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Intégration ou désintégration ?

par Pierre Lance

source : les 4 vérités

Le 18 décembre vers 8 h 30, j'écoute l'émission de Jean-Claude Bourdin « Bourdin and Co » sur Radio Monte Carlo. Et j'entends cette phrase ahurissante prononcée par un invité : « La France est un pays du Maghreb ». Je me demande aussitôt quel est le forcené islamiste qui est en train de la prononcer. Quelques instants plus tard, je sais qui a parlé de la sorte. C'est Jean-Louis Borloo, Ministre de la Ville dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Certes, je n'ignore pas que M. Borloo est Colonel d'active dans les Gaffeurs à cheval, mais je crois que, ce jour-là, il a sauté par-dessus sa monture !

Non, M. Borloo, la France n'est pas et ne sera jamais un « pays du Maghreb » et ceux qui s'obstinent à vouloir intégrer de force à la nation française des Maghrébins dont beaucoup n'y tiennent pas, ne nous préparent que la guerre civile. Quant à la « discrimination positive », trouvaille démentielle de Nicolas Sarkozy, que Jacques Chirac a heureusement rejetée, elle aboutirait à défavoriser socialement les Français de souche, ce qui serait un comble.

Je n'ai personnellement aucune prévention contre quelque peuple que ce soit et, comme l'immense majorité des Français, je ne suis ni raciste ni xénophobe. Tout ce que je demande à un étranger accueilli dans le pays de mes pères, c'est qu'il respecte son identité, sa culture et ses lois. S'il trouve chez nous du travail et qu'il puisse y vivre honnêtement d'un revenu mérité, je consens à ce qu'il reste parmi nous aussi longtemps qu'il voudra et pourra, et qu'ensuite il puisse retourner dans sa propre patrie, comme je le ferais moi-même à sa place.

Si cet étranger fonde ici une famille et que ses enfants aient l'opportunité de devenir des citoyens français, il est nécessaire qu'ils en expriment, à l'âge de dix-huit ans, la volonté ferme et claire. Mais ils doivent s'engager du même coup à pleinement adopter la culture nationale, républicaine, démocratique et laïque et à renoncer, en dehors du cadre familial, à toutes les manifestations publiques de leur ancienne appartenance, qu'elles soient religieuses ou simplement vestimentaires. Un étranger ou fils d'étranger qui veut sincèrement devenir citoyen à part entière de notre pays doit faire en sorte que rien ne le distingue dans son comportement d'un autre Français (hormis, évidemment, ce qui tient à sa propre personnalité). L'intégration, c'est cela, et elle dépend essentiellement de la volonté individuelle de l'intéressé.

S'intégrer est un choix personnel. S'il s'y refuse, ce qui est son droit, il ne doit pas pouvoir acquérir la nationalité française et doit demeurer un résident étranger, respectable comme tel selon les lois universelles de l'hospitalité, mais sans pouvoir accéder aux droits sociaux et politiques des Français (en dehors des droits liés à l'exercice de sa profession, bien entendu.) Ces principes ont d'ailleurs été implicitement respectés au cours des âges, sans qu'il soit besoin de lois particulières, par des dizaines de milliers d'Italiens, d'Espagnols, de Portugais, de Polonais, de Russes, d'Arméniens, et aussi d'une certaine proportion de Maghrébins (notamment de Kabyles) qui se sont intégrés sans problèmes à notre nation. Ils ont gardé, bien sûr, dans leur intimité familiale, une affectueuse nostalgie du pays de leurs ancêtres, et nul ne saurait leur en faire grief. Mais ils ont tenu et ils tiennent loyalement, et parfois brillamment, leur place dans la communauté nationale.

Mais force est de constater que la communauté maghrébine pose un problème particulier quasi insoluble. Non seulement parce qu'elle est très nombreuse et qu'elle se multiplie à toute allure, mais aussi parce qu'elle est victime d'une religion archaïque totalement incompatible avec la civilisation occidentale. Elle est en outre touchée de plein fouet par le chômage endémique et sa jeunesse désorientée se laisse en grande partie glisser dans la délinquance. Du même coup, elle représente un gibier de choix pour l'islamisme intégriste, tout cela étant évidemment aggravé par le conflit palestinien et le contexte international. Il ne faut pas se voiler la face : il deviendra de plus en difficile, dans les années qui viennent, d'être à la fois Arabe et Français, a fortiori si l'on veut s'obstiner à être musulman dans le siècle même où les Français cessent d'être religieux. Si nos gouvernants s'imaginent qu'ils régleront cela par une pseudo-intégration massivement subventionnée, ils n'aboutiront qu'à désintégrer la France. Mais la France ne se laissera pas faire, ce qui nous promet des lendemains agités…

Pierre Lance