Le problème des nations peuplées de musulmans et de
non-musulmans
Létude comparative du statut légal des non-Musulmans - tel quil est conçu
dans les quatre écoles juridiques du sunnisme ainsi que dans la tradition chiite - montre
que le rejet du pouvoir politico-juridique des "Infidèles", de la part des
Musulmans, sinscrit dans une continuité historique (depuis la soumission des Juifs
dArabie en 638 jusquà nos jours). Il est issu de la plus pure tradition
islamique orthodoxe, toutes les tendances de lIslam étant unanimes sur ce point
depuis le onzième siècle, voire lépoque du Prophète lui-même.
Cest en fait dans lorthodoxie islamique elle-même que se trouve la source
idéologique des conflits de légitimité qui déchirent des nations peuplées de
Musulmans et de non-Musulmans. Quil sagisse du Liban, des Philippines, de la
Bosnie, du Cachemire ou du conflit indo-pakistanais, ce nest pas la "race"
qui oppose les deux parties, contrairement à ce quaffirment les diplomates et les
médias occidentaux, lorsquils parlent de "guerres ethniques" ou de
"purification ethnique". Il sagit au contraire de religion.
Du point de vue de la prospective stratégique, on peut se demander si cette grille de
lecture des événements conflictuels opposant Musulmans et non-Musulmans vivant sur un
même territoire peut sappliquer aux relations belliqueuses, actuelles ou futures,
impliquant les Européens et les islamistes (ou le monde musulman radicalisé à échelle
générale), lesquels sont désormais à la fois des ennemis extérieurs et des ennemis
intérieurs de lEurope, puisquils assimilent celle-ci à "lOccident
impie", un monde barbare (jahiliyya) à islamiser, à terme, de gré ou de force.
Cette méthode danalyse peut paraître accorder trop dimportance au rôle
mobilisateur et légitimateur de lIslam et du phénomène religieux en général. Il
faut en fait garder à lesprit que lislamisme "confessionnalisme" de
facto son adversaire non-musulman en le rangeant dans la catégorie des
"Infidèles", des "Occidentaux croisés" ou des "Païens".
La menace de l'Islam
Ceux qui ne voient dans lislamisme quune tendance politique de lislam
réduisent-ils ce dernier à un simple moyen daccéder au pouvoir. Or
lislamisme est une idéologie, non pas politique mais théocratique, qui considère
lappartenance religieuse ou confessionnelle comme les seuls critères de
lidentité et de laltérité. Laltérité confessionnelle est alors
synonyme dinimitié politique.
Les islamologues, aussi brillants soient-ils, se refusent en général à analyser
lIslam et lislamisme en termes de menace. Ils ont même plutôt tendance à
être fascinés par leur objet détude au point de se faire parfois les défenseurs
des positions les plus anti-occidentales de lIslam (François Burgat, Olivier
Carré), au nom dun "néo-tiers-mondisme" masqué derrière
"lantiracisme" et le refus de "lanti-islamisme primaire".
Dautre part, les spécialistes des questions de défense,
conscients quils sont de linfériorité militaire actuelle des Etats
islamistes ou pouvant le devenir, nont pas encore mesuré lampleur du péril
islamiste à moyen et long terme. Prisonniers des cadres danalyse de la Guerre
Froide, les stratèges occidentaux sous-estiment la portée et la capacité de nuisance
dune doctrine religieuse. Or une menace nest pas seulement militaire.
Enfin, les intellectuels européens ont du mal à considérer la
religion comme autre chose quune affaire privée. Aveuglés par leur
conception occidentale, sécularisée et moderne de la foi, ils se refusent à admettre
lentreprise de subversion idéologique et politique que mènent la plupart des
institutions officielles et clandestines islamiques installées en Europe.
Islam et islamisme
LIslam, et donc a fortiori lislamisme, est en réalité un système total
unissant les domaines spirituel et temporel. Aussi, loin dêtre hérétiques, les
islamistes puisent en grande partie leur corpus doctrinal dans lorthodoxie musulmane
la plus rigoriste (hanbalisme, pour ce qui est des Sunnites).
La frontière entre Islam orthodoxe et islamisme est donc difficile
à établir. La définition de lislamisme ne se limite donc pas, selon nous, aux
islamistes définis comme tels par les médias (Chiites khomeinystes, Frères-musulmans,
FIS, etc.). Elle englobe toutes les tendances de lIslam sunnite ayant conservé la
conception théocratique et conquérante de lIslam des origines.
La nature même de lIslam orthodoxe auquel se réfèrent les islamistes et les
institutions islamiques réputées "modérées" est en telle opposition avec les
valeurs de lEurope - quil sagisse de valeurs traditionnelles ou des
droits de lhomme - que la France et les autres Etats européens naccepteraient
pas la présence dun Islam prosélyte sur leur sol si ce dernier révélait son vrai
visage, intolérant et conquérant, immuable depuis le XIème siècle.
Il nexiste pas actuellement dIslam européen réellement
respectueux des valeurs auxquelles se réfèrent les pays daccueil.
Les nombreuses études dans ce domaine ont toutes clairement démontré que lislam
européen est entièrement contrôlé par des Etats musulmans ou associations musulmanes
adhérant à un Islam orthodoxe, lequel na jamais connu ni réformes ni conciles. La
principale duperie orchestrée par les Musulmans orthodoxes et les islamistes en Occident,
consiste à opposer systématiquement lintolérance des régimes musulmans orientaux
à un hypothétique "Islam modéré" européen qui nexiste que dans
lesprit de ceux qui veulent y croire.
Partout, en Orient ou en Afrique, la religion de Muhammad simpose par le sabre,
aucun mouvement réformiste musulman n'a les moyens de promouvoir cet "Islam laïque
et tolérant" dont il est tant question au sein des débats politiques occidentaux.
Force est de constater que le courant modéré et laïque de lIslam - assimilé par
les islamistes à une cinquième colonne idéologique occidentale - ne rencontre
pratiquement aucun écho au sein des masses musulmanes et que la mouvance islamiste
apparaît de plus en plus comme la seule option véritablement populaire,
anti-impérialiste et fidèle à lenseignement du Prophète.
Du point de vue géostratégique, la propension de nombreux intellectuels et observateurs
occidentaux à adopter une conception laïcisée et occidentale de lIslam revient à
nier les antagonismes idéologico-culturels et les divergences dintérêts qui
séparent nécessairement les civilisations et les nations entre elles.
Le statut des infidèles
Lhumanité est ainsi divisée en deux groupes, Musulmans et non-Musulmans. Les
premiers composent la communauté islamique, lOumma islamiyya, "la meilleure
communauté surgie pour les hommes" (Coran), détenant les territoires du "Dar
al-Islam" (demeure de lIslam), régis par la loi islamique. Mais nétant
pas limitée par le temps ou lespace, lOumma englobe également toute
communauté musulmane établie en terre infidèle qui conserve son identité islamique.
Les
non-Musulmans, quant à eux, sont des "harbiyyûn", habitants du "Dar
al-Harb", pays de la guerre, ainsi dénommés parce quils sont destinés à
passer sous la juridiction islamique, soit par la guerre (harb), soit par la conversion de
leurs habitants. Dès lors, il nest pas étonnant que lIslam interdise
formellement aux non-Musulmans doccuper des fonctions politico-administratives leur
donnant un droit dinjonction sur le Croyant, véritable injustice et manifestation
dimpiété de la part du Musulman qui accepte une telle domination, même si
lInfidèle est un indigène (Maronites du Liban; Coptes dEgypte; Hindous du
Cachemire, Chrétiens des Philippines, etc.).
Dans le Dar al-Islam, le non-Musulman est "toléré" sil est monothéiste
ou adepte dune religion abrahamique ("Gens du Livre", juifs, chrétiens,
Sabéens, Zoroastriens). Mais les "Gens du Livre" (Ahl al-Kitab) ne peuvent
être que soumis (= sagiroun, en arabe) à la loi islamique, la Sharià. Ils sont
contraints de payer un impôt (jiziya) leur permettant dêtre
"protégés", en vertu dun Pacte de soumission à la loi islamique. Ils
sont "protégés" mais non citoyens.
Entre
le Dar al-Islam et le Dar al-harb, il ne peut donc y avoir que des relations
dhostilité, car dans la théocratie islamique, toute altérité religieuse
nest appréhendée quen termes dinimitié politique. Dans sa vision
moniste du monde, lIslam orthodoxe enseigne que le monde non-musulman est
fondamentalement mauvais et un, face à lIslam : "al Kufru millatun
Wâhida" : "lIncroyance est une seule nation", enseigne la Tradition.
Le but de la théocratie dAllah est de sétendre à la totalité du monde. Il
faut convertir lAutre ou lasservir à ses lois politico-religieuses.
LAutre,
tant quil reste "autre", est inférieur et asservissable. On doit
obligatoirement lui faire la guerre ou le soumettre. La notion de paix (salam) est
totalement exclue et ne peut être concevable quaux termes dune conversion et
dune soumission à lIslam.
Toutefois, le Coran prévoit une exception à cette règle : la "demeure de
lIslam" peut contracter une trêve avec la "demeure de la guerre" si
la conjoncture politique limpose et si cette trêve permet aux Musulmans de prêcher
leur doctrine en territoire "infidèle" sans que soit exigé en contrepartie le
même droit de prédication non-musulmane à lintérieur du "Dar
al-Islam". Cette trêve est nommée "zone de conciliation" ("Dar
al-sulh"), momentanée, et est établie dans le seul intérêt du camp musulman, en
attendant quil ait les moyens de faire la guerre. Ceci nous permet de mettre en
évidence un autre aspect singulier de la conception islamiste de la guerre et du
prosélytisme : ladaptation au degré de force dont dispose
l"Infidèle". Si le propagandiste musulman nest pas en position de
force, comme cest le cas en Europe par exemple, le prosélytisme passe
essentiellement par la séduction, aux fins de laquelle le "mensonge pieux" et
la mauvaise foi sont permis (exemple : propagande islamique de lArabie-Séoudite en
France, tant au sein des Radios arabo-musulmanes que dans lédification de Mosquées
somptueuses). Il sagit bien là de ce que la Tradition islamique nomme le
"Ralliement les coeurs" ("talif al-Qulûb", notion très proche
des "idiots utiles" de Lénine), cest à dire le fait de sattirer
les grâces des Infidèles les plus naïfs et bienveillants afin de faire prospérer la
communauté islamique grâce à une totale liberté de culte.
L'Europe, "zone de conciliation"
Conjoncturelle et anormale, la "conciliation" est toujours susceptible
dêtre dénoncée unilatéralement par limam et elle est limitée à un
maximum de dix ans. "Larmistice nest permis que lorsquil en
résulte quelque avantage pour les Musulmans, explique An-Nawawi, jurisconsulte de
lécole shaféite; Par contre, il est parfaitement licite que le souverain, en
accordant larmistice, se réserve le droit de recommencer les hostilités, quand bon
lui semblera".
LEurope,
notamment à travers ses grandes métropoles à forte présence dimmigrés
musulmans, entre en fait dans cette catégorie de la "zone de la conciliation".
Conséquence moderne du "Dar al-sulh", la progression pacifique de lIslam
en Europe - via la présence de millions dimmigrés musulmans extra-communautaires
au nom desquels les Etats et les associations islamiques obtiennent la construction de
nombreuses mosquées, de centres islamiques, démissions radios et télévisées,
permettant la diffusion massive du prosélytisme musulman - ne sest jamais traduite,
en contrepartie, par loctroi de droits et libertés supplémentaires aux minorités
non-musulmanes vivant dans le "Dar al-Islam".
Au
nom des "Droits de lHomme" et de la liberté des minorités religieuses,
lOccident sécularisé et anti-théocratique encourage lexpansion sur son sol,
dune religion conquérante et théocratique dont les fondements doctrinaux sont en
totale opposition avec les principes démocratiques et laïques qui régissent nos
systèmes philosophico-politiques.
Une conciliation unilatérale
LUnion européenne accepte lunilatéralité que constitue le prosélytisme
islamique en terre infidèle, tandis quaucun pays musulman na jamais toléré
quelque liberté dexpression religieuse que ce soit sur son sol, sauf sous
leffet de la contrainte, pendant la période coloniale et sous lempire ottoman
(régime des Capitulations; Tanzimat). Rappelons tout de même que les deux Etats
musulmans réputés "modérés et tolérants", la Tunisie et la Turquie, ne
permettent aucun prosélytisme sur leur sol. Les soeurs dominicaines et les missionnaires
installés dans ces pays sont passibles dêtre immédiatement renvoyés en Europe au
cas où ils essaieraient de prêcher la foi chrétienne aux autochtones musulmans. Le seul
espace de liberté religieuse non-musulmane permis étant réservé aux Européens
installés dans le pays ou, en ce qui concerne la Tunisie et le Maroc, aux nationaux de
confession israélite, lesquels ont un statut à part puisque le judaïsme nest pas
prosélyte, donc moins dangereux pour les Musulmans.
La tolérance religieuse envers lIslam orthodoxe nest donc jamais réciproque,
et il faut bien garder à lesprit que le dialogue avec lIslam ne pourra jamais
être quune affaire de dupes, "tant que les Musulmans nauront pas
renoncé à une partie deux-mêmes", et quils resteront attachés à des
dogmes professant linfériorité absolue des non-Musulmans ainsi que le devoir, pour
tout Musulman, doeuvrer - par nimporte quel moyen - à lislamisation du
monde, conquête non seulement spirituelle mais surtout politico-idéologique et
territoriale. On a donc bien affaire, dans ce contexte dunilatéralité la plus
totale, à une forme de guerre psychologique dans laquelle cest celui qui cède le
plus, à savoir lEuropéen, qui est le plus faible et qui est vaincu ex ante.
Au-delà du terrorisme, la guerre qui est livrée par les islamistes est essentiellement
une guerre de conquête religieuse et politico-idéologique, via limmigration et le
prosélytisme.
Le refus de l'intégration ou de l'assimilation
La "Oumma" arabo-islamique, implantée en Europe, via limmigration, refuse
de plus en plus lintégration et toute forme dassimilation. Laffaire des
Foulards islamiques, lapplication, dans les restaurants publics et les boucheries
musulmanes, des règles alimentaires islamiques (viandes non porcines systématiquement
exigées dans les cantines scolaires et les restaurants universitaires, abattages
domestiques et rituels violant les lois en vigueur), ou encore les revendications
dautonomie territoriale des Musulmans anglais, annoncent cette réalité croissante.
Elle constitue, dès lors quelle se reconnaît comme telle, un espace géopolitique,
juridique et spirituel séparé, dont la propension à la rébellion est proportionnelle
à son degré de conservation - ou de réappropriation - des valeurs islamiques
orthodoxes. Car, tant en 1986 quen 1995, ce sont bien des beurs (Fouad Ali Saleh,
Khaled Kelkal), quont utilisé les islamistes iraniens et algériens pour perpétrer
des vagues dattentats terroristes en France.
L'Europe menacée par l'Islam
Lislamisation de lEurope, à travers limmigration et la subversion
islamiste, constitue donc un facteur de déstabilisation et une menace géo-stratégique
extrêmement grave, peut être même fatale pour lEurope si les nations du
Vieux-Continent frappées par la dénatalité et la "Culture de mort", pour
reprendre la formule du Pape Jean-Paul II, ne réagissent pas dans les plus brefs délais.
Ce processus dislamisation progresse actuellement essentiellement par des moyens
pacifiques, financiers, culturels, légaux (reconnaissance officielle des institutions
islamiques).
Mais
lhistoire est commandée avant tout par la démographie et lEurope pourrait un
jour, malgré sa supériorité techno-militaire, se retrouver dans une situation similaire
à celle du Cachemire, du Liban et de la République turque de Chypre du Nord, où les
Musulmans, établis dans ces pays longtemps après les autochtones, ont fini par devenir
majoritaires grâce au dynamisme démographique. LEurope peut donc sattendre
à connaître en son sein, à moyen et long terme, de graves problèmes de tentatives de
sécessions territoriales.
LIslam face à lEurope chrétienne
Les relations entre Islam et Christianisme sont caractérisées par une réelle discorde
théologique et des tensions socio-politiques qui, à la différence de la confrontation
judéo-musulmane, nont jamais réellement connu daccalmie depuis le VIIème
siècle. Et lattitude bienveillante, parfois même islamophile, de certains
prêtres, fidèles ou évêques catholiques depuis le Concile Vatican II, semble être
dépourvue de toute réciprocité.
Pour
les Musulmans, les Chrétiens détiennent, à l'instar des Juifs, une partie de la
révélation abrahamique et Jésus est tout comme les autres prophètes et Mahomet, un
envoyé de Dieu. Mais les Chrétiens sont accusés, comme les Juifs, davoir
falsifié (harrafa) les Ecritures saintes qui avaient annoncé la venue de Mahomet. Plus
grave encore, les Nazaréens ont commis lerreur impardonnable de diviniser le Christ
qui est certes un envoyé mais demeure un homme, à linstar de Mahomet lui-même.
La doctrine essentielle de lIslam peut donc se résumer par lexpression :
"Dieu (seul) est grand" (Allah Akbar). Elle est contenue dans la fameuse
"profession de foi" musulmane (la "Shahada") : "il ny a de
Dieu que Dieu et Mahomet est son envoyé" ("La ilaha illallah wa Muhammad
rasul allah"). A ce dogme ultra-monothéiste, essence même de lIslam, appelé
"Tawhid", (unicité absolue de Dieu), correspond celui de lunicité finale
et islamique de la société humaine. Doù la nécessité absolue pour les Musulmans
orthodoxes et les islamistes, dislamiser la planète.
A la différence du Judaïsme, qui se transmet par le sang de la mère - selon la Loi
juive ou Halakha -, "lhérésie" chrétienne est dautant plus
dangereuse aux yeux des Musulmans quelle a pour vocation dévangéliser
lhumanité. En dehors du "Dar al-islam", les Chrétiens sont considérés
comme des ennemis dangereux de lIslam, toujours prêts à venir agresser ou
endoctriner les Fidèles dAllah sur leur territoires. Car les islamistes, et les
Musulmans en général, demeurent profondément marqués par les Croisades. Selon eux en
effet, malgré le déclin politique et religieux du Christianisme depuis le XIIIème
siècle, lEurope reste la base territoriale et politico-économique de
loffensive croisée dont les formes modernes sont la colonisation et
limpérialisme et dont le chef nest autre que le Pape Jean-Paul II.
Aussi le discours tiers-mondiste et anti-impérialiste moderne saccorde-t-il
parfaitement avec la géopolitique islamique la plus traditionnelle. La division coranique
du monde en deux zones hostiles na jamais eu autant de sens quau XXème
siècle et le monde chrétien (Occident), coupable davoir occupé le "Dar
al-islam" et davoir voulu désislamiser les sociétés musulmanes, est bel et
bien le "complice des Juifs", comme laffirme le Coran. Mais pire encore
aux yeux des Musulmans, ce monde chrétien tend de plus en plus à sapparenter au
monde païen, le monde de la barbarie et de lignorance, que les Musulmans nomment la
"Jahiliyya", période anti et anté-islamique qui précéda la venue de
lIslam en Arabie.
De lintrinsèque impureté de lInfidèle
Le Païen, lIncroyant, le Juif ou le Chrétien ne sont qu"impureté"
(Coran IX; 28 ; IX ; 113) et cest la raison pour laquelle le Musulman ne peut
entretenir aucune relation avec les Infidèles, ceux-ci ne pouvant être que
fondamentalement mauvais, impurs et ennemis. Aussi le Musulman peut-il épouser une Juive
ou une Chrétienne - linverse étant impossible alors quil lui est
formellement interdit de contracter un mariage avec une Polythéiste : "Ne donnez
point vos filles aux Idolâtres tant quils nauront pas cru. Un esclave croyant
vaut mieux quun incrédule libre, quand même il vous plairait davantage"
(II,220).
Cest
dailleurs cette impureté intrinsèque des non-Musulmans qui fonde
linterdiction par le Coran (IX,29) de leur présence sur le territoire sacré
(haram) de la Mecque, réservé aux seuls Musulmans. "Onze choses sont impures,
commente pour sa part lAyatollah Khomeiny, lurine, lexcrément, le
sperme, les ossements, le sang, le chien, le porc, lhomme et la femme non-musulmans,
le vin, la bière, la sueur du chameau mangeur dordures (...). Tout le corps
dun individu non-musulman est impur, même ses cheveux, ses poils, ses ongles, et
toutes les sécrétions de son corps".
Alexandre
Del Valle
Chercheur en Géopolitique à
lUniversité Paris VIII, auteur de "Lislamisme et les Etats-Unis, une
alliance contre lEurope", éditions lAge dHomme, collection Mobiles
géopolitiques, 1998. |