
Interview de Louis Chagnon, professeur d'Histoire interview réalisée par Pierre Lefebvre source : Primo Europe
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Grâce au MRAP et à la Ligue des droits de l'homme, Louis Chagnon fait cours à toute la France Louis Chagnon, le professeur d'histoire géographie injustement accusé par le Mrap et la Ligue des Droits de l'Homme, n'a pas de leçon d'histoire à recevoir, bien au contraire, il contre-attaque en vrai hussard noir de la république en assénant à ces accusateurs quelques leçons d'histoire supplémentaires et en nous rappelant à nos devoirs. Son courage et sa foi dans son métier me rappellent un de mes professeurs d'école primaire, un socialiste, ni « droit de l'hommiste » ni bourgeois bohème qui venait à l'école en blouse et que nous n'aurions jamais osé chahuter… par respect. Mais il est loin le temps, certes idéalisé, de Pagnol où le professeur et le médecin, généralement représentés comme des athées et des socialistes, se disputaient avec le curé... Extraits de l'interview de Louis Chagnon à Primo Europe : Primo Europe : Louis Chagnon, bonjour. Vous êtes professeur d'histoire géographie. Vous avez fait la une des journaux à votre corps défendant, il y a quelque temps. Pouvons-nous résumer un peu ce qui s'est passé ? Louis Chagnon : J'ai enseigné l'histoire et la géographie dans un collège de Courbevoie en septembre 2003. A la suite d'un cours sur le monde musulman au programme de 5ème, j'ai été accusé d'avoir dicté à mes élèves : " Mahomet va se transformer en voleur et en assassin (...) il va imposer sa religion par la terreur, (...) il fait exécuter 600 à 900 juifs par jour ". Ce serait du " racisme anti-musulman ". La phrase a été coupée de la référence au pillage des caravanes de La Mecque et modifiée. Aucun élève n'a contesté mon cours. Ceux qui l'ont fait sont 7 personnes qui ont constitué un " collectif de parents d'élèves de Courbevoie ". Ils ont élaboré une pétition et envoyé cette pétition au collège, au rectorat et à l'AFP. Cela ne vous a pas semblé bizarre que 7 personnes parents d'élèves se constituent en collectif et envoient immédiatement un communiqué à l'AFP ? Ces parents ont envoyé cette dépêche à l'AFP au moment où je prenais un nouveau poste, ayant été mis en détachement auprès d'un autre ministère. Lorsqu'ils ont envoyé cette pétition le 1er octobre au collège, au rectorat et à l'AFP, je n'étais au courant de rien. L'Education Nationale ne m'a envoyé aucun courrier, n'a pas cherché à me contacter pour m'informer de cette démarche. J'ai découvert mon affaire par hasard, une semaine plus tard, en téléphonant à un collègue. J'ai appris les faits indirectement. J'ai appris aussi qu'il y avait eu des articles dans le Parisien, dans le journal Métro, que ce collectif demandait ma suspension de l'Education Nationale. Il m'accusait de " racisme anti-musulman ", de bafouer " la tradition laïque et républicaine " pour mes propos sur les actes du " prophète de l'islam ". Je précise que bien évidemment, je n'ai jamais dit que Mahomet avait fait exécuter "600 à 900 juifs par jour " mais en une journée, référence au massacre de la tribu juive des Qurayzah en 627. Ce qui est certain c'est qu'il y a eu dès le début une volonté de médiatiser et de politiser cette affaire. Ayant pris connaissance de ces faits, j'ai contacté le rectorat et le collège en leur demandant des explications, et surtout pourquoi ils ne m'avaient pas appelé. Le principal du collège m'a répondu qu'il n'avait plus mon numéro de téléphone. J'ai donc envoyé des mises au point au Parisien et à l'AFP mais bien évidemment, ils n'ont rien publié et rien rectifié. A cette occasion j'ai pu constater à quel point l'information était manipulée en France. Pour vous donc, l'affaire se terminait là. Pour moi, oui, pas pour l'administration. Mi-novembre, j'ai reçu une lettre du rectorat m'informant qu'une procédure disciplinaire était instruite contre moi. Cela, suite au rapport d'un inspecteur pédagogique qui m'a inspecté alors que je n'occupais plus ce poste de professeur d'histoire géographie. Je ne l'ai jamais vu, jamais rencontré. Je ne lui ai jamais parlé. Il a basé son rapport uniquement sur 2 ou 3 cahiers d'élèves. Ce rapport comportait des mensonges et des interprétations tendancieuses de mon cours, en définitive il m'accusait d'avoir proféré une déclaration raciste. C'est-à-dire que cet inspecteur s'est aligné sur les positions du collectif. Vous voulez dire qu'un inspecteur pédagogique, en 2003, peut instruire un dossier à charge à l'encontre d'un professeur sans le rencontrer, sans l'écouter, sans écouter d'autres élèves, rencontrer d'autres parents d'élèves ? C'est un fait. Il n'a rencontré aucun élève, ni aucun parent. Il a simplement regardé quelques cahiers de mes anciens élèves. D'après ce que m'ont dit mes collègues, cet inspecteur est resté 10 minutes et il est reparti. Une désinvolture pareille peut paraître incroyable Ce qui est surtout incroyable, c'est que le rectorat a suivi et organisé un conseil de discipline qui s'est réuni en janvier, ce qui a abouti à un blâme. Dans son attendu, le conseil de discipline reconnaissait que les faits historiques évoqués correspondaient à la réalité historique mais pensait que mon attitude avait été ou de la provocation ou de la maladresse. Le Conseil de discipline montrait donc qu'il ne savait pas exactement ce qui s'était passé. Il faut savoir aussi que, dans l'Education Nationale, pour donner un blâme, il n'y a pas besoin d'un Conseil de discipline. Vous demandez donc à ce que l'Education Nationale, le rectorat, lève sa sanction et vous blanchisse ? Où en êtes-vous sur ce point précis ? Ils ne m'ont jamais contacté. Je n'ai aucune nouvelle d'eux depuis le mois de janvier. Malgré la dizaine de lettres que je leur ai envoyées depuis le début de mon affaire, ils ne m'ont jamais répondu. Je vais donc porter l'affaire devant le tribunal administratif, moins pour le blâme que pour la façon dont cela s'est passé. Vous avez une idée de ce qui s'est passé réellement ? Oui, et il y a des choses beaucoup plus graves. Parmi les 7 personnes qui ont signé cette pétition... Excusez-moi de vous interrompre : Une pétition de 7 personnes, ça ne fait pas un peu léger pour être recevable ? Bien sûr, c'est une pseudo pétition mais cela n'a pas gêné l'Education Nationale. Ce qu'il faut noter, c'est que, parmi ces 7 personnes, il n'y en a que deux dont j'ai eu les enfants en cours. Les autres sont des parents d'élèves du collège dont je n'ai jamais eu les enfants dans mes classes. Ces personnes, qui me sont donc inconnues, viennent critiquer et dire qu'elles ont trouvé dans les cahiers de leurs enfants, dans mon cours, que bien sûr, je ne leur ai jamais donné puisque je ne les avais pas en classe, des propos soit disant anti-musulmans. L'administration n'a jamais été capable de discerner au moins une manœuvre ou une irrecevabilité ? Elle le savait depuis le début. On connaît les noms des élèves. On sait dans quelle classe ils sont. Les signatures ne correspondaient pas aux noms des élèves que j'avais dans mes cours. Mais elle a poursuivi quand même, en sachant qu'à la base, c'est tout de même de l'escroquerie intellectuelle. C'est incroyable ! Mais il y a encore plus grave. Deux personnes parmi ces 7 signataires ont demandé à ce que mon cours soit retiré des cahiers des élèves. Le recteur de l'académie de Versailles, Daniel Bancel, leur a donné satisfaction et a ordonné que les feuilles des cahiers d'élèves contenant mon cours soient arrachées, non seulement dans la classe des deux élèves dont les parents ont signé la " pétition " mais dans les deux autres classes de cinquième que j'avais et dans lesquelles aucun parent ne s'était plaint. Plus de 80 élèves ont ainsi dû enlever mon cours de leurs cahiers à la demande de 2 personnes qui n'ont d'autre légitimité que d'être musulmanes. Cela s'apparente à de la censure, à un autodafé ? Oui, il s'agit bel et bien de censure religieuse, au début du XXIème siècle ! C'est aussi un abus de pouvoir de la part du rectorat. Cela va même plus loin. Je parle de délégation de pouvoir. Daniel Bancel, recteur de l'académie de Versailles, accepte que 2 musulmans décident de l'enseignement que doivent recevoir les élèves du collège. Dans cette affaire, à quel moment se situe l'intervention du MRAP ? C'est le collectif de parents d'élèves qui a saisi le Mrap et la Ligue des Droits de l'Homme, en octobre 2003. La LDH a saisi le Procureur du Tribunal de Nanterre et le MRAP m'a délivré une citation directe à comparaître devant le Tribunal de Nanterre, le 2 mars pour " appel à la haine raciale et propos racistes anti-musulmans ". Cela vous a été signifié par huissier ? Au début, j'ai appris cela par les journaux. Pour la Ligue des Droits de l'Homme, une enquête préliminaire a été diligentée par le commissariat de Police de Courbevoie et la citation directe du MRAP m'a été signifiée par huissier. Avec tout ce que cela peut supposer comme traumatismes dans la vie familiale et professionnelle ? Bien sûr, il s'agissait de m'exécuter. Il n'est qu'à lire l'article de Libération du 17 décembre 2003 sur mon affaire qui a inauguré une seconde campagne de détractation. Je me suis donc présenté le 2 mars devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Devant ce tribunal, le MRAP n'a pas poursuivi. Il s'est retranché derrière le blâme, estimant que j'avais été suffisamment sanctionné par l'Education Nationale, " à la hauteur de la gravité des faits ". Donc, le MRAP a reculé ? Il a reculé, tout à fait. Pour la Ligue des Droits de l'Homme, le tribunal a purement et simplement rejeté la plainte en estimant qu'il n'y avait pas de délit. Sur le plan personnel, comment viviez-vous cette situation ? Je suis révolté par l'attitude de la hiérarchie de l'Education Nationale. Je suis aussi abasourdi que le tribunal de Nanterre ait demandé une enquête préliminaire. Je pense que la justice a d'autres chats à fouetter. C'est à ma connaissance la première fois qu'un professeur subit ce type de " pressions " pour le contenu de ses cours. Ensuite, mes ennemis m'ont ouvert les yeux sur le danger que représente le communautarisme musulman et sur les atteintes à la liberté intellectuelle et d'expression en France qu'il provoque. Est-ce que vous avez reçu des soutiens de la part d'autres professeurs ? J'ai reçu le soutien du SNALC, (syndicat enseignant, ndlr) et de Force Ouvrière. Les autres syndicats, SNES et SUD se sont rangés à l'avis de l'administration. Une pétition a circulé sur le site Internet " laic.info "* qui a recueilli plus de 1000 signatures parmi lesquelles on retrouve des professeurs, du collège à l'université, et des personnes du monde entier, des Etats Unis, du Liban, de Suisse, etc. Il y a parmi ces lettres de très beaux textes. J'ai aussi reçu le soutien du Mouvement des Maghrébins Laïques de France, de l'UFAL, de la Libre Pensée. Nous gardons en mémoire un article d'Ivan Rioufol dans le Figaro qui vous concernait. Est-ce que cela vous a aidé ? C'est suite à cet article que les soutiens se sont déclenchés. Le site " laic.info " a mis la pétition en ligne et j'ai reçu des lettres du monde entier, jusqu'au Brésil. J'ai moi-même écrit un article dans le Figaro le 6 février 2004 (…) Comment jugeriez-vous le niveau de connaissance du corps professoral sur la problématique des religions ? Sur l'Islam, je pense que le niveau est assez faible. La preuve est que certains enseignants ignoraient les pillages, assassinats et massacres commandités par Mahomet. La fable de la tolérance musulmane envers les Juifs et les Chrétiens est encore très répandue. En fait, les cours d'histoire à l'université sont trop pointus, des pans entiers de l'histoire ne sont jamais abordés. Cette méconnaissance de l'Islam est à mon avis très générale et ne concerne pas seulement les enseignants. Cela concerne aussi les politiques. Il y a beaucoup de travail à faire. Dans ce sens, mon cours a apporté quelque chose, par la publicité qui lui a été faite. Des centaines de personnes ont appris le massacre de la troisième tribu juive de Médine par Mahomet. En fait, mes détracteurs ont fait connaître l'histoire des exactions de Mahomet. Pour vous maintenant, comment se présente la suite des évènements ? A votre tour, vous avez porté plainte contre le MRAP ? Oui, contre le MRAP et contre le porte-parole du collectif des 7 parents d'élèves, Kamel Zmit, (dont je n'ai jamais eu la fille comme élève) pour diffamation. Qu'est ce que vous attendez de ce jugement ? Tout d'abord, qu'il mette les choses au point, qu'il rétablisse la vérité et lave mon honneur. Transmettre des faits historiques établis à des élèves et leur inculquer l'esprit critique n'a jamais été et ne sera jamais du " racisme ". J'ai été accusé de racisme pendant plusieurs mois et une grande partie des propos tenus par le MRAP et le Collectif des parents d'élèves dans leurs communiqués sont faux. Il faut mettre leurs méthodes en évidence. Ces pseudos procédures judiciaires suivies de reculades n'ont existé que pour faire pression sur l'administration. Il s'agissait surtout pour eux de développer un fait politico-médiatique. A mon avis, ils savaient dès le départ que leurs démarches judiciaires n'aboutiraient pas. Quelles sont les prochaines étapes de ce jugement ? Cela peut prendre plusieurs années. Oui, car il y aura certainement appel, puis cassation. Nous avons rendez-vous le 6 juillet pour fixation de la date du procès. Celui-ci devrait avoir lieu, d'après mon avocat, vers le mois de janvier prochain. En tant que professeur, vous vous sentez lâché par la hiérarchie ? Elle ne nous aide pas du tout. Les professeurs doivent se débrouiller dans leurs classes avec les élèves qu'ils ont, des jeunes collègues sont lâchés dans de véritables cages aux fauves et les plus anciens n'en peuvent plus. Notre rôle consiste à faire la plupart du temps de la discipline avec des élèves qui n'ont pas toujours les bases indispensables pour suivre un cours de collège. Pour l'Education nationale, le principal, c'est " pas d'histoires, pas de vagues ". Pour moi, le métier d'enseignant relève de l'apostolat ! Les conditions de travail sont dans certains secteurs épouvantables. Et je pense qu'au sein de l'Education Nationale, l'avenir est plutôt sombre. Dans les conditions actuelles et selon vous, l'Education Nationale peut elle encore rester le creuset de l'intégration ? A mon avis, non. Comment voulez-vous qu'elle soit un creuset de l'intégration si des inspecteurs pédagogiques et des recteurs se soumettent au communautarisme musulman ? Celui-ci ne fait qu'enfermer les musulmans dans un ghetto culturel. Il est évident que pour une partie de la population arabo-musulmane, l'intégration n'est plus un but. Le communautarisme musulman pose un grave problème à notre société : celui de l'adaptation de l'Islam aux règles démocratiques. Vous pensez que les deux sont, pour l'instant, antinomiques ? Certaines sourates du Coran sont parfaitement antinomiques avec les règles de vie dans une société démocratique telle que la nôtre. Il y a des appels au meurtre (sourate 2 et 4), il y a la soumission de la femme qui peut être frappée (sourate 4)…Je rappelle que le Coran n'est pas simplement un texte religieux mais aussi une source de droit : la Charia. (…) Louis Chagnon, nous arrivons au terme de notre entretien. J'aimerais aborder avec vous un point important. Avez-vous eu connaissance de tentatives d'inflexion de l'enseignement de la part de l'Education Nationale ? Je n'ai pas d'informations précises. Par contre, ce que je peux dire, c'est qu'en 8 ans, il y a eu des changements. J'ai ressorti les fiches pédagogiques du CNDP d'il y a 8 ans. A cette époque, il était possible de critiquer l'Islam sur la condition féminine, par exemple. Aujourd'hui, cela a été expurgé. Il n'y a plus aucune critique possible. Il faut gommer tout ce qui peut paraître négatif dans les sociétés extra-européennes. Soyons clairs ! Les fiches du CNDP ne parlent pas de soumission de la femme dans l'Islam ? Elles n'en parlent plus. Les professeurs ont des fiches historiques pour chaque leçon. Pour l'Islam, ces fiches contenaient des sourates du Coran parlant de ce problème. Aujourd'hui, ces textes ont disparu des fiches CNDP. Mais le problème est plus large, il vient aussi d'un mépris qu'une partie de nos contemporains affichent pour leur propre civilisation. Je ne comprends pas très bien ce désir d'auto flagellation qui perdure et qui fait qu'on montre les Occidentaux sous un jour forcément négatif et les non-occidentaux comme forcément des victimes. Alors que la réalité est tout autre. On a peut-être des choses à se faire pardonner et on n'arrive pas à faire la distinction ? C'est plus profond que cela. En analysant le manuel d'histoire que j'utilisais, le Bordas, tout ce qui a rapport à la violence dans les sociétés extra-européennes est entièrement exclu. Prenons l'exemple des sociétés pré colombiennes qui ont été d'une cruauté sans limites (sacrifices humains, tortures, dissection du cœur à vif, sacrifices de vierges, cannibalisme), tout cela est gommé pour ne parler que de la violence de l'Occident. Une histoire aseptisée en quelque sorte ? Des civilisations de rêve ? Tout à fait et surtout victimes de l'Occident. Mais lorsqu'on sait que la Mauritanie, pays musulman, a aboli l'esclavage il y a 20 ans seulement... Quant à la situation des dhimmis dans les pays musulmans elle était parfaitement ignoble et aujourd'hui encore, jamais un non-musulman ne sera traité à égalité avec un musulman en " terre d'islam ". Des chrétiens subissent toujours des humiliations. Il y a dans les manuels scolaires une auto-censure, une tyrannie du politiquement correct. La moindre vérité qui pourrait gêner cette vision de l'Histoire est expurgée. Mon tort a été d'en savoir trop sur Mahomet. Si les enseignants lisaient la moindre biographie scientifique sur ce personnage, ils en diraient autant que moi. Ce qu'il y a de troublant, c'est qu'il n'y a pas la moindre autocritique de la part des Musulmans sur ces épisodes. Ces actions de Mahomet sont considérées par eux, encore aujourd'hui, comme des exploits, des hauts faits. Depuis 14 siècles, cela est connu des historiens musulmans, mais il n'y a aucun regard critique sur ces faits d'armes. En conclusion, vous êtes pessimiste ? Je crois que pas mal de gens se mettent à réagir, la laïcité doit être défendue, la circulaire Fillon concernant la loi sur la laïcité à l'école précise bien qu'" aucune question ne doit être exclue du questionnement scientifique et pédagogique ", c'était nécessaire à rappeler. Il faut surtout que les musulmans acceptent de critiquer les épisodes peu glorieux de l'histoire de leur religion s'ils veulent s'inscrire dans une vie démocratique. J'ai utilisé les termes de " voleur " et " d'assassin ". J'aurais pu prendre celui de " pillard ", de " brigand " ou de " criminel ". Mais, dans mon affaire, cela n'aurait pas changé grand chose. Il s'agissait pour le collectif d'empêcher qu'un enseignant révèle certaines vérités sur Mahomet. Selon vous, il s'agissait pour eux de " faire un exemple " ? C'est ce que je pense. Il y a une volonté d'instaurer un terrorisme intellectuel pour bloquer toute critique de l'islam. Je ne connais pas d'autre cas de parents d'élèves qui constituent un collectif en 2 jours, qui envoient une dépêche à l'AFP, qui font appel au MRAP et la Ligue des Droits de l'Homme. Cela demande une certaine expérience. Un collectif de 7 personnes ne peut faire autant de bruit s'il n'a aucun soutien. Mais, au-delà, la réaction des médias et de l'Education Nationale témoigne de la montée d'une irrationalité inquiétante. C'est peut être ce qu'il faut retenir de ma mésaventure. Louis Chagnon, je vous remercie. Entretien réalisé par Pierre Lefebvre pour Primo Europe * Sur le site www.laic.info, vous pouvez signer la pétition de soutien à Louis Chagnon
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