Les barbus
islamistes peuvent pavoiser dans leurs grottes obscures, car pour la première fois de
lHistoire, ils viennent de remporter une victoire électorale indiscutable dans un
pays aussi démocratique et lointain que lEspagne. Nos journalistes du Monde ou de
Libération pourront toujours se livrer à contorsions savantes pour nous expliquer que le
raz-de-marée socialiste aux élections législatives espagnoles tient à la victoire de
la « vérité » sur un hypothétique « mensonge dEtat », mais que
lon veuille ou non, du strict point de vue dAl-Quaida, la mission des
terroristes du 11 mars fut remplie avec un succès inespéré. Et quel succès.
Car quel
était lobjectif dAl-Quaida à travers les attentats du métro de Madrid,
sinon de punir le gouvernement Aznar pour son engagement en Irak ? Quel était le but de
ces actes inqualifiables quelques jours avant le scrutin, sinon dempêcher sa
réélection ? Or quel fut leffet direct des ces attentats, sinon la perdition
électorale du Parti Populaire dAznar ? Al-Quaida na-t-il pas obtenu
exactement ce quil voulait, à savoir la défaite dAznar et son remplacement
par un gouvernement désireux de retirer les troupes espagnoles du territoire irakien ?
Pour preuve
de la satisfaction hélas, ô combien légitime des assassins islamistes, le
communiqué dAl-Quaida déclarant, quelques jours après les élections, que
« lEspagne avait choisi la trêve »
et appelant ses fantassins islamistes à « cesser
toute action » sur le sol espagnol. Cette allusion à la « trêve »
quaurait consentie lEspagne par son résultat électoral ressemble fort à un
aveu de victoire de lorganisation terroriste.
Second motif
de satisfaction pour Al-Quaida, lattitude des médias européens qui oublièrent
presque jusquaux noms des véritables bourreaux pour se concentrer uniquement sur la
responsabilité indirecte dAznar dans ces actes ignobles, comme si ce dernier
pouvait exercer la moindre influence sur la folie meurtrière des islamistes. Quun
pays aussi innocent et pacifique que lAustralie, à loccasion des attentats de
Bali du 12 octobre 2002, puisse être autant la victime du fascisme vert que les
Etats-Unis supposés plus « agressifs » ne semble nullement effleurer
lesprit de nos journalistes. Que les islamo-nazis utilisent le moindre prétexte
pour frapper autant les « dépravés »
pacifistes que les « croisés alliés des
américains » ne semble nullement toucher la bonne foi des médias européens.
Même un expert aussi émérite que Gustavo Aristegui, professeur de droit international
à Madrid, reconnaît « ne pas croire à un
lien entre lIrak et les attentats », ce qui exclue la responsabilité
même indirecte dAznar dans la fatalité de ces infâmes attentats. Et quon ne
nous dise pas que lattitude de la France dans laffaire irakienne nous
préserve durablement contre le spectre islamiste : bien avant laffaire du voile
islamique, la France figurait autant dans la ligne de mire des criminels islamistes que
lEspagne dAznar. Seulement tous les projets dattentats sur le sol
français furent habilement déjoués grâce à laction concertée de nos forces de
police.
Parallèlement,
à linverse de ce que prétendent les médias, lancien premier ministre Aznar
na pas menti en toute âme et conscience en avançant la responsabilité de
lETA dans les attentats de Madrid. Les médias français semblent oublier que
lEspagne est confronté à un terrorisme sournois depuis des dizaines
dannées, celui de lETA. Quelques mois avant ce 11 mars tragique, des
terroristes de lETA furent arrêtés alors quils sapprêtaient à
commettre un attentat dans le métro de la capitale espagnole. Dans ces conditions,
nétait-il pas naturel de penser immédiatement à lETA juste après les
massacres madrilènes ? Nétait-il pas excusable de se tromper sur lorigine
véritable des criminels terroristes ?
Bien sûr,
ce gouvernement commit une faute grave en anticipant la responsabilité supposée de
lETA sans preuves irréfutables. Il commit une faute grave en ne laissant pas à la
police le temps de faire correctement son travail. Il commit une faute grave en exerçant
des pressions déplacées auprès des médias espagnols, notamment en appelant
personnellement les chefs de rédaction pour leur confirmer à tort la
responsabilité de lETA. Mais étais-ce une raison pour que le peuple espagnol vote
exactement comme Al-Quaida lavait voulu ?
Enfin
troisième raison satisfaction pour Al-Quaida, le retournement facile dun opinion
ébranlée par limage atroce de ces centaines de victimes sanguinolentes du
terrorisme. Que lon veuille ou non, le crime et le sang sont payants auprès
dune opinion peu préparée à la Troisième Guerre Mondiale que nous déclarent les
islamo-nazis. A force dentretenir les Européens dans lillusion que le
terrorisme demeure un phénomène lointain, intimement lié aux seuls conflits
israëlo-palestinien ou irakien, les médias européens ont involontairement préparés
les conditions dramatiques à une douloureux retour aux réalités qui sest
émotionnellement traduite dans les urnes. A force dexpliquer la genèse du
terrorisme par les seules frustrations économiques et sociales du monde arabe, sans
jamais briser le tabou de « lislamo-correct » en dénonçant les
nombreux versets moyenâgeux, rétrogrades, autoritaires voire barbares du Coran, les
médias européens brouillent inconsciemment la bonne compréhension dun phénomène
aussi profond que le terrorisme islamique. A force de suggérer que la non-ingérence dans
les affaires moyen-orientales demeure lunique solution pour se concilier les
opinions arabes comme aime tant à le faire notre président Chirac, les médias
européens conforte un pacifisme naïf qui aboutit à une capitulation munichoise face au
péril islamiste. Car Madrid, cest notre nouveau Munich face à la terreur
dAl-Quaida.
Quel
enseignements tirer pour lavenir de la démocratie en Europe ? Hélas, à voir le
manque de sang-froid des populations touchées par le terrorisme, à voir
lempressement des européens à accuser leurs gouvernants alors que seule une Union
Sacrée indissoluble devrait nous renforcer dans notre détermination à lutter contre la
« bête immonde », rien nindique un avenir glorieux pour notre vieux
continent. Car pour la première fois de lHistoire récente de lEurope, le
crime paye, et ce nest pas le pacifisme bêta des Européens face à la pieuvre
islamiste qui incite à loptimisme.
C.Martel |