Un préjugé tenace stipule que
lhostilité à lencontre dune culture, religion ou groupe de personnes
étrangères proviendrait de la seule ignorance et du manque de connaissances portant sur
ces religions, cultures, etc. Lignorance créerait la peur, avant que la peur ne
débouche sur lhostilité. Bien que cette idée savère justifiée dans
certains cas, nous pourrions affirmer exactement le contraire : ce serait
linconnu qui véhiculerait nos désirs, nos fantasmes et notre envie de dépassement
dune réalité jugée trop terne et conventionnelle. Dans la psychologie des
peuples, létranger cristallise aussi bien les craintes quil ne personnifie
lhorizon nouveau et vierge de péchés. Le mythe du "bon sauvage"
développé par Montaigne dans Des cannibales répond à ce principe, tout comme la
croyance en des polynésiens supposés doux et pacifiques par nature, depuis les fameux
voyages du capitaine Cook en 1769.
Dune certaine manière,
lIslam bénéficie de ce préjugé favorable à cause de son exotisme. Bien que le
christianisme soit une religion objectivement plus moderne sur la question de la femme, de
la tolérance ou de la séparation entre le religieux et lEtat, lIslam est
souvent préféré pour son étrangeté même, et lattachement viscéral des
musulmans pour leur identité islamique, au lieu dinquiéter sur un possible
conditionnement des esprits, séduit de plus en plus doccidentaux en quête de sens,
tout en répondant à ce désir moderne de voyages initiatiques et dhorizons
lointains.
La réalité
islamique
Aussi une
incroyable amnésie collective frappe les élites occidentales, à lendroit
dun Islam perçu comme foncièrement tolérant. Linvasion arabe refoulée de
justesse à Poitiers en 732 par Charles Martel, les razzias mauresques en Provence pour se
fournir en esclaves chrétiens durant le Moyen-Age, le siège de Vienne par les turcs en
1683, le génocide des arméniens orthodoxes en 1915, tous ces épisodes particulièrement
sanglants devraient nous rappeler quune longue hostilité nous sépara foncièrement
du monde islamique, alors que nos intellectuels naïfs semblent vouloir censurer ce lourd
contentieux de lHistoire pour sextasier devant le seul horizon de leur
illusion, cette illusion dun Islam pacifique par nature.
Bien sûr, la civilisation islamique
ne se réduit pas à toutes ces horreurs, et beaucoup dautres civilisations
commirent des crimes similaires, même au nom de principes à-priori louables comme la
démocratie ou les Droits de lhomme. Mais la réalité est têtue,
indiscutable et incontournable : à lexception notable de lIndonésie
pacifiquement convertie par des marchands musulmans dès le XVième siècle,
lIslam sest répandue en Arabie, Syrie, Anatolie, Europe balkanique,
Palestine, Egypte, Maghreb, Afrique, Espagne, Mésopotamie, Perse, Asie Centrale, Inde et
dautres contrées encore, par la force brutale des armes, par des conflits sanglants
et meurtriers, par une vaste et violente entreprise de colonisation islamique qui ne
semble déranger, curieusement, aucun de nos intellectuels politiquement correct.
Car une malhonnêteté
intellectuelle éhontée consiste à nier la réalité dogmatique de la guerre sainte chez
les musulmans. Toutes les conquêtes islamiques, meurtres collectifs contre les
incroyants, asservissements à lesclavage des infidèles, attentats contre les
mécréants trouvent leur fondement théorique dans le jihad, vibrant appel à une guerre
impitoyable que prononça Mahomet. Si les croisés chrétiens montrèrent de
lintolérance à légard des juifs et musulmans après la prise de Jérusalem
avec Godefroi de Bouillon en 1099, ce fut en contredisant lappel pacifique du
Christ : « Celui qui combat par lépée, celui-là périra par
lépée » (Mathieu XXVI, 52). A aucun moment dans les Evangiles, en effet, le
Christ ne justifie le recours à la violence. Par contre, quand un terroriste assassine
des milliers dinnocents en se faisant sauter par une bombe, il ne fait
quappliquer à la lettre un commandement de Mahomet : « Tuez-les partout
où vous les trouverez
Sils vous combattent, tuez-les : cest la
récompense de ceux qui sont incroyants » (s.2, v.187).
Laveuglement, pourtant,
continue à exercer ses ravages chez nos concitoyens. Parmi eux se trouvent des
intellectuels, des journalistes ou encore des prêtres catholiques.
Chez les intellectuels
Au siècle des Lumières, un fort
courant anticlérical traversa les élites intellectuelles. Dans son Traité sur la
Tolérance, Voltaire stigmatisa le christianisme jusquà lui préférer ses
religions rivales. Dailleurs plus déistes quathées, certains adversaires
déclarés de la foi chrétienne crurent trouver dans lIslam une religion
susceptible de conforter leurs attentes rationalistes. Sa transcendance plus visible, son
absence de clergé ou de miracles retinrent favorablement leur attention. Bien entendu,
seule leur partialité et leur ignorance expliquent cet engouement pour une religion
étrangère, car à aucun moment ils ne semblent avoir pris connaissance des vices
intrinsèques à lIslam, ainsi sa grande intolérance à légard des
infidèles, son appel à la guerre sainte ou encore son sexisme récurent. Jamais ils ne
paraissent avoir ouvert le Coran, ni avoir lu ce verset coranique : « Ceux qui ne
croient pas à nos signes, nous les brûlerons dans le feu » (s.4, v.59).
Mais à notre époque moderne où
les progrès de linformation nous affranchissent de toutes les ignorances, le
préjugé favorable dont bénéficie lIslam dans les milieux intellectuels est moins
excusable. Ainsi, même lors dune affaire aussi grave que celle de Rushdie, des
intellectuels prirent position contre lauteur des "Versets Sataniques",
bien que dernier fut contraint de se cacher pour échapper à une condamnation à mort
prononcée par les mollahs iraniens. Des injures fusèrent contre lécrivain
dorigine indienne, accusé « de dénaturer lIslam » voire de
raconter des mensonges.
Différentes raisons expliquent la
perméabilité des intellectuels occidentaux à lIslam. Tout dabord, il existe
« une collusion évidente entre les intellectuels marxistes et les sympathisants de
lIslam » (Ibn Warraq,"Pourquoi je ne suis pas musulman").
Anti-occidentaux et anti-capitalistes par définition, nombre dintellectuels
marxistes trouvèrent dans le colonialisme européen la bête immonde à abattre, sans
nuance possible entre les pages glorieuses (le réseau des chemins de fer en Inde, la
scolarisation permise par les missionnaires, les campagnes de vaccination en Afrique) et
les pages sombres (les guerres coloniales, la traite des noirs). Dans lesprit
hystérique de beaucoup dintellectuels marxisants et tiers-mondistes, tout jugement
nuancé sur la colonisation relèverait dun fascisme grossier, dun racisme
refoulé, dun révisionnisme nazifiant
Et comme lIslam politique
figurait parmi les victimes de cette colonisation, après la conquête de lEgypte
sur les Mamelouks, la prise dAlger en 1830, le partage de lEmpire Ottoman à
lissue de la première guerre mondiale, il paraissait naturel dépouser la
cause politique, culturelle et religieuse de ses victimes supposées.
Après la création de lEtat
dIsraël en 1948, des raisons encore plus sombres expliquèrent le mouvement de
sympathie en faveur du monde arabo-musulman : lantisémitisme de nombreux
intellectuels communistes accusant les juifs capitalistes dexploiter les masses
laborieuses
Car à force de haïr cet Occident accusé dexploiter un
Tiers-Monde forcément meilleur que son bourreau, les intellectuels marxisants nouèrent
toutes les alliances idéologiques possibles avec ses ennemis les plus extrémistes,
quitte à soutenir un Islam politique fortement compromis avec le nazisme durant la
seconde guerre mondiale, comme latteste la poignée de main historique entre Hitler
et le grand mufti de Jérusalem Husseini en novembre 1941.
Mais davantage encore, une raison
plus insidieuse et plus fondamentale, liée à la culture intrinsèque de lOccident
post-chrétien, explique cette fascination pour létranger en général, et pour
lIslam en particulier. En effet, toute la morale chrétienne est fondée sur la
reconnaissance de la faute, sur ladmission des péchées, bref sur la notion de culpabilité.
Et le seul moyen de se racheter aux yeux de Dieu consiste à rejeter cette faute, à faire
son mea-culpa. Certes lOccident sest sécularisé depuis longtemps, mais ce
fondement important de la morale chrétienne continue à influencer les esprits, sous une
forme plus laïque naturellement.
Or cette morale culpabilisatrice,
élément constitutif de la mentalité occidentale post-chrétienne, explique pourquoi
lOccident a toujours pris pour habitude de se remettre en question, de douter de ses
valeurs, de critiquer sa propre conduite envers le reste du monde. Lorsque cette morale
demeure conforme aux exigences de la sagesse, cela crée le progrès, le refus du
conservatisme, lécoute des idées différentes, lamélioration continue vers
davantage de bien-être. Mais quand cette morale devient excessive,
lauto-flagellation des esprits conduit à la haine de soi, à lamour
inconditionnelle de lautre, à lencensement de tout ce qui est étranger sans
esprit critique. Or depuis que la barbarie nazie sert de repoussoir à la fierté
occidentale, cette morale déferle sur nos élites intellectuelles, même imprégnées des
meilleurs intentions au monde. Et cest ainsi que « la haine de soi des
intellectuels occidentaux [
], leur auto-humiliation est surprenante. Ils critiquent
lOccident en des termes qui, adressés à lIslam, auraient été condamnés et
considérés comme racistes, impérialistes, colonialistes » (Ibn Warraq,
"Pourquoi je ne suis pas musulman"). LOccident étant mauvais par
définition, ses « crimes du passé » sont censés lattester,
lintérêt se porte vers dautres cultures, dautres philosophies,
dautres religions. Et lIslam fait partie de ces religions louées pour leur
seule altérité.
Ces différentes raisons expliquent
le capital de sympathie des intellectuels pour lIslam. Mais au lieu de susciter un
renouveau fructueux de la recherche en littérature islamique, ce capital de sympathie
devient censure, règne du politiquement correct, inquisition médiatique. Toute personne
dénonçant lIslam est considérée avec suspicion, laccusation facile de
racisme revenant irrémédiablement. Plus grave encore, nos éditeurs publient volontiers
des essais favorables à lIslam, mais recule devant toute critique de la religion de
Mahomet. Ainsi Ibn Warraq témoigne : « Pour le fondamentaliste islamique, nul
na le droit de changer de religion. Un apostat doit être tué. Cela explique les
précautions que je dois prendre au quotidien, et les difficultés que jai eues à
faire publier mes travaux. Si très vite jai pu intéresser un éditeur pour le
marché anglo-saxon, une quarantaine de maisons en France ont, demblée, refusé mon
livre
»
Dans les médias
Avant lélectrochoc du
11 septembre 2001, la plupart des médias journaux ou télévisuels adoptaient une
attitude de grande complaisance envers lIslam. Très mal informés sur le Coran et
sur la vie de Mahomet, les journalistes ne retenaient que le rayonnement indiscutable de
la civilisation arabo-musulmane au Xième siècle pour encenser lIslam.
En réalité une analyse approfondie de lHistoire montre que ce rayonnement culturel
sest effectuée en dépit de lIslam, et non grâce à
lIslam. Par prendre un exemple parmi tant dautres, le Coran interdit
explicitement toute représentation dhomme ou danimaux, ce qui nempêcha
pas la création de belles enluminures arabes représentant des aspects de la vie de
Mahomet. Par conséquent lart et la science islamique se sont développés parallèlement
au dogme religieux, mais en aucune façon la doctrine islamique ne fut à lorigine
de la création artistique et intellectuelle du monde arabe sous les abbassides.
Mais nos journalistes ne voient
guère cette nuance, et dans leur analyse à courte vue ils confondent civilisation
islamique et religion musulmane. Des poncifs dune incroyable naïveté emplissent
leurs commentaires, ainsi la supposée tolérance de lIslam. Là encore, ils ne
semblent guère avoir lu les nombreux passages du Coran où Mahomet appelle au
meurtre : « La sédition est plus grave que le fait de tuer » (s.2,
v.214).
De nombreux commentateurs, à la
suite dattentats islamistes particulièrement odieux, affirment sans rire que ces
crimes ne « correspondent pas au vrai visage de lIslam », que
lIslam « est une religion de paix », que les terroristes ne sont que des
« fanatiques qui trahissent leur propre religion ». Et pourtant ces fanatiques
semblent mieux lire le Coran que ces gens sortant des meilleurs écoles de journalisme,
car le Coran appelle clairement à la guerre sainte, et le Coran affirme clairement que
les mécréants sont des impurs. Or quel journaliste oserait dire, devant les horreurs des
camps dextermination nazis, que les chambres à gaz « ne correspondent pas au
vrai visage du nazisme », que le « nazisme est une philosophie
pacifique », que les bourreaux nazis ne sont que des « fanatiques qui
trahissent leurs propres valeurs » ? Les appels au meurtre ne sont pas plus
nombreuses dans Mein Kampf que dans le Coran, et si Hitler avait eu la chance de mourir
dans le désert au VIIième siècle, peut-être quil aurait pu
bénéficier dautant déloges des adeptes du tiers-mondisme militant.
A la suite du 11 septembre
cependant, un timide lueur despoir traversa nos écrans. Bousculant le carcan
oppressant du politiquement correct, quelques journalistes osèrent aborder,
quoiquen des termes très voilés, la question même de lIslam et du Coran. Et
un commentateur, ô sacrilège, présenta même lexcellent ouvrage de Ibn Warraq,
"Pourquoi je ne suis pas musulman", sur une chaîne à une heure de grande
écoute.
Hélas, après la vague légitime de
protestation qui a secoué le monde après le 11 septembre, le politiquement correct
reconquiert progressivement du terrain perdu, et une nouvelle censure islamophile menace
de bâillonner les journalistes courageux et éclairés.
Ainsi dans le Monde Diplomatique,
une page entière fut consacrée à la dénonciation violente de lislamophobie,
cette nouvelle bête immonde qui ressemblerait tant à lantisémitisme des années
30
Sauf que lantisémitisme des années 30 portaient sur des personnes,
tandis que lislamophobie en question ne vise à dénoncer que des idées, en
loccurrence les croyances islamiques. Et depuis quand la critique des idées
relèverait dun fascisme latent ? Décidément, les idéaux éclairés de la
Révolution Française semblent sêtre éloignés de notre doux pays
Mais les admirateurs de lIslam
se retrouvent dans les endroits les plus inattendus. En particulier lEglise
Catholique constitue un vivier dislamophiles des plus intéressants.
Au sein de léglise
catholique :
Aux premiers siècles de notre ère,
les premiers chrétiens se distinguaient par le refus courageux daccorder à lempereur romain une
quelconque divinité. En effet, alors que tous les habitants de lempire étaient
contraints de rendre un culte à leur souverain, les premiers chrétiens tinrent bon
devant cette obligation contraire à leur foi, ce qui causa leur cruelle persécution et
précipita la condamnation à mort de milliers dinnocents. Mais deux mille ans plus
tard, où sont donc passés ces vertus exceptionnelles de résistance morale et
intellectuelle ? Car devant un Islam appelant au meurtre et à la haine, donc aussi
incompatible avec leur foi que la divinisation de lempereur, les chrétiens
daujourdhui capitulent volontiers, sans honte ni regret. A chaque fois
quon les interroge sur cette incroyable faiblesse face à la propagation de
lIslam, les bons catholiques pratiquants souvent âgés et mal informés
renouvellent leur « amour envers leurs frères, y compris musulmans ». En soi,
cette volonté damour et de concorde en dépit de lappartenance religieuse les
honorent pleinement. Mais pourquoi cet intérêt légitime pour les musulmans en tant
quêtres humains se transforme-t-il en aveuglement envers lIslam en tant que
système de croyances ? Pourquoi ce sentiment louable débouche-t-il sur
lacceptation aveugle de leur foi ? Pourquoi considèrent-ils la conversion des
musulmans à la foi catholique comme un crime qui « ne respecterait pas
leur identité »? Cette absence de prosélytisme devenu honteux ne contredit-il
pas le « multipliez-vous, soyez aussi nombreux que les étoiles du ciel » du
Christ ?
Sans doute les catholiques subissent
linfluence de leur hiérarchie, beaucoup plus permissive à la contagion islamique
que leurs ouailles. A loccasion de laffaire Rushdie par exemple, alors que cet
écrivain courageux était sous le couperet dune condamnation à mort, le cardinal
Mgr Decourtray, archevêque de Lyon et primat des Gaules, osa qualifier les Versets
Sataniques « dinsulte à la religion ». Personne na demandé à
cet homme très investi dans les grandes causes morales et humanistes de sexcuser,
ni de retirer des propos aussi inacceptables.
Plus généralement le concile de
Vatican II reconnaît à Mahomet une vérité sur Dieu, Jésus et les prophètes. Et
pourquoi pas Platon, Aristote, Confucius ou le dalaï-lama ? Nétaient-ils pas
aussi des sages, des hommes de meilleur volonté que Mahomet avec sa guerre sainte ?
Pourquoi lIslam bénéficierait dun préjugé favorable alors que sa haine de
linfidèle demeure en contradiction flagrante avec le message des Evangiles ? Parce
que les musulmans sont aux portes de lEurope ?
A aucun moment le pape Jean-Paul II
na appelé les musulmans à une lecture au second degré du Coran, ni à une
relativisation de leurs croyances. Pourtant, si son ambition absolument légitime
consistait à faire le bien chez les musulmans, son devoir moral consisterait à leur
enseigner la vérité, en dautres termes les erreurs et mensonges présents dans le
Coran.
Parallèlement, le peu
dempressement à convertir des musulmans dorigine vire à un véritable
scandale. Certes, un des grands acquis de Vatican II réside dans la volonté de
conversion par ladhésion, et non plus par la coercition. Mais au lieu de donner un
nouvel esprit de témoignage, lélan missionnaire des catholiques sessouffle
jusquà lépuisement. Plusieurs raisons expliquent ce triste constat, dont
lâge avancé des fidèles, lembourgeoisement ronfleur des jeunes catholiques,
le repli dune communauté prise à partie par la raillerie dune société
sécularisée. Toutefois un état desprit dauto-flagellation et de doute
honteux après les « erreurs de linquisition et des croisades » explique
cette absence denthousiasme pour la conversion des musulmans. Pour résumer
rapidement, lIslam se présente comme la religion de la victoire alors que le
Christianisme sarticule autour de la notion de la souffrance. Aussi les chrétiens
aiment se torturer lesprit « avec les fautes du passé », ils ne
protestent pas quand les insultes pleuvent contre eux, bien au contraire. Le pape
Jean-Paul II illustra cette culpabilisation collective en faisant acte de repentance à
laube du troisième millénaire, en mémoire « des erreurs de
lEglise ». Certes cette honnêteté nest pas sans courage, certes cet
acte de repentance honore linstitution papale, mais poussée à son paroxysme, cette
obsession masochiste risque dannihiler toute confiance dans la religion chrétienne,
et rendra dautant plus difficile la conversion des musulmans. Et certes,
lEglise Catholique tergiverse à propos de la conversion des musulmans.
Par exemple une fidèle de
léglise Saint Christophe de Javel à Paris nous a rapporté le cas dune
musulmane dorigine qui désirait recevoir le baptême. Alors que cette dernière
était majeure et donc absolument libre de son choix, le prêtre de la paroisse a attendu
plusieurs années avant de se décider, notamment en croyant utile de consulter la famille
pour vérifier « que cela ne les dérangeait pas ». Il aurait pu aussi
demander au mollah de la mosquée du coin si la conversion dune musulmane au
catholicisme « ne le dérangeait pas », ou encore aurait pu écrire au grand
mufti de Jérusalem « si cela ne le dérangeait pas ». On lui aurait sans
doute répondu que « à terme, cela dérangerait surtout lintéressée, vue qu
lapostasie est punie de mort en Islam
». La nouvelle baptisée, quant à
elle, sest sentie un peu humiliée et exclue par ce peu dempressement. Il en
est fallu de peu pour quelle retourne à son ancienne religion.
Mais pourquoi tant
dhésitation devant la conversion des musulmans ? Les prêtres catholiques
auraient-ils peur des très hypothétiques représailles ? Mais nest-ce pas une
chance pour eux pour mourir pour leur foi ? Ne vaut-il pas mieux subir les
persécutions du monde que de trahir lenseignement du Christ ?
Conclusion
La progression rapide et massive de
lIslam en Occident constitue un phénomène majeur de lHistoire du 20ième
siècle. Bénéficiant dun préjugé favorable du simple fait de son altérité,
lIslam se voit affublé de toutes les vertus par les médias ignorants et les
écrivains complaisants, telle cette fameuse "tolérance islamique" que réfute
pourtant une analyse objective du Coran. Certes une prise de conscience existe concernant
les attitudes liberticides de certains musulmans radicaux, mais rares sont les
intellectuels osant dénoncer les fondements même de cette religion barbare, fanatique,
violente et sexiste. Au contraire, les accusations les plus grotesques et les plus
mensongères fusent contre les réfractaires à la pensée unique islamophile, allant de
la suspicion de partialité à la dénonciation dun racisme outrancier.
Faut-il dautres attentats pour que les occidentaux
se réveillent de leur long aveuglement ? Hélas, rien nest moins sûr. En effet,
lappréciation rationnelle et objective de lIslam comporterait des risques
philosophiques et politiques considérables. Dune part, elle serait perçue comme
laffirmation renaissante dune supériorité occidentale que haïssent les
censeurs politiquement correct, ensuite, elle susciterait la vengeance des radicaux
musulmans prêts à semer des troubles au sein des grandes villes occidentales. Et pour
acheter la paix civile, nos institutions préfèrent étouffer toute voix discordante
plutôt que de réveiller la susceptibilité musulmane. Evidemment ce calcul est à courte
vue, car les musulmans radicaux en profitent pour renforcer leurs positions en Occident,
poids démographique aidant, avant dobéir à ce funeste commandement de
Mahomet : « [Dès qu] ils tournent le dos, saisissez-les et tuez-les partout
où vous les trouverez. » (s.4, v.91).
Djinn Al Nader |