
Le défi islamiste par Yvan Rioufol source : Le Figaro
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L'islamisme, encore (désolé !). Il prospère dans des banlieues et il est devenu impossible de le nier, même si nombre d'observateurs refusent de s'en inquiéter. Récemment, Le Monde a rendu public un rapport des renseignements généraux, s'alarmant du «repli communautaire» et du fondamentalisme dans certains quartiers sensibles. Ces phénomènes avaient été décrits, dès 1996, par Christian Jelen, dans l'indifférence du plus grand nombre. Mon regretté confrère écrivait : «Sous les septennats de François Mitterrand, le communautarisme est devenu l'idéologie à la mode, a fait reculer l'esprit républicain et a jeté les bases d'une société multiculturelle. (...) Ce sont les pouvoirs publics qui ont oeuvré contre nos traditions, contre nos principes, allant jusqu'à brader une valeur universelle, l'égalité des droits entre hommes et femmes. Ils se sont laissé gruger au point de permettre, sous couvert de liberté de conscience, la propagation à l'école d'une idéologie politique et totalitaire : l'intégrisme islamique.» Ce que l'on feint de découvrir actuellement existe depuis des lustres. Aujourd'hui, constatent les RG, les prêcheurs islamistes en sont à inculquer aux jeunes un racisme antifrançais et un rejet des valeurs occidentales, en attisant l'idée qu'ils sont «victimes de discrimination et de racisme». Les RG redoutent un phénomène de rupture. Ils ont raison de le craindre, car il a commencé sous nos yeux : l'antisémitisme apparu dans les cités aurait dû être compris depuis longtemps comme un premier signe appelant à la vigilance. Il annonçait ces autres intolérances. L'épreuve de force avec les islamistes ne fait que commencer. La rentrée en sera un des théâtres, puisque l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), composante majoritaire du Conseil français du culte musulman, a appelé les élèves, cette semaine, à ignorer la loi interdisant le port du voile à l'école. Cette attitude répondrait aux directives du Conseil européen de la fatwa qui recommande «aux musulmans de France d'exiger leurs droits légitimes et de s'opposer à cette loi injuste». La République sera «d'une fermeté absolue», a assuré François Fillon, hier. A voir. L'esprit de résistance «L'esprit de résistance», évoqué hier par Jacques Chirac. Il s'impose, notamment face aux intimidations contre ceux qui s'inquiètent de l'emprise intégriste. Non, ce n'est pas être islamophobe que de se dire contre le voile à l'école ; ce n'est pas être «d'extrême droite» ou «contre les arabo-musulmans» que de critiquer les versets sexistes et mortifères du Coran. Le meilleur service à rendre aux musulmans de France est de les aider à se protéger de la tentative de radicalisation de leur communauté, soutenue à gauche par nombre d'«idiots utiles». A relever, dans ce contexte, le peu d'écho qui aura été donné par les médias à l'affaire Chagnon et la place accordée en revanche à ceux qui l'auront accusé d'«incitation à la haine raciale». Louis Chagnon est ce professeur d'histoire qui a été poursuivi par le Mrap, la Ligue des droits de l'homme et des parents d'élèves pour avoir dit que Mahomet allait, à une période de sa vie, «se transformer en voleur et en assassin», vérité brutale mais indiscutable. Depuis, fort du soutien de très nombreux lecteurs, Chagnon a décidé de poursuivre ses accusateurs en diffamation. L'affaire a été fixée au 10 février 2005. Samedi, l'Agence France-Presse a choisi de donner la parole à l'un de ceux qui l'ont mis en cause et qui se trouve à son tour poursuivi par le professeur : Kamel Zmit, médecin anesthésiste, animateur d'un collectif de parents d'élèves. Expliquant avoir quitté l'Algérie pour échapper à la pression islamiste, il dit son désarroi d'être présenté comme un «agent de l'obscurantisme religieux islamiste» et assure :«Quand on s'appelle Kamel, on est aussitôt catalogué.» Commentaire de Kébir Jbil, du Mouvement des Maghrébins laïques de France, qui dénonce cette «démarche victimaire» et soutient Chagnon : «Ceux qui ont subi des pressions de la part d'islamistes algériens n'ont de cesse de dénoncer le type de censure dans laquelle s'est impliqué M. Zmit et il est hors de question pour eux de collaborer avec le MRAP, dont nous avons dénoncé à maintes reprises ses positions pro-islamistes.» Dans l'affaire Chagnon, ne pas se tromper de victime.... Yvan Rioufol |