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L'immigration, la cause première à l'islamisme ?

par Ange Gabriel

 

Pour une fois, les médias et les politiques sont unanimes : la pieuvre de l’islamisme diffuse lentement son venin dans notre pays, parmi ces hommes et ces femmes d’origine arabo-musulmane en quête de repères et en mal d’intégration. Le tapage médiatique entourant le voile islamique ne constitue que la partie visible de l’iceberg : à travers une simple question vestimentaire, c’est le véritable travail de sape des islamistes dans les banlieues qui est enfin dénoncé. Refus de vendre du porc dans les supermarchés, refus de la mixité dans les piscines publiques, refus des cours de gymnastique pour les jeunes filles, révisionnisme des cours d’Histoire ou de Biologie, toutes ces exigences indécentes illustrent le repli communautaire de milliers de musulmans conservateurs dont la tactique particulièrement intelligente consiste à renforcer leurs bases idéologiques en occupant lentement le terrain. Sans l’admettre ouvertement, notre pays est confronté à une invasion silencieuse, à une lente pénétration de l’idéologie islamiste qui n’a nullement besoin de « guerre sainte » pour s’affirmer, car le temps joue en sa faveur.

Une France musulmane en 2100 ?

En effet, les islamistes savent pertinemment que la communauté musulmane ne peut que se renforcer durant les décennies à venir. Une immigration importante issue du Maghreb conjuguée à une très forte natalité des femmes musulmanes accroît mathématiquement le nombre de musulmans en France. Chaque année, 150 000 à 200 000 musulmans renforcent la présence de l’Islam sur notre territoire. A l’horizon 2030, 13 millions de musulmans habiteront en France, soit 22% de la population nationale. Vu que la population française de souche chutera de manière vertigineuse à cause du faible taux de fécondité des femmes françaises autochtones, il n’est pas du tout impossible que les musulmans deviennent majoritaires en France bien avant 2100. A cette date, les islamistes pourront faire tomber leurs masques, ils pourront changer radicalement leur stratégie de subversion en abandonnant leur modération de façade pour exiger ouvertement l’instauration d’une république islamique en France.  

Le pari machiavélique des islamistes

Bien sûr, les musulmans sont avant tout des hommes et des femmes doués d’intelligence et de discernement, et beaucoup d’entre eux n’adhèreront nullement aux thèses islamistes du seul fait de leurs origines. Au contact de notre civilisation brillante et de notre culture démocratique, nombre de « musulmans sécularisés » refuseront le chantage pervers des islamistes, et beaucoup d’arabes laïcs rejoindront de bon cœur le camp de l’Occident contre la barbarie de l’Islam. Sur le plan historique, il existe d’ailleurs un précédent : au Vième siècle après Jésus-Christ, ce furent des immigrés germaniques (Goths et Wisigoths) qui défendirent la Gaule romaine et civilisée contre les envahisseurs barbares d’outre-Rhin. A cause de la décadence morale et intellectuelle de notre société occidentale travestie par un matérialisme outrancier, peut-être que des fils et des filles d’immigrés seront les derniers à brandir noblement le beau drapeau français dans la forteresse assiégée de notre pays, cette forteresse menacée de mort par l’étendard vert de l’Islam…

Mais la conversion admirable de ces musulmans de bonne volonté à nos valeurs nationales suffira-t-elle à écarter définitivement le spectre d’une invasion islamiste ? Hélas, il semble que les islamistes prennent le pari machiavélique que cette « perte » d’effectif restera toujours minoritaire face au renouvellement démographique des musulmans conservateurs. Et ce d’autant que, plus les musulmans conservateurs occuperont le terrain, plus il sera difficile à un jeune beur sécularisé de renier l’Islam. Déjà, dans les banlieues, les islamistes agressent les arabes laïcs et des jeunes filles sont contraintes de porter le voile pour échapper à la vindicte des imans locaux. Au cours d’un reportage télévisée, une famille de maghrébins laïcs se plaignit même en affirmant qu’« ils n’ont pas quitter l’Algérie pour retrouver des islamistes ici, en France ». Ainsi, contrairement à une idée reçue de la gauche immigrationiste, lutter contre l’immigration (des islamistes) permet justement de protéger davantage les immigrés (laïcs)…

Le pari naïf de nos élites

A l’inverse, nos élites entretiennent la secrète espérance qu’au contact de la société française, les immigrés musulmans finiront fatalement par s’intégrer, prélude à une assimilation totale et harmonieuse dans le corps national. Qu’il s’agisse des partis politiques (à l’exception notable du Front National), des Eglises et des médias de « référence », la même thèse optimiste est professée avec une certitude frisant l’angélisme : même si l’intégration apparaît lente et difficile, même si elle prend du temps, elle sera couronnée d’un plein succès, un jour. Cette thèse optimiste, que nous appellerons thèse « assimilante », rentre donc en contradiction totale avec la thèse « déstructurante » des islamistes qui estiment, au contraire, que plus ils seront nombreux, moins l’assimilation sera possible.  

Quel pari sera gagné ? Celui des islamistes ou celui des pro-immigrationistes qui nous gouvernent ? Hélas, il semble que nos élites ont tort et que les islamistes ont raison. 

La question centrale du facteur d’échelle

En effet, en matière d’intégration idéologique et culturelle, il semble qu’une loi statistique soit toujours respectée : l’intégration se fait toujours de la minorité vers la majorité. Or si demain les musulmans deviennent majoritaires dans une ville comme Strasbourg, alors ce seront les strasbourgeois « autochtones » minoritaires qui devront s’habituer au voile islamique dans les écoles, à l’interdiction d’alcool dans les supermarchés, etc. L’assimilation positive des immigrés, devenus proportionnellement trop nombreux pour adhérer spontanément à la culture du pays d’accueil, deviendra impossible du fait même de leur masse démographique. 

La notion de facteur d’échelle est donc centrale dans ce débat sur l’intégration : ce qui est vrai pour 10 000 immigrés est faux pour 1 million d’immigrés, ce qui est vrai pour moins de 1% de la population nationale est faux pour plus de 20%. Tant que l’immigration reste limitée et tant que les immigrés restent ultra-minoritaires dans notre pays, ces derniers ne peuvent que s’intégrer. Mais si, du fait d’une politique immigrationiste aveugle et irresponsable, la proportion des immigrés musulmans dépassent un certain seuil, alors ce sont les français de souche (et aussi les musulmans sécularisés) qui devront s’intégrer à la réalité incontournable de l’Islam. Et c’est justement ce que nous promet un avenir assombri par une politique immigrationiste orchestrée par nos élites insensées.  

Conclusion

Les islamistes n’ont nullement besoin de djihad ou de terrorisme pour s’imposer durablement dans notre pays. La patience est une vertu en Islam, et les islamistes savent trop bien exploiter la naïveté de leurs pays d’accueil en avançant lentement mais sûrement leurs pions sur l’échiquier politique et social. La société française, quant à elle, refuse toujours de voir les raisons objectives à la progression de l’islamisme : ces 30 ans d’immigration massive et incontrôlée dont les responsables s’appellent Chirac, Mitterrand et Giscard. Pour renverser la situation, il faudrait une prise de conscience radicale contre une immigration suicidaire pour notre civilisation occidentale. Bien sûr, il ne faut pas non plus tomber dans le piège de l’injustice, et bien faire la distinction entre les immigrés musulmans sincèrement respectueux de nos valeurs et les islamistes au double langage.

De toute façon, il faut rendre la vie dure aux islamistes pour qu’ils comprennent qu’ils doivent soit opter pour un Islam Réformé, soit s’en retourner là d’où ils n’auraient jamais dû partir, c’est-à-dire leur pays d’origine. La loi contre le port du voile islamique est un point positif dans ce sens, mais tous les autres pays européens devraient faire de même en épousant le principe de cette loi.

Parallèlement, nous devons prononcer un moratoire sur l’immigration, voire inverser les courants migratoires en établissant des partenariats avec les pays du Sud. Nous devons agir dès maintenant, car demain, il sera trop tard. Le seul moyen réside dans la sanction électorale des gouvernements actuels, et le maintien d’une pression politique forte contre la clique parlementaire censée représenter les attentes légitimes du peuple français. Malheureusement, la police du politiquement correct et l’inquisition anti-raciste empêchent encore cette prise de conscience salutaire. Pourtant un intellectuel aussi raisonnable et modéré que l'historien René Rémond nous met en garde : « L'irruption sur le territoire de la République de millions d'êtres humains d'origine étrangères qui s'installent sur le territoire et restent fidèles à leurs origines et à leurs coutumes nourrit une inquiétude qui n'est pas forcément de la xénophobie ou du racisme »…

Ange Gabriel