
Allah serait-il le nouveau dieu Baal ? par Djinn Al Nader
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Dans cette guerre atroce que se livrent israéliens et palestiniens pour la possession de la Terre Sainte, une image inquiétante fait régulièrement le tour du monde : ces cohortes de martyrs palestiniens vêtus de blanc, prêts à se faire exploser dans des bus israéliens pour participer au djihad et ainsi répondre à la « volonté d’Allah ». Ces candidats au sacrifice humain – car il s’agit bien d’un sacrifice humain, au sens ancien comme au sens moderne – sont souvent très jeunes, parfois même n’ont-ils pas atteints l’âge de la puberté, tel cet enfant chargé à son insu d’une bombe et arrêté à un check point israélien de Naplouse en mars 2004. Dans de nombreuses familles palestiniennes, des enfants sont mentalement conditionnés pour participer à ce sacrifice collectif censé les délivrer de l’occupation israélienne. Lors des manifestations islamistes dans la bande de Gaza, des nourrissons sont habillés de blanc – l’accoutrement des « martyrs » dans la religion islamique – au plus grand mépris des Droits de l’Enfance qui interdisent formellement la participation des enfants aux conflits armés. Ces images de nourrissons prêts au sacrifice pour la « gloire d’Allah » font étrangement écho à un autre rituel très ancré au Proche-Orient, bien que largement oublié. En effet, 2300 ans auparavant, le culte du dieu Baal était répandu dans toutes les régions actuellement sous la domination de l’Islam, de Babylone au Mont Atlas. Or le rite accordé à ce dieu oriental était parfois sanglant, notamment à Carthage où les sacrifices humains atteignaient une cruauté inqualifiable. Des nourrissons carthaginois étaient alors sacrifiés dans la gueule béante du dieu Hammon-Baal dont les entrailles contenaient un brasier ardent. Et tout comme lors du conflit israélo-palestinien, la sauvagerie de ce culte au dieu Baal s’est révélé lors d’un conflit militaire opposant la cité punique à une puissance « occidentale ». En 310 av.J-C. en effet, Carthage subit le siége des troupes grecques du roi de Syracuse, cette puissante colonie hellénique de la Sicile. Retranchée derrière ses murailles, la ville punique ne fut plus alimentée en eau. Les prêtres virent dans leur malheur la juste punition de leur péché : celui de ne pas avoir perduré une tradition ancestrale où chaque famille devait immoler à la gloire de Baal leur premier enfant. Pour conjurer le mauvais sort, les prêtres firent dresser une statue immense de Baal, entièrement creuse, où ils attisèrent un brasier. La foule se réunit alors autour de la statue rougeoyante et les prêtres jetèrent à l'intérieur les enfants de Carthage. La joie du sang et de la mort s'empara des Carthaginois, ravit de cette effusion de sang. Baal y trouva aussi son compte : il répandit sur la cité en liesse des trombes d'eau. Cet épisode sanglant se répéta dans l'histoire de Carthage, notamment lorsque des mercenaires s'attaquèrent à la ville. Encore une fois assiégée et privée d'eau, Carthage réitéra son sacrifice (appelé alors Moloch par les Carthaginois). Et la folie se répéta, les Carthaginois allumèrent un brasier dans l'antre de la statue de Baal, les prêtres précipitèrent les enfants carthaginois dans le brasier ardent du dieu Baal… La foule s'abreuva de cette folie. Les mercenaires au loin pouvaient voir l'immense statue portée au rouge et sentir l'odeur de la chair qui brûle. Baal fut encore ravi, et l'eau tomba une fois de plus sur Carthage. A ce niveau de l’analyse, nous pouvons remarquer des parallèles frappants entre le conflit israélo-palestinien et ce sinistre épisode de l’Antiquité. Dans les deux cas, nous pouvons voir une puissance moderne et occidentale assiéger une population orientale sur la défensive (les Grecs contre les Carthaginois d’un côté, les Israéliens contre les Palestiniens de l’autre). Dans les deux cas, nous pouvons voir l’état de perdition morale de la population assiégée qui n’hésite pas à sacrifier ses propres enfants contre l’occupant, soit dans le brasier d’une statue pour les Carthaginois, soit dans le brasier d’un attentat pour les Palestiniens. Et dans les deux cas, nous pouvons constater la responsabilité écrasante de la caste sacerdotale qui ressuscite d’anciens rites dépassés pour donner une lecture religieuse à un conflit séculier : les prêtres puniques exhortant à l’antique tradition des sacrifices humains pour « effacer les péchés » d’un côté, les imams islamistes exhortant au sacrifice des martyrs pour anéantir le péché intolérable qu’incarnerait « l’infidèle » de l’autre. Bien sûr, il serait simpliste et absurde d’en déduire que Allah ne serait qu’une forme recyclée du dieu Baal. Mais tout de même, il serait opportun que les musulmans de bonne volonté comprennent que le principe des attaques-suicides prôné par les islamistes palestiniens atteint un degré inqualifiable de gravité, à la fois pour les droits universels de la personne humaine, mais aussi pour la crédibilité de leur propre religion. Il serait opportun que tous les musulmans de la Terre, même légitiment attristés par la souffrance du peuple palestinien, comprennent que les pseudo-martyrs palestiniens relèvent davantage d’un culte obscène à une divinité païenne « Baal-Allah » (1) qu’à l’amour véritable d’un Dieu bon et juste. Il serait opportun que les musulmans de bonne foi se révoltent contre ces sacrifices humains – en Palestine ou dans le cadre du terrorisme international – dont le plus grand des blasphème réside justement dans le détournement intolérable du vrai Dieu au profit d’un vision diabolique de la foi. Rappelons que dans la Bible, le dieu sanguinaire Baal apparaît comme l'avatar même du faux dieu (par opposition au vrai Dieu de l’Ancien Testament). Il perdure dans notre société son la forme de Satan, la version christianisé de Baal. Par conséquent, il est tout à fait légitime d’affirmer qu’en se faisant exploser au nom d’Allah, les terroristes rendent, en réalité, un culte à Satan. Comment sortir de cette situation où des milliers de fanatiques renouent inconsciemment avec le culte sanguinaire du dieu Baal ? Inévitablement se pose la question de la responsabilité des élites religieuses qui tardent à entreprendre une réforme profonde de la religion musulmane. La Réforme de l’Islam, plus que jamais, s’avère nécessaire. Les points théologiques à réformer de toute urgence sont connus : l’infaillibilité supposée du texte coranique, la sacralisation du prophète Mahomet supposé exempt de péchés (2), la séparation radicale entre la sphère spirituelle et la sphère temporelle, l’abandon de la charria… Mais que se passerait-il dans le cas – malheureusement hautement probable – où l’Islam demeurerait imperméable à toute réforme ? Pour revenir à ce parallèle intéressant entre le conflit israélo-palestinien et le siège de Carthage en -310, évoquons la suite tragique de l’Histoire : toujours en prises avec l’Occident, Carthage trouva en -264 un ennemi bien plus puissant et féroce que les grecs de Syracuse : Rome. Trois guerres puniques se succédèrent, plus cruelles les unes que les autres. A l’issue de la dernière, Carthage fut définitivement exterminé par les légions de Scipion Emilien en -146. Tous les enfants sacrifiés à Carthage ne purent éviter le rasage de la ville. Les Romains salèrent le sol pour que rien ne repousse sur cette terre maudite. Seuls les cris des enfants sacrifiés hantèrent cette terre de fanatisme religieux et de folie collective. Les habitants de Gaza souhaiteraient-ils le même sort ? Djinn Al Nader (1) : Rappelons qu’« Allah » vient d’une antique divinité arabe portant ce nom avant l’avènement de l’Islam. (2) : En contradiction avec certains passages du Coran où la reconnaissance des péchés de Mahomet est suggérée. |