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Après Munich : Madrid

par Jean-Christophe Mounicq

source : Conscience Politique

 

Les attentats de Madrid sont une nouvelle illustration de l’efficacité du terrorisme islamiste dans la 4e Guerre mondiale qui se joue entre l’Islam radical et les démocraties occidentales. L’issue de cette guerre est incertaine. La réaction du peuple espagnol montre la permanence des faiblesses de la démocratie. En se pliant à la volonté des terroristes, il a réagi de la pire manière. L’esprit munichois a soufflé sur les élections législatives après les attentats. Les terroristes islamistes ont justifié l’attentat en expliquant qu’ils faisaient payer l’Espagne d’Aznar pour sa contribution à la guerre en Irak aux côtés des Américains et de Georges W. Bush. Ce discours a été relayé mot pour mot par la gauche espagnole pacifiste et la classe médiatique gauchiste. Les Espagnols ont hélas reçu le message, pris peur et rendu Aznar et Bush coupables des massacres du 11 mars.

Les Espagnols se sont soumis aux islamistes.

On pourrait presque souhaiter que les choses soient aussi simples que l’imaginent les électeurs de la gauche espagnole. Mais ces attentats, commis 2 ans et demi précisément après ceux du 11 septembre 2001, ne sont pas la conséquence directe de la présence de troupes espagnoles en Irak. Ils sont fondamentalement liés à l’obscurantisme islamique qui veut soumettre le monde par la force à l’islam. Contre ces fanatiques, qui se situent dans la droite ligne de la tradition la plus violente de l’histoire musulmane, la lâcheté ne paie pas. Les Espagnols, comme les autres Européens, l’apprendront à leurs dépens.

Jean-François Revel résume la problématique: " Il n’y a aucune ambiguïté sur les intentions d’Al Quaeda et de ses semblables : il s’agit de convertir l’ensemble de l’humanité par la force. Nous nous leurrons si nous croyons pouvoir négocier avec les fanatiques d’Al Quaeda et de leur espèce. " L’islam radical veut la planète entière. Comme le communisme autrefois. L’occidental peut lui donner le pouvoir en Irak, au Liban, en Israël, dans la région Paca ou en Andalousie. Les islamistes en voudront davantage. L’occidental peut courber l’échine pour se faire oublier. Il peut retirer les troupes d’Irak ou d’Afghanistan pour laisser les musulmans s’assumer, laisser la bombe atomique aux Iraniens et aux Saoudiens pour leur dire combien il fait confiance à la sagesse des leaders islamistes, voter socialistes et pacifistes pour laisser entrer davantage de " frères " Musulmans en Europe. Cela ne sera pas suffisant. L’occidental, montrant sa faiblesse, se fera au contraire frapper plus fort. Il n’y a pas davantage d’intérêts à se concilier les grâces des islamistes aujourd’hui que des Nazis hier.

La lâcheté de Clinton a amené le 11 septembre

Sous Bill Clinton, l’Amérique a eu un comportement de social-démocratie européenne. Elle laissait impunies les attaques, contre ses diplomates, ses ambassades et ses navires de guerre. Pacifiste, l’administration démocrate prétendait qu’elle ne comptait que des amis dans le monde. Elle a consciencieusement désarmé l’Amérique et notamment ses services de sécurité. Elle a même refusé les crédits pour engager des traducteurs arabes à la CIA. A quoi bon surveiller les Arabes s’ils sont nos amis ? Les belles déclarations de fraternité et l’absence de réactions fortes n’ont pas empêché le 11 septembre. Au contraire, ce cocktail a facilité la tâche des terroristes islamistes qui pouvaient oeuvrer en relative tranquillité non seulement dans le monde musulman, mais encore en Occident et aux Etats-Unis. L’Amérique a payé cher son angélisme et sa passivité.

L’Europe, qui compte 28 millions de musulmans selon les statistiques de l’Union Européenne, paiera un prix supérieur encore. Les services secrets français considèrent que dix pour cent des musulmans de France sont favorables aux thèses de l’islam radical. Et 1 pour cent serait prêt à passer à l’action armée. Appliqués à l’Europe, de tels ratios donnent 300 000 terroristes potentiels. Il faut souhaiter bonne chance aux forces de sécurité européennes pour les neutraliser. D’autant que les islamistes ont maintenant la confirmation que la terreur paie. Rien de tel pour les encourager dans leurs actions. Rien de tel pour les rendre populaires dans " les banlieues de l’islam ", chez tous les jeunes musulmans exclus du marché du travail, en quête de reconnaissance ou de revanche. L’intégration des immigrés musulmans, déjà problématique en raison du fossé culturel, ne sera pas facilitée par le vote espagnol.

La lâcheté des Français les met en première ligne.

Les Français peuvent-ils se croire à l’abri parce que Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont été et demeurent les plus pro-arabes, les plus pro-Saddam, les plus pro-Arafat et les plus anti-américains, anti-Bush et anti-Sharon des dirigeants occidentaux ? Non. Ce serait là aussi trop facile. Les islamistes, dont le très représentatif imam de la Mosquée de Jérusalem, ont clairement expliqué que la loi contre le voile était une déclaration de guerre faite par la France contre l’islam. Les politiques français devraient-ils alors abolir cette loi ? Cela ne changerait rien. Ben Laden et ses hommes font souvent référence à la France comme " la terre des croisés " parce qu’il y a mille ans les croisades sont parties de France.

Les terroristes islamistes reprochent entre autre à la France sa participation à la guerre en Afghanistan, son soutien au régime militaire Algérien, la guerre d’Algérie, la colonisation, les croisades et la bataille de Poitiers. Pour l’islam conquérant, la France est une cible de choix. Elle est le premier pays occidental qui peut devenir musulman en raison de l’importance de sa population musulmane – au minimum 6 millions -, des flux migratoires et des taux de fécondité respectifs des musulmans et des non-musulmans. Le processus démographique naturel peut permettre une prise du pouvoir démocratique par les musulmans d’ici 20 à 50 ans. Mais les islamistes souhaitent imposer l’islam radical. Les bombes leur permettront d’accélérer le processus en mettant à genoux les non-musulmans et en radicalisant les musulmans. Pourquoi s’en priveraient-ils ?

Aznar et Bush n’osent pas désigner l’ennemi : l’islamisme

La IVe Guerre mondiale est en cours. Les dirigeants occidentaux en sont plus ou moins conscients. Beaucoup ont choisi de ne pas en parler et font ainsi le jeu de l’ennemi. Mais même les plus lucides qui agissent, Bush, Blair et Aznar, n’ont pas eu le courage de désigner l’ennemi par son nom: l’islamisme. José Maria Aznar est tombé sur un mensonge stupide. Il a repris la rhétorique alambiquée de son ami Bush sur " la guerre contre le terrorisme ". Comme si les terroristes Irlandais, Corses ou Basques représentaient le même type de danger que les terroristes islamistes. Les premiers, issus de la civilisation judéo-chrétienne, s’ils sont dangereux pour les autorités politiques, ne tuent pas en masse des civils innocents. Les massacres sauvages sont le fait des terroristes islamistes qui perpétuent le mauvais côté de la tradition musulmane.

José Maria Aznar a voulu faire croire que les basques de l’ETA étaient responsables. Il n’a pas dit la vérité au peuple. Elle saute pourtant aux yeux : les terroristes qui menacent non seulement l’Espagne et les Etats-Unis, mais toutes les démocraties et la paix du monde ne sont ni basques, ni chrétiens : ils sont musulmans et en général arabes. José-Maria Aznar s’est peut-être fait sortir en raison de la lâcheté de son peuple. Il est aussi tombé parce qu’il a très mal communiqué. Aznar n’a pas dit la vérité, ni aux musulmans – ce problème est le nôtre et le leur -, ni à son peuple. Georges W. Bush ne risque-t-il pas la même mésaventure en novembre prochain ?

Jean-Christophe Mounicq