
La vérité sur le racisme par Moïse Aaron
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Alors que le MRAP s’inquiète surtout de la montée du racisme anti-arabe en France, les chiffres officiels montrent que les principales victimes du racisme sont très largement les… Juifs. En effet, le rapport annuel de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) sorti début 2003 sur l’évolution du racisme dans notre pays donne des statistiques très instructives sur la sur-représentativité des actes antisémites sur les autres formes de racisme. Citons ces chiffres : Les actes de violence envers des biens ou des personnes :
Les menaces (graffitis/tracts/injures)
Les actes antisémites représentent donc environ les 2/3 environ des actes racistes recensés. Or ces actes antisémites doivent être rapportés à l’importance de la communauté juive dans la population nationale, afin de donner une vision exacte de l’intensité de ces agressions dont souffrent les Juifs dans leur quotidien. Rappelons que la communauté juive en France est estimée à 600 000 personnes, soit à peine 1% de la population nationale. Donc, si 2/3 des actes racistes sont concentrés sur 1% de la population nationale, cela signifie que chaque juif subit 200 fois plus de racisme que la moyenne nationale. Pour répondre à la focalisation du MRAP sur le racisme anti-arabe aux dépends d’une appréciation équilibrée du phénomène raciste, il est intéressant de comparer les chiffres du racisme antisémite aux chiffres du racisme anti-arabe. En effet, à proportion égale, les juifs subissent environ 40 fois plus de menaces que les maghrébins et subissent 16 fois plus d'actes racistes que ces mêmes maghrébins. Que notre propos ne prête nullement à confusion : le racisme anti-arabe et le racisme anti-juif sont tout aussi odieux l’un que l’autre, et il serait malhonnête de nier l’un au profit de l’autre (cette remarque s’adresse d’ailleurs à tout organisme ou association anti-raciste…). Cela dit, il semble que la population française, probablement mal informée par les médias ou victime d’un antisémitisme latent, cherche à nier la surreprésentativité du racisme anti-juif. En effet, lorsqu’on les interroge sur le type de racisme le plus courant en France, ils répondent qu’il s’agit principalement d’un racisme anti-arabe et seulement 5% d’entre eux désignent comme victimes principales les « juifs». Bref, 95% des Français ne semblent pas savoir que les Juifs concentrent la majorité des agressions racistes, ni que les Juifs subissent plus de 16 fois d’agressions que n’importe quelle autre communauté. C’est ainsi qu’un journaliste du Monde osa écrire la contre-vérité suivante dans son journal : "La violence raciste est avant tout anti-arabe". Certes, l’étude de la CNCDH présente de sérieuses limites : elle ne recense que les actes ayant fait l’objet de plaintes, sans préciser d’une part si ces dernières s’avèrent justifiées (d’après les chiffres de la Justice, plus de 60% des plaintes pour discrimination raciale sont infondées), ni si elles intègrent la totalité des actes racistes (beaucoup de victimes ne portent jamais plaintes). De plus, il semblerait que toute communauté a tendance à exagérer le racisme dont elle serait victime aux dépends d’une appréciation équilibrée du racisme sous toutes ses formes. Tout comme il semblerait que le racisme anti-français soit très largement sous-évalué, tant le racisme est fortement teinté de culpabilité occidentale dans l’inconscient collectif. Rares sont les victimes de racisme anti-blanc qui portent plaintes. Quoiqu’il en soit, cette étude est intéressante dans le sens où elle contredit le préjugé courant en faveur d’une minimisation du racisme anti-juif, alors que ce dernier s’avère très largement prépondérant. Bien entendu, toute forme de racisme est condamnable, qu’il s’agisse du racisme anti-juif, anti-arabe, anti-noir, anti-blanc, etc. Mais à force de manipuler les chiffres, à force de donner une interprétation tendancieuse comme le font certaines organisations « anti-racistes », la vérité sur le phénomène raciste est biaisée, voir déformée. Avec pour conséquence la banalisation de l’antisémitisme. Moïse Aaron |