
La troisième guerre mondiale par C.R. |
Depuis les massacres d'Al-Quaida du 11 mars à Madrid, les gouvernements européens sont unanimes : décidément la lutte contre le terrorisme constitue une priorité absolue pour la sécurité de nos concitoyens, décidément les terroristes font une peser une menace gravissime sur nos valeurs démocratiques et modernes, ce qui légitime toute action d'envergure pour s'opposer violement à leurs actions délétères. Certes, nous pourrions nous réjouir que les nations européennes se soient enfin rendues compte de la nécessite de lutter sans relâche contre cette nouvelle peste brune-verte qui contamine l'Europe, et dont l'expression la plus abjecte se trouve dans les ignobles attentats de Madrid. Nous pourrions nous réjouir que les européens comprennent un peu mieux les raisons du ferme engagement américain contre le terrorisme, eux qui avaient regardé d'un oeil relativement indifférent les épouvantables attentats du 11 septembre à New York, croyant à tort qu'il s'agissait d'un phénomène étranger et lointain au mieux, d'un juste retour à l'envoyeur sanctionnant l'impérialisme yankee au pire. Les européens le savent désormais : nul n'est à l'abri de la haine anti-occidentale et raciste des terroristes d'Al-Quaida, ni les Américains, ni les Espagnols, les Australiens, ni les Suisses, ni les Flamands, ni les Norvégiens, ni les Luxembourgeois... Etablir un quelconque lien entre terrorisme et politique étrangère des nations visées, c'est accorder une légitimité obscène à ces actes inqualifiables et détruire tout espoir d'union sacrée autour d'une seule et même cause : le refus catégorique de la terreur et la défense viscérale de nos valeurs démocratiques contre la barbarie. Pourtant, malgré cette prise de conscience salutaire que la boucherie sanglante de Madrid a peut-être déclenché, nos gouvernants européens n'ont entrepris que la moitié du travail nécessaire à l'exacte compréhension du phénomène terroriste. En effet, ils parlent encore de « lutte contre le terrorisme » sans véritablement nommer l'idéologie pernicieuse qui anime ce terrorisme. Ils dénoncent à juste titre la violence aveugle des attentats sans jamais nommer la motivation idéologique des bourreaux terroristes. Ils condamnent sans réserve les meurtres de masse sans jamais voir ce qui, dans les convictions et les valeurs morales des adeptes d'Al-Quaida, pourrait expliquer le passage à l'acte terroriste. Bref, ils s'arrêtent à l'expression visible du phénomène terroriste sans jamais regarder ses causes intellectuelles beaucoup plus profondes : l'islamisme. Car c'est bien une lecture fondamentaliste et archaïsante du Coran qui entretient la haine de « l'infidèle » dans l'esprit étroit des terroriste. C'est bien l'appel au « djihad » récurent dans les textes islamiques qui explique ce goût fanatique pour le meurtre de masse. C'est bien le refus de l'altérité religieuse intrinsèque à l'Islam traditionnel qui motive l'intolérance contre « ces juifs et ces chrétiens qui brûleront dans le feu dans l'enfer à jamais car ils sont les plus vils des créatures » (Coran : s.98, v.51). Bien sûr, la majorité des musulmans ne constitue pas un danger pour leurs voisins juifs ou chrétiens puisqu'ils accordent généralement une valeur relative à leurs textes sacrés. Mais quand des musulmans croient dur comme fer en un Coran incréé censé être descendu du ciel et confié à Mahomet sur le Mont Hira, quand des musulmans s'arrêtent à une lecture littérale et absolue d'un Coran supposé infaillible dans la lettre, alors très logiquement les versets violents et cruels du texte coranique sont pris au premier degré, d'où passage à l'acte des criminels terroristes. Pourtant cette vision littérale et donc dangereuse du Coran demeure le point dogmatique des islamistes, à l'inverse des musulmans éclairés. Ainsi le terrorisme et le crime de masse s'avèrent intrinsèquement contenus dans l'idéologie islamiste, au même titre que la Shoah et les camps de concentration s'avèrent intrinsèquement contenue dans l'idéologie nazie. Croire que le terrorisme ne constitue qu'un « accident » de l'idéologie islamiste, croire que le meurtre de masse ne se situe qu'à la marge de la dynamique islamiste au lieu de représenter une conséquence logique et rationnelle de cette idéologie réactionnaire, c'est se tromper lourdement et tragiquement sur l'origine véritable du terrorisme. Un aveuglement encore tenace Ainsi nos gouvernants se trouvent exactement dans la position des démocraties occidentales dans les années 30 : condamnation du blitzkrieg ou dénonciation des « coups de force » comme l'Anschluss mais modération à l'égard de l'idéologie particulière qui produit ces atteintes intolérables à la liberté des peuples, en l'occurrence le nazisme. Jusqu'au dernier moment, Chamberlain et Daladier crurent aussi de bonne foi qu'il était possible de dissocier le comportement des Etats et les valeurs idéologiques dont ils s'inspiraient, jusqu'au dernier moment ils crurent qu'Hitler était un homme censé et rationnel avec lequel il demeurait possible de négocier. Soixante dix ans plus tard, nos démocrates européens commettent exactement la même erreur d'appréciation en établissant une vaine distinction entre terrorisme et islamisme, alors que la première n'est que la conséquence logique du principe de « djihad » cher au second. Pire : reconnaître comme l'a fait Jacques Chirac le rôle moteur de la « frustration économique des peuples arabes » ou « le conflit israélo-palestinien non résolu » dans la genèse du terrorisme, ce n'est pas seulement accorder une forme même embryonnaire de légitimité politique à la peste islamiste, c'est aussi tromper gravement nos concitoyens sur l'origine véritable du phénomène terroriste qui doit fondamentalement son existence à un refus borné de la modernité et du progrès même si, évidement, le conflit larvé israélo-palestinien tend à renforcer l'idéologie totalitaire de l'islamisme, accélérant du même coup la dynamique mortifère du fascisme islamiste. Condamner le terrorisme sans dénoncer l'islamisme, c'est condamner les camps de la mort sans dénoncer le nazisme. Contre cette aveuglement encore tenace, il devient urgent de dire la vérité aux Européens : non, toutes les religions ne se valent pas, non, toutes les cultures étrangères ne sont pas admirables du seul fait de leur exotisme. Au contraire, nous devons combattre l'islamisme en tant qu'idéologie inégalitaire, rétrograde, passéiste et barbare. Car l'Occident n'est pas seulement en guerre contre le terrorisme, mais également en guerre contre cette nouvelle peste verte qui menace de déferler sur l'Occident : le fascisme islamiste. C.R. |