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Les trois ordres de l'Islam

par Djinn Al Nader

Fidèlement à son vertueux principe d’ordre et de classification, l’Islam range l’humanité en trois catégories hiérarchiquement distinctes. Au sommet de la condition humaine se trouvent tout d’abord ceux qui savent et qui comprennent, les musulmans. Juste en dessous viennent ceux qui savent mais ne comprennent pas, les gens du Livre, plus précisément les juifs et les chrétiens, lesquels savent l’existence de Dieu annoncé par Moïse mais refusent obstinément de regarder Mahomet comme leur vrai prophète. Enfin, tout en bas de l’échelle de l’Evolution Spirituelle selon l’Islam, arrivent ceux qui ni ne savent, ni ne comprennent, les athées et les païens. Or toute l’attitude morale du bon musulman envers son prochain dépend de l’appartenance de ce dernier à sa classe respective.

 La première classe : entre musulmans

 Entre personnes de la première classe, les notions de charité et de bonté doivent intégralement s’appliquer. A quelques nuances près comme le rôle et le droit des femmes, l’Islam reprend les mêmes principes de charité chrétienne dont s’enorgueillit, à juste titre, la civilisation occidentale. Un bon musulman doit secourir la veuve et l’orphelin (pourvu qu’ils soient bien musulmans…), un bon musulman doit pardonner à celui qui lui implore clémence, un bon musulman ne doit ni tuer (un musulman), ni violer (une musulmane), ni mentir (à des musulmans…).

 La seconde classe : les juifs et les chrétiens

 Car concernant l’attitude à adopter envers les gens du Livre, ou membres de la seconde classe, l’Islam hésite entre la tolérance et le rejet, et le Coran se contredit en de nombreux passages à leur sujet. Dans l’esprit de Mahomet en effet, les juifs et les chrétiens ont bien été touchés par l’Alliance divine contractée sur le Mont Sinaï à travers le prophète Moïse. Puis Juifs et Chrétiens ont reçus « le Livre », c’est-à-dire la Torah et les Evangiles, que Mahomet reconnaît comme parole de Dieu (sourate 2, verset 50). Mais justement, toujours dans l’esprit de Mahomet, le Coran lui a été révélé par l’ange Gabriel sur le Mont Hira (remarquez le parallèle avec Moïse recevant les Tables de la Loi sur la montagne du Sinaï) pour confirmer la Torah et les Evangiles. Pour certains spécialistes de l’Islam, tel l’allemand Christoph Luxenberg, il n’est d’ailleurs pas impossible que le Coran ait été originellement un « commentaire » de la Bible, en d’autres termes un recueil de recommandations et de remarques portant sur le texte sacré des Juifs et des Chrétiens. Toujours est-il que, par suite de leur manque de foi, ces derniers auraient « répudié le Livre de Dieu [le Coran], [le jetant] derrière leurs dos comme s’ils ne le connaissaient pas » (sourate 2, verset 95). Les Juifs et les Chrétiens ne sont donc pas coupables d’avoir donné dès le départ une fausse image de Dieu, mais plutôt d’avoir dénaturé le sens profond de leurs textes sacrés, ce qui les a conduit à rejeter le Coran.

 Cette nuance explique l’hésitation de l’Islam concernant l’attitude à adopter à leur encontre. D’un côté, Mahomet admire en de rares passages coraniques les Juifs et les Chrétiens pour s’être montrés très tôt sensibles à la parole de Dieu. Ainsi citons le passage suivant :

    « Quant à ceux qui croient, et ceux qui sont juifs, Chrétiens ou Sabéens […] et qui fait le bien, à ceux-là est réservé leur récompense auprès de leur Seigneur… » (sourate 2, verset 59)

 D’autre part Mahomet déclare ne pas faire de différence entre d’une part le prophète Abraham et son fils Ismaël censé être l’ancêtre de tous les arabes, et d’autre part les prophètes Moïse et Jésus respectivement fondateurs du judaïsme et du christianisme (sourate 2, verset 130). Précisons le toutefois, cette attitude tolérante portant sur les prophètes ne préjuge nullement de son attitude morale quant à ceux qui s’en réclament. Mais l’esprit de ces versets semble celui-là : puisqu’il respecte infiniment Moïse et Jésus, Mahomet regarde les juifs et les chrétiens comme détenteurs d’une part de la Vérité, et donc considèrent ces derniers comme initiés, même partiellement, à la parole d’Allah. Voilà pour les principaux passages favorables aux juifs et aux chrétiens.

 Par contre les passages défavorables sont beaucoup plus nombreux. Citons celui-là : 

 « Les juifs et les chrétiens et les païens brûleront dans le feu d’enfer à jamais. Ils sont les plus vils de toutes les créatures. » (s.98, v.51)

 Inutile de préciser que ce verset contredit – comme lettre par lettre – le passage (s.2, v.59) cité plus haut. Ce détail prouve d’ailleurs sans discussion possible que le Coran regorge de contradictions, qu’il n’est pas infaillible et donc qu’il n’est pas parole de Dieu. Mais pour revenir au sort réservé aux juifs et chrétiens, notons qu’il appelle le concours des guerriers musulmans pour en précipiter l’échéance funeste :

   

« Faites la guerre contre les gens du Livre qui […] n’acceptent pas la religion d’Islam » (s 9, v.29)

 

Nous sommes donc bien loin de l’esprit de tolérance à l’égard des Juifs et des Chrétiens que contient quelques passages isolés du Coran. D’ailleurs, dans de nombreux passages, le Coran appelle explicitement au djihad contre les « incroyants » et les « infidèles » (s.2, v.187). Or Mahomet range implicitement les juifs et les chrétiens parmi les infidèles. Donc l’appel à la guerre sainte s’adresse également aux gens Livre, ou membres de la seconde classe.

 

Le cas particulier des Juifs

 

En fait cette haine brutale contre les juifs, parfois entrecoupée de passages au contraire plus doux, trahit assez clairement l’amertume de Mahomet à leur encontre. Mais pourquoi Mahomet broyait-il du noir ressentiment à leur égard ?

 

Rappelons que Mahomet doit tout aux juifs : c’est durant sa jeunesse, alors qu’il accompagnait son oncle commerçant Abu Talib en Syrie, qu’il reçut l’héritage spirituel et intellectuel des juifs. En particulier les samaritains comptèrent parmi ceux qui exercèrent la plus grande influence sur sa jeune personne. Revenu à la Mecque, Mahomet chercha assez logiquement à convertir les juifs, avant même les arabes païens, à son nouveau message. Rappelons que les juifs étaient déjà habitués à l’existence de courants religieux, tels les pharisiens ou les saducéens en leur temps. Au début, il n’est donc pas impossible que Mahomet voulût créer qu’un simple courant juif comme tant d’autres, à défaut d’une nouvelle religion. Mais face à la méfiance des juifs (entre autres), Mahomet ressentit une amère déception, puis adopta un discours plus agressif à leur rencontre. Obligé de fuir à Médine à cause de l’hostilité des Mecquois, il sombra progressivement dans une attitude haineuse contre tous ceux qui s’opposèrent à lui en général, et contre les juifs en particulier. Aussi ses injures antisémites devinrent récurrentes : 

 

 « [les juifs] parcourent la terre pour y répandre la corruption… » (s.5, v.69)

Ou encore :

 « Tu les trouveras [les juifs] les plus avides des hommes pour la vie » (s.2, v.90)

 Dans les actes, ces sinistres condamnations antisémites se concrétisèrent dans le sang avec l’extermination de tous les membres mâles de la communauté juive de Médine en 627, ainsi que la sinistres déportation des femmes et des enfants en esclavage.

 

L’infériorité sociale des Juifs et des Chrétiens

 

Même si l’attitude morale à l’égard du juif et du chrétien puisse encore être l’objet de discussions théologiques, du fait des contradictions internes au Coran, il est par contre parfaitement clair que Mahomet, dans le meilleur des cas, leur réserve un statut inférieur dans la société islamique de ses vœux. Dans l’esprit de Mahomet en effet, il est profondément scandaleux qu’un musulman puisse obéir à un juif ou à un chrétien. D’où sa volonté de chasser les juifs et les chrétiens des postes de décision :

 « Ne prenez pas les juifs ni les chrétiens pour patrons » (s.5, v.56)

 Les juifs et les chrétiens sont donc rangés à un grade subalterne. De manière générale, Mahomet ne supporte pas l’idée qu’un infidèle puisse dominer un musulman ou une musulmane.  Or dans sa vision machiste du couple, c’est l’homme qui domine la femme (s.4, v.38). Il est donc interdit à une femme musulmane d’épouser un homme juif ou chrétien, tandis que l’inverse est permis. Un guerrier musulman peut même aller chercher une captive parmi les juives et les chrétiennes, pourvu qu’il la respecte (si l’on peut dire) comme un membre officiel de son harem. D’ailleurs Mahomet ne s’en priva, lui qui mit de gré ou de force de nombreuses concubines juives ou chrétiennes dans sa couche, ainsi Marie la captive copte.

 La troisième classe : athées et païens

Enfin, terminons par la troisième classe de l’espèce humaine selon l’Islam, les athées et les païens. Alors que son discours contradictoire à l’égard des juifs et des chrétiens tend à en atténuer un peu la rigueur, l’Islam demeure d’une violence catégorique envers ces derniers représentant de la race humaine que sont athées et païens : à eux est réservée une guerre totale, à eux est réservé un châtiment terrible dans l’au-delà, à eux sont réservées les pires humiliations à cause de leur incroyance. L’Islam ne peut tolérer l’athéisme et le paganisme. Aussi les athées et les païens doivent disparaître de la surface de la Terre, y compris physiquement, et les combattants d’Allah se chargeront de ce sinistre travail comme le suggère le passage suivant : 

«  Tuez-les partout où vous les trouverez… S’ils vous combattent, tuez-les : c’est la récompense de ceux qui sont incroyants » (s.2, v.187)

 Conclusion

En conclusion, l’Islam aura inventé le système des trois ordres bien avant la Révolution Française. Mais alors que sous l’Ancien Régime, les trois ordres de la noblesse, du clergé et des travailleurs se complétaient (de manière inégale, évidemment) pour contribuer, du moins officiellement, au Bien Commun, les Trois Ordres de l’Islam s’écrasent mutuellement au seul bénéfice de la première, les deux autres devant d’ailleurs disparaître par la force ou la persuasion. Tout en haut de l’échelle humaine, selon l’Islam, se trouvent les musulmans eux-mêmes. A eux est réservé le bonheur sur Terre et dans l’au-delà, entre eux s’appliquent les nobles principes de charité et de justice conformes au notre vision occidentale de la vertu. Juste en dessous de la première classe, viennent les juifs et les chrétiens. Pourvu qu’ils se soumettent au pouvoir politique des musulmans, pourvu qu’ils obéissent sans réserves aux décisions des califes, ils encore une chance de mener une vie dure mais possible sous le règne de l'Islam. Mais quant aux membres de la troisième classe, Mahomet ne leur promet que le sang et les larmes. Leur seule chance de salut consiste à se convertir dès maintenant à l’Islam, mais s’ils persistent dans leur infâme obstination, Mahomet ordonne à ses valeureux guerriers de foncer droit sur eux, sabre recourbé prêt à trancher leur infâme tête d’infidèle.   

 Moussoul El Ocba