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Inquisition islamophile : l'affaire Sulmont

par S.Augustin

 

Les nouveaux inquisiteurs islamophiles n’en démordent pas. Traquant tout propos sentant bon l’islamophobie pour le transformer en racisme imaginaire, ils ont trouvé dans la personne de l'abbé Philippe Sulmont, modeste curé de 82 ans du petit village picard de Domqueur, une cible idéale pour leur hystérie vengeresse contre tous ceux qui osent dire non à l’Islam. Ce vieil abbé, violement stigmatisé par le président fédéral de la soit-disante Ligue des droits de l'Homme Vincent Bawedin, est actuellement poursuivi pour provocation « à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes, en raison de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ». Rien que cela.

Les faits, rien que les faits

Mais que reproche-t-on réellement à l’abée Sulmont, par ailleurs responsable de sept paroisses regroupant 1150 habitants ? D’avoir exprimé dans son bulletin paroissial son ras-le-bol contre une religion largement responsable de la violence terroriste à travers le monde, ainsi que des nombreux problèmes d’intégration des immigrés en France.

Plus précisément, le tribunal l’accuse d’avoir affirmé que « l'islam modéré n'existe pas ».

Avouons pourtant que nous donnons entièrement raison à l’abbé : si on trouve modérée une religion qui appelle à faire « la guerre contre les gens du Livre qui […] n’acceptent pas la religion d’Islam » (Coran : s 9, v.29), si on appelle modérée une secte dangereuse qui appelle à être « impitoyables pour les incrédules » (s.48, v.29), si on considère modérée une croyance bizarre dont le leitmotiv est : « Tuez-les partout où vous les trouverez… S’ils vous combattent, tuez-les : c’est la récompense de ceux qui sont incroyants » (Coran : s.2, v.187), alors assurément, le Nazisme est très modéré, Adolf Hitler est un charmant artiste peintre plein de sensibilité et Mein Kampf figure dans la glorieuse littérature romantique allemande !   

Mais les inquisiteurs islamophiles l’accusent également d’avoir avoué que « toutes les populations infectées par la religion musulmane sont endoctrinées par le Coran, un sacré livre qui est le manuel pratique pour que s'étende le règne du démon aux dépens de la royauté du Christ ».

Il est vrai que les petits écoliers des madrasas pakistanaises vociférant régulièrement leur haine contre l’Amérique ne sont nullement victimes d’un quelconque « endoctrinement », il est vrai que les jeunes kamikazes palestiniens ne sont nullement « endoctrinés » par le Coran. Non vraiment, tous ces crimes, terreurs de masse, égorgements collectifs, attentats suicides ne sont qu’une vaste apparence trompeuse... Et les attentats du 11 septembre un coup monté d’Hollywood ! Trêve de plaisanterie. Soulignons au contraire que l’expression « population infectée » se justifie pleinement dans le sens où, par exemple, le malheureux peuple algérien subit de plein fouet les crimes odieux du GIA, cette « infection islamiste » sur le beau visage de la nation algérienne.  

Seul dérapage objectif et regrettable de l’abbé Sulmont : quand il évoque ces  « Asiatiques », qui « prolifèrent et nous envahissent, véhiculant une idéologie menaçante pour le monde entier ».

Regrettable, parce que cette allusion aux « Asiatiques » prête à confusion en incluant les Chinois, Japonais, Indiens, Vietnamiens, Arabes laïcs et modérés qui ne sont nullement responsables de l’invasion islamiste dans notre pays. Regrettable, parce que le fait que les immigrés turcs ou arabes (ce que voulait en fait dire l’abbé Sulmont ?) aient beaucoup d’enfants n’est nullement un mal en soi : donner la vie n’est jamais répréhensible d’un point de vue chrétien, bien au contraire. D’ailleurs si nous savons trop bien que l’immigration « peut donner l’impression d’une invasion silencieuse » (d’après les propres termes de Tariq Ramadan dans le quotidien suisse Le Courrier du 21/11/03 !) ce n’est pas parce que les immigrés font trop d’enfants, mais parce que les européens n’en font pas assez. Nous avons tendance à reprocher aux autres notre propre « culture de Mort » (Jean-Paul II) et notre propre refus d’enfanter.

Cela dit, bien que nous prenons nos distances avec le terme inopportun de « proliférer », considérer que l’emploi du mot « proliférer » constitue une insulte « à connotation raciale » relève d’une interprétation absolument infondée de la langue française. Dans le dictionnaire Larousse de 1979, « proliférer » (du latin proles : lignée, ferre : porter) signifie simplement : « se multiplier, augmenter rapidement ». Le terme « proliférer » n’a donc aucune valeur préjorative ni insultante, contrairement à ce que croient bêtement les inquisiteurs islamophiles comme Bawedin et consoeurs.

De même, la présence du mot « envahissent » dans les propos de l’abée – terme assurément militaire et guerrier – est à rapprocher aux nombreux appels à la guerre sainte du Coran. « Il n’appartient pas au prophète de faire des captifs, tant que, sur Terre, il n’a pas complètement vaincu les incrédules » (Coran : s.8, v.67). Dans ces conditions, l’abée ne fait que d’employer un vocabulaire appartenant à l’univers sémantique des musulmans, et traiter les « musulmans historiques » (précision : les compagnons de Mahomet) d’envahisseurs ne fait que de restaurer une vérité historique. C’est le retour de l’envoyé à l’envoyeur. Mais bien sûr, il n’est ni chrétien, ni utile de répondre à la provocation (du Coran) par la provocation (de l’abbé). A ce titre seulement, l’abbé a – peut-être – commis une faute morale.

L’islamophilie de l’Eglise Catholique « d’en-haut »

Mais le pire réside dans le soutien inconditionnel dont bénéficient les inquisiteurs islamophiles au sein de l’Eglise Catholique « d’en-haut ». Ainsi, quand le bulletin paroissial de l’abbé parut en novembre 2002, Mgr Jacques Noyer, alors évêque d'Amiens, lui reprocha vertement cette « croisade nouvelle contre l'islam », qui, précisait-il, « n'est pas conforme à la position de l'Eglise catholique ».

Il est vrai que nous lui donnons entièrement raison sur ce point. Depuis Vatican II, l’Eglise Catholique montre une complaisance incroyable à l’endroit des pays musulmans les plus réactionnaires. Jamais l’Eglise Catholique ne trouva à redire contre l’interdiction de célébrer la messe ou de porter une croix chrétienne en Arabie Saoudite, jamais l’Eglise Catholique ne reprocha à l’Islam l’obligation juridique de la peine capitale pour les apostats musulmans. Quand les talibans violèrent et tuèrent en Afghanistan, quand les mollahs iraniens cautionnèrent les attentats suicides en Israël et ailleurs, combien furent les hauts responsables catholiques à protester contre tant d’intolérance ? Quand l’affaire Rushdie atteignit son paroxysme dans les années 80, que dit le cardinal Mgr Decourtray, alors archevêque de Lyon, sinon que les Versets Sataniques constituait une « insulte à la religion » ? Alors Mgr Noyer, allez-y : cautionner, cautionner, cautionner les dérives morales de l’Islam !

Encore plus incroyable : l’évêque islamophile Noyer confia à l’abbé que le Christianisme « ne détenait pas la vérité absolue », ce qui résonne de manière assez étrange pour un chrétien convaincu… Alors ainsi Jésus n’aurait pas dit la vérité absolue ? L’esprit des Evangiles ne serait que très relatif ? Quand Jésus pousse ce vibrant appel à « l’amour du prochain », faudrait-il donc ne pas le prendre au pied de la lettre et continuer à nous massacrer les uns les autres ?

Le soutien du peuple contre les inquisiteurs islamophiles

Heureusement, de nombreuses personnes anonymes, croyantes ou non croyantes, se sont mobilisées contre cette évidente tentative de déstabilisation de la liberté d’expression en France. « Touche pas à mon curé », scandent-ils massés devant le palais de justice d'Abbeville le lundi 9 décembre, en soutien à l'abbé Sulmont. Des paroissiens, mais aussi des petits gens venus de fort loin. Et même des personnalités de l’Eglise Catholique : ainsi Dom Gérard, bénédictin du monastère du Barroux, près d'Avignon, ou le père Argouarc'h, directeur de l'établissement Sainte-Croix de Riaumont, dans le bassin minier du Pas-de-Calais. « Nous sommes des milliers de prêtres à le soutenir. Nous aurions pu rassembler ici vingt à trente mille personnes ».

Au cours de ce procès joué d’avance, l’abbé Sulmont résista avec courage contre les accusations haineuses de ses détracteurs. Les attentats ? « C'est la lutte du Coran contre la Bible et l'Evangile ! ». D’une mauvaise foi évidente, le procureur affirme sans rire que l’abbé Sulmont « est  quelqu'un de très cultivé, qui sait le sens d'un mot, qui sait qu'un mot peut blesser et tuer ». Il requiert une amende de 1 000 euros. Heureusement, l'avocat de la défense Me Wallerand de Saint Just, invoque la jurisprudence des récents procès contre Michel Houellebecq ou Daniel Mermet pour estimer que le délit de provocation à la haine raciale n'est pas établi. L'abbé Sulmont conclut en disant qu'on veut le faire taire « comme Salman Rushdie ». « Je dois continuer mon travail, c'est ma raison de vivre. Je connais un prêtre qui s'est pendu après avoir été mis à la retraite » ajoute-t-il timidement.

« Délibéré au 19 janvier", annonce la présidente. « Ce jour-là, je préférerais célébrer des mariages que perdre mon temps ici. Je n'ai pas que cela à faire », rétorque l'abbé.

S.Augustin