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Lettre à Claude Imbert

par Jean-Pierre Jérémie

Monsieur,

Ainsi vous êtes « islamophobe » ! La bien-pensance auto-proclamée anti-raciste l’a décrété. Monsieur, nous sommes alors quelques-uns à souffrir de cette maladie. Oui, comme d’autres sont agoraphobes ou arachnophobes, on est is-la-mo-phobe ! Curieux travers de ces curieux arbitres des élégances politiques, qui consiste à « médicaliser » ceux qui ne pensent pas comme eux ou, pour mieux dire, ceux qui ne sont ni aveugles ni complices...

N’étant pas lecteur du Point, c’est par d’autres médias que j’ai appris que cette horrible maladie vous frappait, vous aussi.

Je sais aussi que sur un certain site Internet circule déjà une pétition demandant votre renvoi du Haut conseil de la laïcité. C’est donc que l’on vous craint, et je suis heureux de la solidarité que vous manifestent vos collègues du Haut conseil. Citoyen français, profondément attaché aux valeurs qui font l’honneur et la réputation de notre République, c’est en tant que Français « d’en bas » (drôle d’expression, tout de même) que je vous dis: Ne vous laissez pas faire. Résistez !

Comme s’il n’y avait pas un racisme bien réel, bien sournois, dans ce nouvel avatar du relativisme culturel que représente cette tolérance à l’islamisme : c’est « leur » culture. Oui, c’est « leur » culture comme l’excision, la lapidation, l’amputation des voleurs sont « leur » culture. Quelle dérision, et quel terrible danger moral et politique. Des « grandes gueules », parmi « le peuple le plus spirituel de la Terre », comme nous aimions nous appeler, nous Français, justifient la bêtise et l’arriération au nom du « respect des différences ».

Originaire des Antilles, je sais trop comment ce pseudo-respect consiste principalement en un béat sentiment de supériorité. Tout comme on disait : le Breton est têtu, l’Auvergnat vend du charbon, le Noir a le rythme dans la peau (le Normand, lui, boit du calva, nous dit Queneau, mais avec autrement d’humour !) ces beaux messieurs de la gauche-libertaire invitent les Français à dire : les Arabes sont fanatiques, point final, donc « Respect ! ».

C’est à cela que revient en effet, sans peut-être qu’ils y aient pris garde, leur propension à assimiler sans autre forme de procès tout maghrébin vivant en France à un musulman. Bien qu’une telle assimilation soit contraire aux principes mêmes qu’ils disent chérir (égalité des droits, liberté individuelle, esprit critique, rationalité, laïcité en un mot), elle les amène pourtant, en effet, à promouvoir, y compris ès graves, vespérales et « référentielles » colonnes du Monde, les plus fanatiques spécimens du peuple des « Soumis ».

Leur but proclamé, à tous ces Saint Jean Bouche d’Or, serait l’intégration des dites populations que paradoxalement ils stigmatisent en les désignant comme nécessairement d’une confession donnée et les livrent en otages aux fanatiques qu’ils hébergent dans leurs colonnes, colloques, cercles et autres forums sociaux européens.  

Mais la démocratie peut-elle intégrer sans danger ce qui est sa négation même : l’Islam ?

Mais par votre protestation, vous proclamez à l’encontre de ces vrais racistes, que, sur notre terre, tout être humain est capable de connaître et d’apprécier les bienfaits  de la démocratie, de la pensée libre, pour peu qu’on ne le laisse pas aux mains des tyrans : voyez l’Afrique du Sud débarrassée de l’apartheid, l’Amérique latine sans les régimes militaires, l’Europe centrale sans le fascisme rouge.

Or le projet de ces « intellectuels musulmans » (choyés par certains médias et cercles intellectuels irresponsables victimes d’une vision de l’Islam  romanesque et surtout tragiquement ignorante) est bien, après avoir fait main basse sur lesdites « populations musulmanes », de s’en servir comme point d’appui démographique, politique, mais aussi territorial (les fameuses « banlieues de l’Islam ») pour islamiser la démocratie.

A quant une devise nationale « Liberté, Egalité, Fraternité, Soumission » ?

Nous savons bien que le débat actuel n’est pas sur le nombre de centimètres carrés de peau ou de chevelure cachés ou montrés dans le cadre scolaire par quelques adolescentes en quête de leur personnalité. Nous savons bien que ces adolescentes sont manipulées par les fascistes verts. Nous savons bien qu’ils n’est pas bon de nous dire les égaux de ceux qui veulent nous soumettre, de préférence en versant notre sang, et qu’il est faux et dangereux de nous en dire les frères.

Au premier plan : Tarik Ramadan, citoyen suisse par entrisme et machiavel islamiste par conviction. A quel titre, d’ailleurs ce « Suisse », non membre de l’U.E., intervient-il dans le débat français ? En tant que musulman, dira-t-il, et ces messieurs les « antiracistes » en peau de lapin, ces hussards verts, fossoyeurs de la République, d’opiner, attendris : ah  mais bien sûr, ah mais parfaitement, rien n’est plus juste.

Derrière Ramadan, ses sbires de l’UOIF-Frères musulmans, puis au balcon : ses thuriféraires, membres souvent, hélas, d’une gauche qui n’est plus la mienne, parmi lesquels l’ineffable, le roucoulant Ternisien, journaliste au Monde, dangereux naïf ou névrosé vindicatif, lui seul le sait. Toujours est-il que dans tous ses articles consacrés au « théologien musulman », ce journaliste, donc, nous débite ad nauseam la même dichotomie, navrante de manichéisme bêtifiant : d’un côté la « vindicte laïcarde » dont serait poursuivi son héros, de l’autre l’« admiration éperdue » qu’éprouveraient pour l’impétrant les « jeunes filles musulmanes », groupies enamourées parmi lesquelles, tout de même, il est à souhaiter que notre Ternisien ne se range pas !

Le débat c’est la place dans l’Europe démocratique, pluraliste, de l’islam : une religion ou, plutôt, un système intellectuel globalisant, totalitaire, sclérosé et sclérosant, on le voit depuis  au moins 7 siècles, tout de même !

Effarante philosophie que celle-là, fondée sur non seulement l’inégalité des hommes entre eux et devant Dieu, mais aussi l’esprit de vengeance, la haine, la fureur destructrice et une méfiance paranoïaque envers l’être humain. Un système en un mot qui s’appelle d’ailleurs, non pas « Amour » ni « Sagesse » ni même « Liberté, Egalité, Fraternité » ou « Ordre et Progrès », mais « Soumission ». Soumission ! Par ce mot, tout est dit sur la nature du Dieu ainsi imposé à l’adoration des foules.

Je pense à ces mots de Renan, qui disait à peu près que les musulmans étaient les premières victimes de l’Islam, ajoutant que leur fanatisme venait en réalité d’un petit nombre qui maintenaient les autres par la terreur dans la soumission à la pratique de cette religion. Sous cet aspect, il faut bien avouer hélas que notre époque a introduit une nouveauté. Il s’agit de la jobardise d’une partie de nos élites (de Françoise Gaspard dans les années 1980 au Monde actuellement), lesquelles au nom de la tolérance laissent les dits fanatiques venir persécuter jusque sur notre sol les « musulmans », d’ailleurs fort peu pratiquants, qui y vivent.

Elites qui en outre se laissent intimider par le chantage à « l’islamophobie », concept imbécile et prétentiard qu’elles ont elles-mêmes forgé, sans doute pour, en vraies Arsinoés de l’antiracisme et de l’anticolonialisme, mieux battre leur coulpe sur la poitrine de Marianne, qui mérite de toutes attentions.

D’ailleurs Renan disait aussi : le meilleur service à rendre au musulman est de le délivrer de sa religion. De fait, dans mon quartier, je côtoie des personnes, de divers milieux sociaux, originaires du Maghreb qui me font part de leur soulagement d’être en France, ayant fui également, me disent-elles, « la religion ».

Et puis, l’athée que je suis se dit qu’à tout prendre, s’il fallait choisir une religion, « il n’y a pas photo » entre Mahomet d’une part, qualifié de « beau modèle » sans doute par goût du paradoxe, mais vrai fou sanguinaire qui prônait l’assassinat des adversaires, jaloux des juifs, des chrétiens et des femmes, et d’autre part Jésus, qui en « doux dingue » peut-être, soit, prêchait tout simplement l’amour, et qui a défendu à Pierre de tirer l’épée même pour le défendre…

Un exemple : Mahomet jaloux des femmes ? A l’inverse du rival vindicatif et haineux des Juifs et des Chrétiens, on évoque très rarement le Mahomet « conjugal ». Dommage, car un « psy » y trouverait, sans conteste, son miel, comme me le font penser les réflexions de simple bon sens qui suivent.

Voilà un homme qui, à 25 ans, n’est pas marié : à cette époque, compte tenu notamment de l’espérance de vie, c’est tardif. Est-il laid, contrefait, repoussant ? Est-il moralement, psychologiquement taré ? La possibilité d’un Mahomet persona non grata dans la confrérie des gendres possibles n’est bien entendu pas certaine : elle n’est pas non plus impossible. Elle permettrait de mieux comprendre le comportement sexuellement répugnant qu’il eut après son premier mariage, son nouveau statut de « prophète » établi lui permettant manifestement tous les excès, toutes les revanches.

N’importe : notre homme épouse en premières noces Khadidja, une veuve à la fois plus âgée et plus riche que lui. Celle-ci subvient donc à ses besoins. Bien plus : fort maternellement, elle le soutient et l’encourage, de façon décisive, lorsqu’il a ses premières visions et qu’il doute de leur caractère « divin », se « croyant » fou, et alors qu’il est l’objet de moqueries. De sorte que, sans Khadidja, l’Islam, n’est-ce pas, aurait-il seulement existé ? Bien entendu, du point de vue qui est le nôtre, le comportement de Khadidja est hautement regrettable. Cependant, il ne pouvait l’être du point de vue de Mahomet.

Or, que fait cet individu, Khadidja morte ? Au mépris de la leçon même qu’il eût dû tirer de son propre vécu, ce drôle de paroissien décrète l’infériorité des femmes et leur incapacité juridique, ainsi que leur corvéabilité sexuelle à merci : parmi ses épouses, tout de même, une enfant de 9 ans et la femme de son fils adoptif, viol d’enfant et inceste. Ah oui, vraiment, le « beau modèle »…

Quel lien y a-t-il entre ces deux époques de la vie de Mahomet, sinon le ressentiment  et la rage nés de la conscience de sa propre bassesse? N’est-ce pas sidérant ? Une telle ingratitude envers les femmes est si sordide, si irrationnelle et si criminelle à la fois que  je ne m’étonne qu’à moitié que le sujet ne soit guère abordé.

Oserai-je une facétie ? Le Prophète fait penser à un personnage de théâtre, à ce   Monsieur Perrichon créé par Eugène Labiche, qui, au cours d’une villégiature dans les Alpes, nourrit petit à petit une solide rancoeur contre le jeune homme qui l’a sauvé d’une crevasse à la Mer de Glace, et ce du fait même de ce sauvetage. Drôle de corps, n’est-ce pas ? On en peut dire autant de notre héros : dame, c’est que dans le milieu et à l’époque brutalement virils où évoluait Mahomet, tant devoir à une femme, c’était se taper la honte absolue.

Les fanatiques musulmans, qui n’ont à la bouche que le mot d’ « humiliation » pour motiver leur haine de l’Occident, ont sans doute trouvé là, dès l’origine de leur religion, un « beau modèle »... d’humiliation. Humiliation d’ailleurs plus ressentie, par un esprit mesquin, que réellement infligée mais qu’à la suite de Mahomet ils font payer cher aux femmes.

Cher Monsieur Imbert, je vous dis encore bravo pour votre cran. Résistez, résistez toujours !

Jean-Pierre Jérémie