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L'appropriation silencieuse

par C.Martel

 

L’appropriation silencieuse

On connaît le drame d’un nombre considérable de Français contraints de vendre leurs biens à bas prix dans certaines banlieues sensibles, à cause de l’insécurité qui y règne. On connaît la tragédie de ces boulangers, de ces buralistes, de ces petits artisans de proximité obligés de brader leur fond de commerce à des repreneurs qui installeront bien souvent à la place des boucheries hallals, des commerces communautaires, des crèches islamiques, bref des services qui entérinent la fracture ethnique et religieuse dans notre pays.

Victimes d’un climat de terreur imposée par les caïds de banlieue, ces Français souvent très modestes se voient contraints de s’en aller loin, très loin, même s’ils perdent la moitié de leurs biens honnêtement acquis. « Nous n’avons qu’une envie : c’est de partir » clament ces Français exilés dans leur propre pays.

Ces petits gens sont chassés par l’impéritie des politiques de droite comme de gauche qui aiment donner des leçons sur le « vivre-ensemble » depuis leurs beaux quartiers parisiens, sans qu’eux-mêmes n’aient mis les pieds dans des cités où ils hésiteraient à se promener sans gardes du corps ou voitures blindées. Il est vrai qu’ils risqueraient fort de se faire cracher dessus ou encore de se faire traités de « fils de p… », pour évoquer des incidents récents arrivés à certains hommes politiques…

Quand l’insécurité n’était pas encore un problème dans leurs quartiers, ces petits ouvriers ou artisans placèrent toutes leurs économies dans l’achat d’une maison ouvrière ou d’un petit appartement, et ils étaient fiers de leurs acquisitions, aussi modestes fussent-elles.

Mais maintenant, ils doivent faire leurs valises, en gardant seulement les dettes et les yeux pour pleurer dessus. Au moins, ils n’auront plus la peur au ventre.

Or la justice, au lieu de s’opposer à ce véritable drame d’une émigration forcée à l’intérieur de nos propres frontières, cherche plutôt à culpabiliser ces « petits blancs » dont la fuite suspecte s’expliquerait, à ses yeux paranoïaques, par l’existence d’un sentiment innommable qui justifierait précisément, par une inversion totale des valeurs, leur condamnation à l’exil.

Libération des violeurs, condamnation des vieilles dames…

Un événement judiciaire illustre cette obsession de la justice à pourchasser sans modération ce sentiment innommable, bien qu’elle aurait sans doute mieux à faire en évitant de relâcher des violeurs dans la nature, par exemple… En effet, une dame tout à fait inoffensive était prête à signer un compromis de vente et finalement a refusé car l’acquéreur ne lui convenait pas, ce qui est le droit absolu d’un propriétaire, à savoir de vendre ce qu’il lui plaît à qui lui plaît. Va-t-on traîner devant les tribunaux un propriétaire homosexuel qui souhaiterait vendre son bien à un autre homosexuel, nullement par haine des hétéros mais par simple désir de voir son bien repris par une personne avec lequel il partage de nombreux points communs ?

Or l’agence immobilière et l’acheteur potentiel ont attaquée la dame en première instance pour le fameux délit dont on n’ose pas prononcer le nom de crainte de le prononcer de travers et d’être embarqué dans la charrette révolutionnaire. Le tribunal a condamné la dame à signer le compromis.

C’est donc bien une obligation de vente, c’est-à-dire une expropriation légale et ouverte. Il s’est trouvé des magistrats pour la prononcer en vertu des lois votées par les politiques. Est-ce l’idéologie politiquement correcte qui a inspiré les magistrats, est-ce la crainte d’être embarqués eux aussi dans la charrette ?

Quand l’expropriation devient appropriation

L’affaire ne s’arrête pas là : en appel, la dame avait tout lieu d’être confiante, car il existe des juges plus sérieux et plus compétents qu’en première instance. Les juges, pensait-elle sans doute naïvement, lui aurait proposé une solution à l’amiable pour une histoire somme toute secondaire qui n’a pas causé, à notre connaissance, mort d’homme, bris de verre cassé, effusion de sperme ou de sang. Une solution du bon sens aurait été, par exemple, d’imposer à la dame une déclaration publique (voire des excuses) comme quoi elle n’avait jamais voulu blesser l’acheteur potentiel dans sa dignité humaine, mais qu’elle avait juste souhaité vendre son bien à quelqu’un dont elle partage les valeurs, les goûts, les aspirations. Or croyez-vous que la justice ait cherché à apaiser les tensions entre la dame et son acheteur potentiel très remonté ?

Que nenni ! Alors que la justice ferait mieux de s’occuper des violeurs en série qu’elle relâche – vraiment il faut que ça se sache – dans la nature, elle condamna la dame pour le fameux délit à une amende de 45 000 euros, soit quasiment le prix de son bien !

Moralité de l’histoire : en voulait vendre son appartement, elle a perdu à la fois son bien et le produit de la vente de son bien. En voulant exercer son droit de propriétaire, elle a tout perdu, et il ne lui reste même pas la moitié du produit de la vente. L’expropriation est devenue appropriation pure et simple. Si cela ne s’appelle pas un vol organisé par l’Etat, qu’est-ce que c’est ?

C.Martel