
L'Islam contre la Civilisation
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Le lecteur [de "Pourquoi je ne suis pas musulman"] fera la distinction entre théorie et pratique : la distinction entre ce que les musulmans devraient faire et ce qu'ils font en réalité, ce qu'ils devraient croire et faire par opposition à ce qu'ils croient et font réellement. Nous pourrions distinguer trois islams, que je numéroterais 1, 2, et 3. Prenez la poésie par exemple. Muhammad méprisait les poètes : "quant aux
poètes: ils sont suivis par ceux qui s'égarent" (sourate 26.224), et dans un
recueil de traditions appelé le Mishkat, Muhammad aurait dit "une panse remplie de
matière purulente vaut mieux qu'un ventre plein de poésie."
Les poètes eussent-ils adhéré à l'islam 1 et 2, nous n'aurions jamais connu
les textes d'Abu Nuwas qui chante les louanges du vin et les merveilleuses fesses
d'éphèbes, ou n'importe quel autre poème bachique pour lesquels la littérature arabe
est si justement renommée.
Ainsi, l'impulsion créative sous-jacente à l'art islamique, à la philosophie,
aux sciences, à la littérature arabes tire sa source à l'extérieur de l'islam 1 et 2,
du contact avec des civilisations plus anciennes pourvues d'un héritage plus riche.
L'Arabie était totalement dépourvue de tradition artistique, philosophique et
scientifique. Seule la poésie émerge du passé arabe et encore sa créativité continue
doit peu à l'inspiration spécifiquement islamique. Sans l'art byzantin ou sassanide, il
n'y aurait pas eu d'art islamique puisque l'islam 1 et 2 sont hostiles à son
développement. Pareillement, sans l'influence grecque il n'y aurait pas eu de philosophie
ou de sciences arabes car l'islam 1 et 2 étaient assurément mal disposés envers ces
"sciences étrangères". Pour les orthodoxes, la philosophie islamique est une
aberration et toute science positive n'est que futilité.
Dans ces domaines, les figures les plus marquantes, ou ceux qui ont joué un
rôle crucial dans leur développement, furent soit non musulmanes, soit réellement
hostiles à certaines, sinon toutes, croyances islamiques. Par exemple, Hunain ibn Ishaq
(809-873), le plus important traducteur de la philosophie grecque en arabe, était un
chrétien. Ibn al Muqaffa (mort en 757) était un manichéen qui écrivit une attaque
contre le Coran. Les cinq poètes les plus typiques de la période abbasside qui figurent
dans l'étude de Nicholson, Muti ibn Iyas, Abu Nuwas, Abu Al Atahiya, Al-Mutanabbi et
al-Ma'arri furent tous accusés ou suspectés d'hérésie ou de blasphème. Al- Razi, le
grand physicien du Moyen Age, alla même jusqu'à nier les prophéties de Muhammad.
Le sort des femmes, des non-musulmans, des incroyants, des hérétiques et des
esclaves (quel que soit leur sexe) fut effroyable. Les traitements barbares qu'ils
subirent sont la conséquence directe des principes spécifiés par le Coran et
développés par les juristes musulmans. La loi coranique est une construction de l'esprit
abstraite et totalitaire, destinée à régenter tous les aspects de la vie privée,
depuis la naissance jusqu'à la mort. Heureusement, la loi n'a pas toujours été
appliquée à la lettre, autrement la civilisation islamique n'aurait guère pu se
développer. En théorie, l'islam 1 et 2, le Coran et la loi coranique prohibent la
consommation d'alcool et l'homosexualité. En pratique, la civilisation islamique tolère
les deux. Cependant, la charria continue à régir les coutumes dans certains domaines de
la vie courante, par exemple la famille (mariage, divorce, etc.).
A l'inverse, la pratique islamique est parfois plus stricte que ce qui est requis
par la charria. Le Coran ne parle pas de la circoncision et la plupart des juristes, tout
au plus, ne font que la recommander. Mais, sans exception, tous les garçons sont
circoncis. Il en va de même pour l'excision qui est toujours scandaleusement pratiquée
dans nombre de pays musulmans.
Le Coran exige l'égalité de tous les musulmans adultes de Sexe masculin. La réalité est malheureusement fort différente, ainsi que les musulmans non arabes de sang l'ont expérimentée tout au long de l'islam. Ici l'islam 1 et 2 enseignent des principes moraux qui ne sont pas respectés par l'islam 3.
Ibn Warraq |