
Libéraliser l'Islam
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L'islam, tel qu'il est présenté et pratiqué en Arabie Saoudite, en
Egypte et par extension dans les pays arabes et moyen-orientaux n'est pas acceptable par
les libéraux. Il faudrait le réformer pour le rendre compatible avec une société fondée sur la
liberté des individus disposant de droits de propriété vivant pacifiquement dans des
sociétés développées en croissance. L'Islam doit : 1 Supprimer les versets guerriers du Coran appelant les musulmans à combattre
et à tuer les non-Musulmans. Notre monde n'est plus celui de la péninsule arabique du VII° siècle où
sévissaient des peuples et des tribus en perpétuels conflits. La guerre sainte
n'est plus d'actualité. Les individus doivent être libres d'adopter la religion de leur choix. La liberté religieuse et de conscience doivent être garantis dans un Etat de droit
moderne. 2 Reconnaître la liberté des individus : toute personne a des droits qui doivent
être respectés. Une femme doit être considérée comme un être humain
à l'égal d'un homme, en
droit, et doit donc être libre de ses actes. La polygamie qui était habituelle chez les peuples de la péninsule arabique au VII°
siècle n'est plus de notre temps. Dans toute nation où les Musulmans sont majoritaires, les personnes qui ne sont pas de
religion musulmane doivent disposer des mêmes droits. Une religion, l'Islam, ne doit pas générer de droits particuliers dans une nation et
la loi islamique ne doit pas s'appliquer car elle est d'essence religieuse, et non
démocratique. Enfin, les règles de vie traditionnelles de l'Islam régissant les rapports entre les
individus ne doivent être que des obligations morales pour les seuls pratiquants,
et ne doivent pas s'appliquer en droit. 3 Rendre les droits de propriété indépendants de la religion, en particulier pour
les propriétaires de biens fonciers. Seules des lois établies par un régime laïc et démocratique doivent régler les
rapports entre les individus dans un Etat de droit. Les razzias qui étaient courantes en certains temps et en certains lieux, ne sont plus
d'actualité dans notre monde ouvert et respectueux des droits d'autrui. 4 Démocratiser les institutions : les Etats doivent adopter des institutions
démocratiques garantissant l'élection d'un pouvoir exécutif et d'un pouvoir législatif
selon des périodicités à respecter impérativement. Les anciennes monarchies et les nouveaux dictateurs doivent laisser la place à des
hommes politiques issus d'élections libres et démocratiques en dehors de toute
considération religieuse. Les libertés publiques de base doivent être respectées, en particulier la liberté
du culte et de l'information. Ainsi, dans ces conditions, l'Islam apparaîtrait comme une religion tout à fait
compatible avec le libéralisme et une société moderne du XXI° siècle. Cependant une telle évolution se heurte à l'Islam tel qu'il est défendu par les
dignitaires religieux en particulier en Arabie Saoudite et en Egypte : ils ont gelé toute
évolution du dogme et ils imposent le maintien du Coran et des traditions. La soumission des Musulmans, le mot signifie soumis, est à la base de l'Islam
tel que le perpétuent ces dignitaires religieux.
Ainsi l'autorité constituée est assurée de disposer du soutien indéfectible
du peuple par l'intermédiaire des autorités religieuses qui bénéficient en retour de
sa protection. Pouvoir politique et religieux sont donc intimement liés et parfaitement
solidaires. Cette synergie a permis non seulement le maintien d'un monde islamique immuable sur
plus d'un millénaire et même de le renforcer. Combattu par le communisme, il a su en sortir généralement vainqueur et il lui survit
allègrement. Cependant, il se trouve actuellement confronté au capitalisme libéral qui remet en
cause ses principes et donc sa survie. S'il ne réagit pas, l'attrait de la liberté et de
la consommation de masse sur les musulmans sera irrésistible et l'islam est alors
condamné à disparaître à terme. C'est pour cela qu'il a engagé une guerre dont la première bataille qu'il considère
avoir gagnée auront été les attentats du 11 septembre, particulièrement
spectaculaires et médiatisés pour afficher sa force apparente. Normalement, c'est à dire en respectant le dogme, l'Islam ne peut donc pas
évoluer vers une société libérale et démocratique respectant l'Etat de droit, car
dans ce cas tout le système islamique s'écroule : les dignitaires religieux perdront
leur influence en même temps que les pouvoirs constitués non démocratiques
(souverains et dictateurs) disparaîtront. Cependant, certaines formes marginales d'Islam émancipé apparaissent en particulier
dans certains pays asiatiques. Dans quelques îles d'Indonésie et de Malaisie des musulmans vivent pacifiquement à
côté de populations de religions différentes, sans adopter les dogmes dominants et
rigoristes venus des pays arabes. Par contre au Timor et aux Moluques, lorsque les Musulmans suivent les préceptes
imposés par les Arabes les plus rigoristes, des conflits particulièrement sanglants ont
fait des milliers de morts, de déportés et de réfugiés. Dans l'état actuel, dérivé des conditions du VII° siècle, l'Islam tel qu'il existe
et tel qu'il est pratiqué dans les pays arabes et moyen-orientaux est fondamentalement
incompatible avec le libéralisme. L'Islam peut être une religion comme une autre, compatible avec le libéralisme, à
condition d'être profondément réformé et adapté aux principes de base du libéralisme
et des sociétés modernes, ce que refusent de faire les dignitaires religieux qui
prétendent être les gardiens du dogme et qui perdraient ainsi tous leurs pouvoirs. La transition vers un Islam compatible avec le libéralisme ne peut se faire que par
un rapport de force qui permet au capitalisme libéral d'imposer des institutions
démocratiques après avoir fait tomber militairement les piliers de la défense des
islamistes dans les pays arabes et moyen-orientaux, en particulier en Irak voire en Arabie
Saoudite. Les systèmes islamistes qui ont été dominés dans le passé ne l'ont été que par
la force : les communistes en URSS et en Chine, ou par d'autres dictatures, comme en
Indonésie avec Suharto et en Turquie avec Attatuk. Une transition en douceur, démocratique, est impossible. Ceux qui prétendent défendre l'Islam, les dignitaires religieux arabes et les
dirigeants politiques non démocratiques, défendent d'abord et avant tout leur propre
pouvoir qui est sérieusement menacé par la réussite du capitalisme libéral qui attire
les musulmans du monde entier et qui les écartera à terme des mosquées. Les Américains des Etats-Unis restent une fois de plus les derniers défenseurs du
monde libre. Jean Pierre Chevallier |