
Trappes : une ville islamiste ? par Nathalie Simon source : Le Figaro
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Trappes, Yvelines, à 35 kilomètres de
Paris. Frédéric Brunnquell, journaliste à l'agence Capa, s'est immergé 7 mois durant
dans la ville avec une obsession : comprendre comment dans l'espace fermé d'une
municipalité pouvait se vivre la montée d'un islam revendicatif. Le résultat
est édifiant. La cité elle compte 80% de logement sociaux de 28 000
habitants, dont la moitié est musulmane, est devenue, au fil des ans, le berceau d'un
certain fondamentalisme essentiellement prôné par les hommes. Envoyé
spécial m'avait donné carte blanche pour faire un sujet sur les territoires perdus de
la République, j'ai commencé à travailler sur les femmes musulmanes, se souvient
Frédéric Brunnquell. Quel que soit l'endroit où je me rendais, j'entendais toujours
les mêmes discours et je n'arrivais pas à saisir la vraie réalité sociale. Le reporter a contacté le président
de l'Union des musulmans de Trappes (UMT) qui a reconnu que son association était plus
politique que culturelle. Il me promettait toujours de m'accorder une
interview, mais je ne l'ai jamais eue, signale Frédéric Brunnquell, qui a
commencé à se promener dans la ville sans sa caméra DV, avant d'avoir l'autorisation de
l'utiliser. L'islam régit le coeur de
Trappes, tout un quartier. Au quotidien, ce n'est pas la loi de la République qui
s'impose, constate-t-il. Le président de l'UMT dit qu'il veut seulement le bien de
la cité, que les gens ne se droguent plus. Les femmes sont voilées, il n'y a plus de
violence apparente, c'est vrai, c'est calme, mais comme disent les éducateurs : Le
pire n'est jamais sûr ! Face à cette situation tendue,
quelques voix osent protester. Adjointe au maire de la ville, également présidente de
l'association Femmes de Trappes et d'ailleurs, Khadija Arame accuse les politiques, les
gouvernements successifs, de droite comme de gauche, qui ont laissé parquer les
communautés. Alain Degois, dit Papy, professeur de
théâtre connu pour avoir lancé Jamel Debbouze, ne reconnaît plus le lieu
où il est né : Il y a une partie de la population qui ne s'y retrouve pas, observe-t-il.
Il y a des ethnies différentes, c'est ce qui fait la richesse de Trappes... C'est
presque trop tard, je ne sais pas comment enrayer ça, je vais résister à ma façon,
j'ose y croire, croire que les extrêmes ne vont pas l'emporter, mais je suis plutôt
pessimiste. On ne peut s'empêcher de partager son
sentiment en regardant son reportage diffusé sur France 2. La liberté de ton se
porte mal à Trappes, constate Frédéric Brunnquell. Dans la ville, on trouve
une seule librairie : elle est fondamentaliste. L'islam est un géant qui est en
train de se mettre sur les pieds, il est en train de conquérir le coeur de tout un
chacun, affirme son propriétaire. Si Frédéric Brunnquell a le mérite
d'avoir écouté tous les protagonistes, il risque toutefois de s'attirer des ennuis. Il a
déjà reçu des menaces téléphoniques. Nathalie Simon Note : cet article fut paru sous le titre "Une enquête de sept mois sur la montée d'un islam fondamentaliste" |