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L'immigration source de délinquence

par Nathalie Guibert

source : Le Monde

Avertissement : Le texte ci-dessous est paru dans l'édition du 16.04.04 du journal Le Monde. Or si même le journal Le Monde, malgré sa forte réputation "anti-raciste", ose briser le tabou du politiquement correct en suggérant un lien entre immigration et délinquence, c'est bien la preuve que ce phénomène existe, et qu'il n'est nullement raciste ni scandaleux de révéler aux français qu'on leur a depuis trop longtempts menti sur le pouvoir de nuisance d'une immigration massive et incontrôlée. Remarquez toutefois que cet article, bien que reposant sur une analyse tout à fait lucide, hésite encore à aller au bout de son raisonnement, probablement par peur des délires paranoïques de l'inquisition anti-raciste.

SOS-Islam, pour sa part, estime que la conclusion n'est pas à mettre sur le dos d'une quelconque "ethnicité" au sens racial du terme, mais sur le choc culturel provoqué par un afflux d'immigrés qui, devenus trop nombreux, ne cherchent nullement à s'intégrer. L'Islam, en tant que religion totalitaire et sécessioniste, est pleinement responsable de cette absence de volonté sincère d'intégration. D'où cette absence de respect de nos lois, et la sureprésentation scientifiquement avérée des jeunes musulmans dans les actes de délinquence.


Selon une étude menée en Isère, deux tiers des mineurs délinquants sont d'origine étrangère

Deux sociologues ont étudié l'environnement des jeunes jugés pour des faits graves à Grenoble. Ils cumulent les handicaps : pauvreté, alcoolisme d'un parent, échec scolaire, immigration récente.

Pauvreté , échec scolaire, violence familiale, immigration récente : les mineurs délinquants ont un profil de "damnés de la Terre". Telle est la conclusion à laquelle sont parvenus Sebastian Roché et Monique Dagnaud. Ces deux sociologues du CNRS ont réalisé une étude originale sur les dossiers des mineurs jugés par le tribunal de Grenoble (Isère) entre 1985 et 2000. Financée par France 5, cette recherche menée fin 2002, dont les résultats n'avaient pas encore été publiés, apporte des résultats inédits sur l'environnement social des jeunes auteurs de crimes ou de délits graves.

La nouveauté tient dans la mise au jour de ce que les auteurs nomment "la dimension ethnique" de la délinquance : 66,5 % des mineurs jugés ont un père né à l'étranger (pour 49,8 % dans un pays du Maghreb), et 60 % ont une mère également née hors de France. Contrairement aux études habituellement menées, qui s'attachent au seul critère de la nationalité des individus, les deux chercheurs ont choisi, sur la base des informations figurant dans les dossiers judiciaires, d'éclairer ainsi plus complètement l'environnement de ces adolescents. "La surreprésentation des jeunes d'origine étrangère dans la délinquance n'est un mystère pour personne, mais cette donnée est peu renseignée, et elle n'est jamais débattue dans l'espace public", justifie M. Roché, pour qui la réflexion sur l'intégration ne devrait pas être séparée de celle sur la violence.

ÉCHEC DE L'INTÉGRATION

De précédentes enquêtes fondées sur les déclarations des adolescents avaient déjà fait apparaître une "suractivité" délictuelle des jeunes issus de l'immigration. La recherche menée dans l'Isère le confirme, avec une ampleur qui a surpris les chercheurs. Car, dans la région Rhône-Alpes, selon l'Insee, l'Isère n'est pas un département particulièrement marqué par l'immigration : celle-ci représente 6,1 % de la population (7,5 % dans le Rhône par exemple). "Nous sommes face à une justice qui concentre son énergie à condamner des jeunes d'origine étrangère", conclut Sebastian Roché. Pour le sociologue, cette constatation, "résultante du système que personne n'a voulue", remet en cause un des fondements de la légitimité républicaine. "Comment expliquer à ces jeunes que la loi est essentiellement tournée vers eux ?", souligne-t-il. Comment éviter qu'ils croient à une lecture communautaire de la justice ? "Ces résultats signent l'échec d'une politique d'intégration", analyse pour sa part Monique Dagnaud.

Cette origine étrangère n'est "pas spécifique aux délinquants de l'Isère", remarquent les auteurs. En 2000, l'Insee a en effet montré que 40 % des détenus français avaient un père né à l'étranger, dont 25 % au Maghreb. De ce point de vue, la situation française semble se rapprocher de celle des Etats-Unis, où les minorités sont surreprésentées. En revanche, si auteurs et victimes ont souvent la même appartenance communautaire outre-Atlantique, ce n'est pas le cas en France.

Les mineurs délinquants cumulent les handicaps, expliquent Monique Dagnaud et Sebastian Roché. L'immigration de fraîche date, associée aux difficultés à trouver un emploi ou à la ghettoïsation de l'habitat, en fait partie, sans qu'il soit possible de mesurer l'importance respective des différents facteurs qui peuvent éclairer les parcours délictueux.

D'une façon générale, la pauvreté économique concerne 60 % des familles. Les pères sont, à 26 %, inactifs. Ceux qui ont un travail sont en majorité des ouvriers (59 %), les mères des employées (46 %). Le contexte familial, difficile, éclaire aussi les parcours des mineurs. Les deux tiers sont issus de fratries de quatre frères et sœurs ou plus. Près de 40 % des dossiers judiciaires font état de violence familiale ; 20 % évoquent un père alcoolique. Seuls 54,5 % de ces mineurs vivent avec leurs deux parents ; 11 % sont hébergés en foyer. Dans 9,3 % des cas, ces adolescents ont un de leurs parents décédé. Enfin, leur situation scolaire est sinistrée : 79 % ont redoublé, 55 % plusieurs fois et près de 60 % ont fait l'objet d'une ou de plusieurs exclusions. Les mineurs d'origine étrangère "cumulent encore plus que les autres les traits de désavantage socio-économique", notent les chercheurs.

Le tableau n'est cependant pas uniforme. Paradoxalement, l'environnement familial est décrit, dans la grande majorité des dossiers judiciaires, comme "affectueux" et "soucieux de l'éducation du mineur". Ecartelés, les adolescents délinquants de l'Isère "ont la particularité d'être à la fois dans la culture de la modernité et dans les difficultés de l'intégration sociale", ajoute Monique Dagnaud. Près de la moitié pratiquent un sport, dont un tiers de façon intensive. Une majorité fait état d'activités de loisirs, principalement tournées vers l'audiovisuel. "Repli de l'exclusion et culture de masse : leur personnalité se construit à partir de ces univers opposés, dont le mélange peut se révéler détonant", conclut l'étude.

Nathalie Guibert

 

325 dossiers consultés grâce à la levée du secret

Grâce à la levée exceptionnelle du secret des archives judiciaires du tribunal de Grenoble, Monique Dagnaud et Sebastian Roché ont pu étudier tous les dossiers de mineurs jugés entre 1985 et 2000 pour des faits graves. Parmi ces 325 dossiers, 41,8 % ont été jugés avec une qualification de coups et blessures ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours, 25,2 % pour agression sexuelle, 17,5 % pour vol avec armes, 7 % pour viol, 6,2 % pour vol avec violence et 2,2 % pour homicide ou assassinat. Les auteurs sont à 95 % des garçons, et leur âge moyen est de 15 ans et 5 mois.

"La délinquance de bande, entendue comme quelque chose d'organisé, concerne moins de 10 % des mineurs parmi ceux qui ont un complice et moins de 4 % du total des mineurs jugés", notent les chercheurs. Les mineurs sont condamnés à de la prison ferme dans 10 % des cas, à de l'emprisonnement avec sursis dans 26,6 %. Pour 32,9 % d'entre eux, une mesure d'admonestation, de remise aux parents ou de dispense de peine est prononcée ; pour 6,2 %, il s'agit d'une amende et pour 1,2 % d'un travail d'intérêt général.