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Vous avez dit "islamistes français" ?

par Ange Gabriel

Les journalistes emploient souvent l’expression d’« islamistes français » pour désigner des islamistes de nationalité française qui se sont rendus tristement célèbres à cause de leurs implications terroristes. Qu’il s’agisse de Nasserdine Slimani complice des attentats de 1995 à Paris, de Djamel Loiseau retrouvé mort en Afghanistan, de Zacarias Moussaoui co-responsable des attentats du 11 septembre à New-York, ou encore d’Ibrahim Keïta et de Willy Brigitte connus pour s’être entraînés au djihad en forêt de Fontainebleau en 1998, cette expression est devenue de rigueur pour évoquer pudiquement cette longue liste d’authentiques criminels qui, bien que nés dans un pays étranger à leur culture d’origine, éprouvent une haine tenace contre l’Occident, ce même Occident qui les a accueillis, élevés, nourris, éduqués.

Ainsi cette association entre « islamistes » et « français » ne semble pas choquer outre mesure la sensibilité sémantique de ces journalistes, ni la noble idée qu’ils se font – s’ils ont en une – de l’identité française. Car peut-on réellement qualifier de français un individu habité par la haine de la France ? Peut-on qualifier de français un individu qui méprise ses compatriotes au point de les traiter de « dhimmis », de « face de craie » (ref : NTM), de « camembert » (insulte courante dans les banlieues), allant même jusqu’à les assassiner pour leur infidélité et leur différence ?

Bien sûr, tous les islamistes ne sont pas des poseurs de bombes, ni des pilotes-suicides en puissance. Pour éviter tout amalgame, nous écarterons la minorité des criminels pour nous concentrer uniquement sur ces centaines de milliers d’islamistes résidant en France qui, loin de cautionner évidemment les odieux actes terroristes, adhèrent à un double discours aussi inquiétant qu’ambigu. Ces islamistes-là, par leur intransigeance à propos du voile islamique, leur hostilité à la mixité dans les écoles et hôpitaux, leur refus de toute critique à l’égard de l’Islam, leur volonté de « révisionner » l’enseignement de l’Histoire, posent un réel problème d’identification quant à la vision qu’ils entretiennent de leur propre identité et des sentiments qu’ils éprouvent pour leurs compatriotes chrétiens et juifs. Peut-on réellement qualifier de français ces islamistes plus ou moins modérés qui posent ainsi de nouvelles frontières ségrégationnistes entre « eux » et « nous » ? Peut-on appeler français ces personnes de plus en plus nombreuses – immigration et démographie aidant – dont l’amour sincère pour la France reste encore à prouver ? Et plus généralement, qu’est-ce qu’être français ?

Qu’est-ce qu’être français ?

Plusieurs critères existent pour répondre à cette question fondamentale s’agissant de la cohésion nationale. Pour un grand nombre d’intellectuels issus de la gauche extrême, « être français » se réduit tout simplement à « être né en France ». Ni la culture, ni la maîtrise de la langue n’auraient une quelconque influence sur l’appartenance au peuple français. Dans ce cas, tout être humain serait un français en puissance, car un japonais né dans un avion en transit à l’aéroport de Roissy serait automatiquement français. En réalité ce critère ne sert pas vraiment à distinguer les français des autres nationalités, et en effaçant de fait la spécificité française, ces intellectuels ne reconnaissent qu’une seule identité admissible : celle de « citoyen du monde ». C’est une certaine vision des choses, mais cela ne répond pas à la question en disqualifiant d’office la question. Moins radicaux, beaucoup estiment qu’être français, c’est « être né en France, y avoir vécu depuis un certain temps et maîtriser la langue française ». C’est la vision officielle de nombreuses institutions médiatiques et politiques, dont le journal Le Monde, le Parti Socialiste, ou même l’UMP qui, sous l’impulsion du tiers-mondiste Jacques Chirac, a tendance à faire du suivisme idéologique de la gauche sur ce sujet hautement balisé par les censeurs politiquement correct.

Ces attitudes réductrices reviennent évidemment à nier l’apport déterminant de la Culture dans notre sentiment commun de partager une même histoire, un même avenir. Car que l’on veuille ou non, la France moderne est le résultat d’une longue maturation historique : née sur les décombres de la Gaule indépendante puis romaine, profondément pénétrée par le Christianisme, traversée par l’Humanisme, la France ne doit son nom et son prestige qu’au courage et à l’obstination de nos ancêtres qui ont bâti, pierre par pierre les fondements de notre brillante civilisation. Que serait notre démocratie sans la Révolution Française ? Et que serait la Révolution Française sans le siècle des Lumières ? Que serait notre idéal de justice pour les pauvres sans l’héritage doctrinal de la pensée chrétienne ? Que serait notre goût pour le progrès scientifique sans les penseurs de l’antiquité gréco-romaine ? Bien que la France ait bénéficié d’une multitude d’influences étrangères (germaniques, celtiques, phéniciennes,…), deux racines absolument incontournables se dégagent de l’histoire de notre pays : la racine gréco-romaine et la racine judéo-chrétienne. Nier ces deux racines, c’est renier son appartenance à une destinée commune inscrite dans notre propre culture.

Les islamistes ne peuvent pas être français

Or les islamistes se revendiquent-ils de ces deux racines capitales de notre histoire ? Se déclarent-ils les héritiers intellectuels des grecs et des romains, se sentent-ils des affinités avec le message généreux du Christianisme ? Citent-ils Aristote et Platon, se réfèrent-ils à Saint Paul et Saint Augustin ?

Par définition, les islamistes ne visent qu’un seul objectif : étendre la domination de l’Islam sur la planète entière, de gré ou de force : « Si tu n’arrives pas à les convaincre par la persuasion, convaincs-les par les armes » lit-on dans la neuvième sourate du Coran. Dans leur vision manichéenne du monde, ils opposent la « Terre d’Islam » à la « Terre de la guerre » laquelle s’identifie aux pays des infidèles. Ils rejettent les non-musulmans au statut infâmant de dhimmis, et bien que Mahomet soit infiniment moins cruel envers les « gens du Livre » que les athées et païens (ce qui ne l’empêcha pas d’exterminer tous les juifs de Médine à l’issue de la Bataille du Fossé en 627), « les juifs et les chrétiens et les païens brûleront dans le feu d’enfer à jamais. Ils sont les plus vils de toutes les créatures. » (s.98, v.51).

Bien entendu, les islamistes sont des gens intelligents : ils n’admettront jamais en public qu’il faille punir de mort les apostats, ils se garderont bien de révéler leur volonté d’introduire la charia en France. La duplicité et le double langage est une stratégie de subversion bien connue des musulmans fondamentalistes : elle figure parmi les conseils de Mahomet lui-même qui demande que « les croyants ne prennent pas pour patron les incroyants au lieu des croyants. Celui qui fait cela n’aura rien à attendre d’Allah, à moins que vous n’ayez d’eux quelque dangers » (s.3, v.27). L’islamologue suisse et fondamentaliste dissimulé Tariq Ramadan illustre à merveille cette hypocrisie et ce machiavélisme typique de l’Islam politique.

Dans ces conditions, peut-on vraiment croire sans rire que les islamistes adhèrent à nos références antiques et chrétiennes ? Peut-on vraiment dire sans honte qu’ils éprouvent le moindre respect pour nos valeurs fondamentales, d’essences à la fois païenne, juive et chrétienne ? Assez de mensonges et de naïveté. Dans leur désir d’instaurer un califat en France, les islamistes déclarent eux-mêmes la guerre à notre pays, à nos valeurs et à notre culture. Même les « islamistes modérés » (si ce terme pouvait avoir un sens) se rangent délibérément dans le camp de l’opposition aux valeurs françaises : par leur vision inégalitaire de la femme, par leur vision insultante du juif, par leur vision négative de l’infidèle, ils rejettent massivement l’idée que nous nous faisons de la France.

Par conséquent, qu’ils soient d’origine étrangère ou française, qu’ils s’appellent Mahomet ou Jean-Michel, qu’ils soient blonds ou basanés, les islamistes ne peuvent nullement être qualifiés de français. Ce serait un non-sens intellectuel Ces islamistes sont des étrangers, dans le sens strict du terme. Bien entendu, cela ne veut nullement dire qu’il ne faille pas les respecter en tant qu’êtres humains : tout étranger, qu’il soit japonais, brésilien, esquimau, indien, a droit à la dignité humaine. La France sera toujours heureuse d’accueillir des touristes étrangers au château de Versailles ou à Notre Dame de Paris. Mais en tant qu’étrangers, les islamistes n’ont pas à dicter notre conduite, ils n’ont pas à insulter nos femmes parce qu’elles ne portent pas le voile islamique, ils n’ont pas à se plaindre parce qu’ils trouvent du porc dans les cantines scolaires : les gens bien élevés mangent ce qu’on leur donne, et tant pis s’ils ne sont pas contents. Ils doivent respecter nos coutumes sans tenter d’imposer les leurs, ils doivent avoir le savoir-vivre de faire comme tout le monde sans revendiquer « un droit à la différence » qu’ils n’appliquent même pas dans leur propre pays d’origine.

Aux islamistes, voilà donc ce qu’il faut leur répondre droit dans les yeux : « Messieurs les islamistes, veuillez avoir la bonté de ne plus nous prendre pour des imbéciles en abusant du qualificatif de « français ». Vous êtres ici chez nous et pas chez vous. Soit vous changez d’attitude en optant pour un Islam réformé, soit vous rentrez chez vous dans votre pays d’origine. Merci de votre compréhension. »

 Ange Gabriel