Deux événements dune portée
incalculable marqueront durablement notre passage dans le troisième millénaire : la
chute pacifique du mur de Berlin en 1989 dune part, lanéantissement criminel
des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001 dautre part. Dans le premier
cas, une construction totalitaire et obscurantiste sécroula au bénéfice dun
rêve de liberté et dunité politique, dans le second, le phare dun Occident
appelant au rêve et au dépassement individuel se brisa dans une clameur tragique de
gémissements et de larmes. Mur opaque démembré par une foule enthousiaste dun
côté, rutilant gratte-ciel anéanti par la haine dune poignée de terroristes de
lautre, ces deux constructions sopposent par leur forme, leur fonction et leur
fin.
Un seul point commun les
réunit toutefois : toutes deux en Occident, elles semblent contenir un grave
avertissement pour lavenir de notre propre Civilisation, la vôtre autant que la
mienne, pourtant la plus brillante que le Monde nait jamais portée jusquà
maintenant. Selon que ce siècle soit pavé de malheurs, déchiré par les guerres, ou au
contraire remplie de promesses démancipation et de paix, cet avertissement diffère
cruellement, et seules les générations futures le percevront avec acuité. Aussi,
laquelle de ces deux dates contradictoires sera définitivement retenue par les historiens
à venir pour fixer le commencement historique du XXIième siècle ?
Devons-nous nous armer doptimisme en pariant sur 1989, ou se résoudre au pessimisme
en croyant mathématique le commencement du XXIième siècle en 2001 ?
Hélas, il semble bien que ces deux
dates fatidiques se complètent sans se contredire. En effet, la chute du mur de Berlin
signa la fin dun XXième siècle marqué par les deux plus graves guerres
civiles européennes de lHistoire : la seconde guerre mondiale dont les
atrocités dépassèrent lhorreur des tranchées de 1916. Lunité européenne,
pour la première fois depuis que des Hommes arpentent ce continent découpé par les
montagnes et les mers, est devenu possible grâce à cette masse souriante de berlinois et
de berlinoises armés de pioches qui démolirent joyeusement ce monstre dinosaurien de
béton et de fer. Fruit dune révolution pacifique dans les esprits, soyez assurés
que cette unité européenne nous préservera durablement contre le retour dun
fléau que redoutèrent justement ses Pères fondateurs Schuman et Adenauer : la
perspective dune guerre fratricide entre Etats européens. Mais croyez-vous vraiment
que la guerre sera définitivement rangée aux oubliettes de lHistoire sur notre
continent ? Au contraire, cette idée naïve nest-elle pas contredite par
lautre événement majeur de ce tournant du millénaire, car si la vingtième
siècle sacheva avec la chute du mur de Berlin, le vingt-et-unième na-t-il
pas commencé avec lattentat apocalyptique du 11 septembre ?
Le 11 septembre 2001,
lOccident fut pour la première fois agressé dans la profondeur de sa chair par une
attaque dont lorigine se situe en dehors delle-même. Cette agression
diffère fondamentalement de lattaque nippone contre la Russie en 1905 par
exemple : à lépoque, il sagissait dune querelle entre Etats modernes
pour maintien dune zone dinfluence précise dans la mer dOkhotsk. Le 11
septembre, bien au contraire, sinscrit dans une logique démoniaque de guerre
totale entre deux philosophies du Monde : le fanatisme islamiste cherchant à
exterminer son ennemi de naissance, la modernité occidentale.
Le 11 septembre 2001, le monde
occidental fut frappé en plein cur par les créations de son propre génie, des
avions dont la finalité même consiste à dépasser les frontières géographiques, à
saffranchir des distances, à rapprocher les peuples. Comment le symbole
architectural du rêve humain, une tour majestueuse dont la cime se confond avec les
nuages immaculés, a-t-elle pu être anéanti par le symbole technologique de
lémancipation physique, lavion dont le périple journalier nous permet de
rencontrer dautres peuples et dautres cultures ? Comment cet outil de
liberté et déchanges a-t-il pu servir la cause effroyable de la guerre et de la
haine ?
Oui, avec lattentat du 11
septembre, ce rêve naïf de liberté inconditionnel propre à lOccident se retourna
comme autant de flèches meurtrières frappant son insouciance. Car à force de tout
relativiser, dadmettre toutes les différences comme égales sur le plan moral,
lOccident forgea lépée de ses propres ennemis. En renonçant à la croyance
en le Progrès, en sémerveillant béatement devant les autres cultures par simple
souci dexotisme alors que ces mêmes cultures bafouent objectivement le droit des
femmes, en stigmatisant systématiquement sa culpabilité congénitale à cause de son
passé colonial, lOccident entretient délibérément la confusion dans son système
de valeurs, lOccident disqualifie tout amour raisonné de soi, lOccident
dégoûte ses enfants des notions capitales du Progrès et de la Civilisation. Peut-on
ensuite reprocher aux jeunes beurs de banlieue, déçus par ce manque de confiance
occidentale, de se tourner vers la religion authentique de leurs ancêtres ? Peut-on
reprocher aux jeunes immigrés guinéens, convaincus depuis la maternelle par leurs
professeurs trotskistes que les occidentaux ont toujours été dignobles racistes,
de mépriser un Occident coupable de tous les crimes ? Croyez-vous quen
piétinant avec dédain le travail de nos ancêtres, quen injuriant lhéritage
de nos aïeux, quen sapant les bases morales de notre société, nous contribuons à
cette confiance positive dans lavenir qui, seule, pourra réconcilier
lOccident avec son propre génie ?
Oui, lOccident forgea
lépée de ses propres ennemis. Et plus malin quaucun autre système de
valeurs, lIslam radical se nourrit de cette acceptation aveugle de la différence,
elle rentre dans lOccident par la grande porte, parfois avec tous les honneurs en
abusant sans vergogne du droit dasile, négocie la construction de mosquées, étend
son emprise délétère sur des jeunes sans repères. Que croyez-vous que ces
générations de professeurs anticléricaux nous aurait légué, sinon ce vide spirituel,
cette pauvreté absolue de sens dont souffre cruellement notre société ? Que
croyez-vous que ces générations dintellectuels marxisants nous auraient préparé,
sinon la progression fulgurante dun Islam dont le seul mérite consiste à
développer un discours clair et cohérent, ce même discours susceptible de répondre au
désarroi spirituel dune société délibérément détachée de ses références
chrétiennes ? En ces temps dhédonisme et dindividualisme triomphants,
et ces temps de relativisme moral et de
consumérisme facile, lIslam ne remplit quun besoin de sens, un vide moral que
lOccident aura creusé pour en faire sa tombe.
Ce vide, il nest pas
seulement moral, il est aussi démographique. Certes les Cassandres politiques se sont
toujours trompés, mais il existe une science exacte dès quil sagit de
présager lavenir, la science de la population. Or que nous apprennent les
projections démographiques ?
Du fait du refus de lEurope
à enfanter, la population européenne décroît à une vitesse vertigineuse. Le taux de
fécondité de lUnion Européenne sest écroulé à 1,4 enfants par femme en
1996, loin dessous le seuil nécessaire au renouvellement des générations, et ce taux
continue à baisser à une cadence infernale. Les experts démographiques estiment que
dici en 2050, la population européenne se sera réduite dentre 13 et 25%(1),
ce qui est énorme. Plus de 40% de la surface actuellement cultivée deviendra inutile,
ramenant le paysage rural à ce quil ressemblait au VIIième siècle. En
1900, lEurope contribuait à hauteur de 25% à la population mondiale, puis ce ratio
fut divisé par deux, soit 13% de la population mondiale, aux environs 2000, il sera de
nouveau divisé par deux, soit 7%, en 2050
A cette date, lAfrique sera trois
fois plus peuplée, fatalement des dizaines de millions dimmigrés viendront trouver
du travail dans cette immense coquille à la fois vide et riche qui sappelle
lEurope. Comment notre continent pourrait-il résister à ce déferlement migratoire
qui changera définitivement le visage de lEurope ? Même si elle élevait des
barrières infranchissables, lEurope péricliterait socialement et économiquement
à cause de son surplus de vieux. Croyez-vous que nous pourrions rester dans la course des
nations, avec plus de mourants dans les maisons de retraite que de jeunes débordants de
projets ?
Limmigration massive du Sud
sera donc une fatalité, que lon veuille ou non. Mais cette immigration, par son
caractère infiniment plus massif et radical, ne pourra nullement enrichir notre société
de ses atouts comparatifs par une sorte de fécondation réciproque, au contraire, elle
sassimilera au remplacement pur et simple dune population décrépie et
décadente par une autre plus dynamique et plus saine. Dans ces conditions, comment
la culture occidentale pourra-t-elle subsister ? Par lassimilation des nouveaux
arrivants ? Mais croyez que ce qui demeure
possible pour quelques milliers dimmigrés le soit pour plusieurs dizaines de
millions ?
Pour quil y ait assimilation
ou intégration positive en effet, il faut que les nouveaux arrivants soient minoritaires
par rapport à la population daccueil. Lassimilation se fait toujours de la
minorité vers la majorité : si la population autochtone savère minoritaire
devant la population immigrée, cest la population autochtone qui devra
sintégrer à la population immigrée, et non linverse
Car mettez-vous un peu à la place
de ces millions dimmigrés dont la bonne foi le disputera à létonnement
: croyez-vous quils garderont en estime ces autochtones qui auront précipité leur
propre perte par leur refus denfanter, croyez-vous quils écouteront ces
autochtones fantômes qui auront depuis longtemps disparus des villes et des
campagnes ? Comment pourront-ils résister à lenvie de recréer leur anciens modes
de vie, leurs anciennes coutumes, ainsi que leurs anciennes valeurs dans cet univers
complètement vide ? Et cest nous qui devrons nous habituer au port du voile dans
les écoles, cest nous qui devrons financer la construction des mosquées à travers
le financement public, cest nous qui devrons nous abstenir dacheter de
lalcool dans les grandes surfaces pour éviter de « choquer la majorité
musulmane », cest nous qui devrons nous satisfaire de lenseignement
obligatoire du Coran en primaire, en attendant pire évidemment.
Oh bien sûr, beaucoup
dintellectuels de gauche se moquent complètement de la disparition calculée de la
civilisation occidentale au profit dune autre, islamique en loccurrence. Dans
les rares cas où ces penseurs immigrationistes demeurent de bonne foi, ils croient
sincèrement que les immigrés musulmans, comme déjà beaucoup dentre eux à
lheure où je vous parle, adhéreront avec enthousiasme à lidée occidentale,
ils croient sincèrement que ces fils et filles dimmigrés brandiront joyeusement
notre drapeau tricolore contre létendard obscurantiste de lIslam. Mes amis,
je vous le déclare du fond du cur, je suis intimement persuadé quil existera
de moins en moins de Rachid Kaci, pour citer ce fils dimmigré dont la parfaite
assimilation morale et intellectuelle devrait faire rougir de honte les éditorialistes
francophobes du journal Le Monde, dans lavenir. Bien sûr, une partie non
négligeable des immigrés choisiront notre camp, pas celui de la dangereuse révolution
anarcho-socialiste dont rêvent les associations haineuses et démagogues tels SOS-Racisme
ou le Mrap, mais celui de la foi dans le Progrès, celui de la défense dune
Civilisation qui aura conquis la Lune et daté lUnivers, celui dun amour
lucide et rationnel de ce beau nom qui sappelle lOccident. Bien plus, ils
seront les derniers défenseurs de notre cause menacée par cette nouvelle invasion
barbare venue du Sud, tel lEmpire Romain dont les derniers empereurs furent
germaniques, numides ou celtiques, ils seront les derniers légionnaires dun Ancien
Monde rattrapé par son Histoire, tels ces centurions roux ou basanés qui repoussèrent
de la pointe de leur glaive les antiques avancées barbares. Mais la majorité,
entendez-vous, la majorité des immigrés musulmans préfèreront recréer ex-nihilo leurs
anciens modes de vie dans nos villes et nos banlieues, refusant dembrasser la cause
dun continent décadent quils regarderont avec dédain et mépris
Sans
parler des islamistes qui, non contents doccuper le terrain par leurs diatribes de
plus en plus haineuses et de moins en moins dissimulées, harcèleront jusquà la
mort les derniers Brutus qui oseront dire non à limpérialisme rampant de
lIslam.
A qui la faute ? Des seuls
immigrés, comme fait mine de le croire un certain Jean Marie Le Pen ? De
lIslam dont un des piliers consiste précisément au djhad contre les infidèles, à
la guerre sainte contre ces chrétiens qui « brûleront
dans le feu de lenfer à jamais » car
« ils sont les plus vils de toutes les créatures » comme
laffirme explicitement la sourate 98, verset 51 du Coran ?
Non, je vous le déclare dans le
blanc des yeux, la faute est toute entière dans le camp de lOccident. Depuis trop
longtemps nous avons perdu la foi dans lavenir, depuis trop longtemps nous avons
renoncé à porter la Lumière des Nations, depuis trop longtemps nous avons renié les
bases morales et intellectuelles du génie européen. Influencé par la propagande
tiers-mondiste qui confond la lutte légitime pour la liberté et la lutte haineuse contre
un Occident accusé de toutes les forfaitures, abusé par le marxisme et le souvenir du
nazisme dont nous avons oublié quil était consubstantiellement socialiste, nous
sommes devenus convaincus que lamour de soi rimait avec un odieux racisme, nous
sommes devenus convaincus que la confiance dans nos valeurs sassimilait à un
méchant ethnocentrisme, nous sommes devenus convaincu que la jouissance hédoniste du
seul temps présent pouvait nous préserver des sombres perspectives de lavenir.
Et
trompés par nos intellectuels défaitistes ou nos politiques menteurs, nous appuyons
lentement sur cette gâchette qui traduira notre fin ultime, cette gâchette que les
médias et le monde intellectuel présentent à notre doigt consentant.
Le suicide de lOccident est donc
une réalité. Suicide démographique, en refusant de mettre au monde la vie humaine.
Suicide par ses valeurs, en relativisant toutes croyances pourvu quelles sentent bon
lexotisme. Et ce suicide, cet écroulement voulu et titanesque dun monde
dressé sur lAtlantique, causera un raz-de-marée deffroi parmi tous les
peuples de la Terre, sidérés quune civilisation aussi brillante ait pu se
détruire delle-même.
Mes
amis, il est encore temps de réagir. LOccident vas devoir se réveiller. Non, nous
devons lutter contre le règne du défaitisme et du politiquement correct. Non, nous
devons lutter sur le champ de bataille des idées pour que la vérité et la justice
puissent enfin triompher. Non, nous devons brandir létendard de la foi et de la
vertu contre les tentations diaboliques du renoncement et de labattement. Dans ce
sens, le 11 septembre 2001 est un terrible avertissement pour lavenir, une
étincelle de lumière comparée à lincendie que nous réserve le futur, si nous
baissons les bras. LOccident vas devoir enfin se réveiller. Car sil ne se
réveille pas, lOccident aura le sentiment désagréable de se réveiller parmi les
flammes de lenfer.
Ange Gabriel
Références :
1. Histoire de lEconomie
Européenne, François Crouzet, Editions Albin Michel, p.421. |