
Théo Van Gogh, première victime de l'anti-islamophobie ? par C.R.
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Lorsque d’épouvantables crimes racistes ou homophobes défrayent la chronique, toutes les associations de défense des Droits de l’Homme établissent volontiers un lien de cause à effet entre le climat de haine entretenue contre telle ou telle communauté et les agressions dont les membres de cette même communauté s’avèrent victimes. A leurs yeux, ce serait les injures trop longtemps impunies, les discours haineux trop longtemps tolérés, les diffamations trop longtemps acceptées qui faciliteraient le passage à l’acte homophobe ou raciste. En fait ce débat pose la question de la liberté d’expression dans une société mature et démocratique. Où s’arrête le droit de penser librement, où commence le nécessaire respect des hommes et femmes porteurs de différence ? Même si ces associations vont parfois trop loin dans un « nouvel ordre moral politiquement correct » abusant de la répression, elles ont le mérite d’attirer l’attention sur la nécessaire responsabilisation morale des hommes et femmes politiques, associatifs ou religieux dès qu’ils expriment publiquement un point de vue touchant un groupe particulier de personnes. Pourtant, alors que ce lien de cause à effet s’avère volontiers admis en matière de crime homophobe ou raciste, il demeure totalement occulté quand l’auteur d’un crime ne correspond pas tout à fait au « profil-type » du parfait oppresseur de libertés (entendez par-là : fasciste, catho intégriste ou nazi) et quand la victime échappe plutôt aux critères couramment admis chez les défenseurs autoproclamés des Droits de l’Homme (l’appartenance à telle minorité religieuse, ethnique ou sexuelle). Si les identités « habituelles » entre victimes et coupables devaient être interchangées par le plus grand des hasards, il n’y aurait nullement violation inqualifiable des Droits de l’Homme mais simple « fait divers » certes très regrettable, mais un fait divers quand même qui n’inspirerait pas spécialement les diatribes véhémentes d’un Michel Tubiana président de la LDH, par exemple. Un silence coupable lors de l’assassinat de Théo Van Gogh Une illustration de ce silence fonction de la nature du couple victime/coupable est donnée par l’assassinat barbare du cinéaste hollandais Théo Van Gogh, horriblement égorgé en pleine rue par l’islamiste marocain Mohamed Bouyeri, le 2 novembre 2004. Rappelons que Théo Van Gogh avait réalisé un film, Submission, diffusé à la télévision fin août, qui a valu au cinéaste et à la députée libérale Ayaan Hirsi Ali, néerlandaise d'origine somalienne et auteur du scénario, les foudres haineuses des islamistes. Submission, film de fiction, dénonce les discriminations et les violences imposées aux femmes au nom de l'islam. On y voit notamment une actrice, dont le dos nu porte des traces de flagellation et des sourates du Coran. Or si Théo Van Gogh avait été un musulman et si son agresseur avait été un méchant sioniste partisan d’Ariel Sharon, nul doute que des associations comme la LDH ou le MRAP auraient réagi en dénonçant volontiers « le climat d’islamophobie » expliquant à lui seul « le passage à l’acte islamophobe » dont Théo Van Gogh aurait été la victime. Mais non, Théo Van Gogh ne fut pas victime de l’islamophobie. Théo Van Gogh serait plutôt la victime du contraire, c’est-à-dire de l’anti-islamophobie qui fait rage dans les mosquées islamistes, sur le site oumma.com et jusqu’aux discours passionnés de Mouloud Aounit, président du MRAP et tête de liste communiste aux élections régionales de 2004 en Ile-de-France. Est-ce à dire qu’il faudrait des lois contre « l’anti-islamophobie » et instituer un délit « anti-islamophobe » pour éviter que de nouveaux assassinats comme celui de Théo Van Gogh ne surviennent ? La logique particulière et tendancieuse de la LDH et du MRAP devrait pourtant nous y contraindre… La confusion entre islamophobie et musulmophobie Au contraire, ces associations dites antiracistes prétendent que c’est l’islamophobie qui devrait être instituée comme délit, et non « l’anti-islamophobie » dont la persistance à travers le monde explique pourtant le passage à l’acte de nombreux terroristes islamistes, que ce soit à Madrid, à New York ou à Bali ! En fait le MRAP et la LDH confondent à escient l’islamophobie et la musulamophobie. Rappelons que l’islamophobie consiste à dénoncer l’islam en tant que système de croyances tandis que la musulmophobie s’attaque aux musulmans en tant que personnes humaines, ce qui est très différent. Un signe ne trompe d’ailleurs pas : le terme « islamophobie » fut forgé pour la première fois par Khomeiny lui-même pour fustiger les ennemis de l’islam lors de l’affaire Salman Rushdie. Il a été repris récemment par le MRAP de Mouloud Aounit dont la complaisance à l’égard de l’islamiste Tariq Ramadan, ce grand défenseur d’un « moratoire sur la lapidation des femmes », est bien connue. Ainsi l’islamophobie critique une idée – en l’occurrence l’islam – tandis que la musulmophobie agresse les adeptes de cette idée dans leur dignité d’hommes et de femmes – ce qui est moralement condamnable. Or la critique d’une idée devrait-elle être réprimée au pays de Descartes et Voltaire ? L’écrivain Houllebecq n’avait-il pas le droit de déclarer, même si son jugement est certes un peu brut de décoffrage, que « l’islam est quand même la religion la plus con » ? Le professeur historien Louis Chagnon, n’avait-il pas pour devoir de rappeler la vérité historique à ses élèves de 5 ième en leur précisant que Mahomet était aussi « un voleur et un assassin » ? Pourtant le MRAP et la LDH ont traîné de façon injurieuse ces victimes de l’anti-islamophobie devant les tribunaux, avant d’être finalement déboutés… Ce climat de haine contre les intellectuels islamophobes fut-il pour quelque chose pas dans l’égorgement barbare de Théo Van Gogh ? Le MRAP et la LDH n’ont bien évidemment pas commandité l’égorgement du cinéaste hollandais, mais autant il est logique de s’interroger sur le lien de cause à effet entre un crime anti-musulman et « l’islamophobie ambiante », autant il est logique d’établir un même lien de cause à effet entre un crime anti-islamophobe et « l’anti-islamophobie » véhiculée par certains. A moins qu’on n’admette une fois pour toute que le MRAP et la LDH n’ont jamais cherché à être en cohérence avec eux-mêmes, et qu’ils sont avant tout des associations partisanes. Car c’est à l’attachement à la liberté d’expression qu’on reconnaît les vrais défenseurs de Droits de l’Homme. Par dans la propension à vouloir toujours plus de répression. C.R. |