
La République des faux gentils : pourquoi elle affaiblit la France Interview Yvan Rioufol par Rénée Hirel source : Revue-Politique
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Je ne lis plus ni Le Monde, ni Libération, tellement l'idéologie d'extrême gauche induit, chez les journalistes, une pratique courante de la désinformation, au mépris de toute déontologie. Je lis donc le Figaro et chaque vendredi le bloc-notes d'Ivan Rioufol. Cela me semble une bouffée de vérité et de réalisme par rapport à l'aveuglement et au politiquement correct de la majorité des médias. Il vient de publier un livre choc, à lire et à faire lire : Ivan Rioufol a 51 ans. Il a commencé sa carrière de journaliste à Nantes où il a appris à raconter les faits, sans les déformer….avec humilité, dit-il. Il est au Figaro depuis 1984. Il a été Rédacteur en Chef de la section "Informations Générales", de 1990 à 2000. Pendant cette période, il reconnaît que dans les médias, à l'exception du Figaro, il était convenu de ne pas trop parler de la violence dans les banlieues, de l'échec de l'intégration des immigrés, des difficultés dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les transports publics, pour ne pas affoler la France. Et peu a été fait par les gouvernements, pour y remédier. Depuis deux ans, il est responsable du Bloc-Notes, indépendant de la ligne éditoriale du journal. Il s'élève, depuis, contre la "bien-pensance" et le politiquement correct partagés en France par les politiques, les médias et les intellectuels. Cette "bien-pensance" consiste à se bercer de mots, valorisants pour ceux qui les prononcent, comme humanisme, tolérance, générosité, compassion, droit de l'homme, consensus. Ces mots permettent aux belles âmes, d'occulter la réalité, de ne pas agir et aussi d'empêcher le débat dans le pays. Celui qui se permet de ne pas être d'accord avec eux, est tout de suite qualifié d'extrémiste, de raciste et autre qualificatif sympathique. Il explique : C'est la France antiraciste qui a laissé se développer un antisémitisme violent. Ce discours moral a, d'après lui, été initialisé en 1968, puis développé par la gauche quand elle avait le pouvoir, puis repris par la droite, surtout depuis Avril 2002. Le seul danger était alors représenté par le Front National, qui effrayait, bien sûr, par ses discours de haine et d'exclusion. Pour le reste on pratiquait lâcheté, hypocrisie et indifférence avec des discours faussement généreux. On disait vouloir le bonheur de chacun. Et violence, communautarisme, corporatisme, réislamisation des banlieues ont continué à progresser. Elle n'a plus le goût de transmettre le patrimoine de la culture française. Et le sociologue François Dubet s'interroge, dans Libération, sur l'identité commune à enseigner à l'école, ou sur l'enseignement de plusieurs cultures. Les Médias ne remplissent plus leur rôle de contre-pouvoir et retransmettent le discours dominant. Les journalistes sont à 90% à gauche, y compris les enseignants des écoles de journalistes. Et il y a un suivisme et une adhésion implicite de chaque journaliste à une idéologie de la "bien pensance", qui occulte ou déforme la réalité et qui transforme le journaliste en militant. Pour la presse écrite, la concentration des titres (une dizaine) amplifie la pensée unique et le mouvement de suivisme. Les Politiques manquent de courage. Ils veulent plaire et suivent l'opinion. Ils n'ont aucune vision de l'avenir et n'engagent pas les réformes nécessaires qui sont bien sûr difficiles, étant donné l'inaction des dernières années. Et ils ne ressentent plus le besoin de préserver nos valeurs, nos institutions, notre éducation, notre patrimoine, notre culture. Certains disent même que l'Europe a des racines autant musulmanes que chrétiennes. La France s'est convertie à un nouveau catéchisme politico médiatique qu'est l'humanisme républicain. Propos recueillis par Rénée Hirel |