaleux que larchéologie ni la
science ne puissent répondre à des questions aussi fondamentales pour lhumanité
que lorigine historique de LIslam. Il est vrai que des fouilles à la Mecque
pourraient déboucher sur des découvertes dune porte inouïe pour les musulmans,
car si lon découvre les débris du dieu Hubal sous la Kebba, tout leur monothéisme
savant risque de seffondrer comme une vieille ruine reposant sur des fondations
moribondes. Probablement la Kabba ressemble à une marmite explosive pour lIslam,
probablement que les religieux sen doutent plus ou moins consciemment, de sorte
quun interdit perpétuel entoure ces pierres mystérieuses. Le côté explosif de la
vieille météorite, ou pierre noire, ne sest probablement pas encore entièrement
manifesté
Et pourtant, à chaque fois que les islamistes éructent
« Allah akbar ! » du haut de leurs minarets, peut-être veulent-ils juste
nous dire que « leur dieu Hubal est le plus grand » !
S.Augustin |