
Mettre les musulmans face à leurs responsabilités par Ange Gabriel
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Où s’arrête la liberté d’expression, où commence l’intolérance ? Souvent menée à coups d’intimidations, la campagne de certaines associations antiracistes contre l’islamophobie a au moins le mérite d’exiger une clarification toujours souhaitable du débat autour de l’Islam, du rôle des musulmans dans les dérives possibles de leur religion et de l’attitude morale à adopter face aux personnes de confession musulmane. A l’heure d’une confusion intellectuelle grandissante entre islamophobie – laquelle consiste à dénoncer l’Islam en tant que système de croyances – et musulmophobie – laquelle s’attaque aux musulmans en tant que personnes humaines – un tel travail de réflexion semble indispensable pour éviter les pièges innombrables d’un débat miné par les délires inquisitoriaux de la censure politiquement correcte. Inquiétante parce qu’annonciatrice du recul de l’esprit critique au pays de Voltaire, l’appel à la lutte contre l’islamophobie sort même de la bouche de notre premier ministre Raffarin, lui qui, lors d’une visite surprise à la Mosquée de Paris, fustigea sans réfléchir la « montée de l’islamophobie » dans notre pays sous le regard approbateur des chefs religieux musulmans. Que ce terme « islamophobie » ait été forgé pour la première fois par Khomeiny lui-même lors de l’affaire Rushdie en réaction aux Versets Sataniques ne semble nullement inquiéter les valeurs démocratiques de Raffarin. Que l’idée de criminaliser l’islamophobie risque de sacraliser davantage une religion qui tend à écraser ses consoeurs sous le poids de la médiocrité, du chantage et de la superstition ne semble guère toucher la sensibilité morale d’un premier ministre habitué à la vanité de ses discours sans prises avec la réalité. Plus qu’un droit, l’islamophobie est un devoir Car il est évident que la religion musulmane cause un problème intrinsèque que les intellectuels islamophobes ont raison de souligner. Les innombrables appels au djihad contre les infidèles dans le Coran, les relents antisémites qu’il contient, l’asservissement de la condition féminine, la condamnation à mort des apostats, l’image totalitaire d’un Allah réservant des supplices infâmes aux infidèles, la cruauté d’un prophète Mahomet qui a exterminé toute une tribu juive à Médine lors de la Bataille du Fossé en 627, l’indistinction théologique entre pouvoir politique et pouvoir religieux , toutes ces réalités historiques et dogmatiques de l’Islam suscitent une protestation légitime chez les libres-penseurs, et nulle censure islamophile ne pourra les faire changer d’avis. L’islamophobie, ce rejet de l’Islam en tant que système de croyances archaïques et barbares, n’est pas seulement admissible en vertu de la liberté d’expression, il est souhaitable en raison de l’universalité des droits de la personne humaine. Si la démocratie place sa confiance dans la Science et la Raison, elle ne peut que rejeter les discours obscurantistes d’une soupe superstitieuse qui exerce un chantage insupportable sur le libre-arbitre du musulman, ce musulman condamné à mort selon la charia si l’envie lui pressait de changer de religion… Certes, tous les problèmes du monde ne viennent pas que de l’Islam. Certes, d’autres religions présentent des zones d’ombre qu’il convient de dénoncer. Mais l’Islam demeure singulière dans le sens où la confusion entre sphère privée et sphère publique demeure une réalité consubstantielle à la religion islamique. De plus, l’infaillibilité du Coran supposé « parole d’Allah » pose le problème crucial de l’autorité absolue du texte sacré, et donc des dérives totalitaires quand certains versets du Coran s’avèrent en contradiction avec les Droits de l’Homme. La comparaison avec le communisme Des similitudes troublantes apparaissent entre l’Islam et le Communisme, cette autre croyance messianique qui a imposé sa domination par le sang et les larmes tout le long du 20 ième siècle. Comme le communisme, l’Islam promet un lendemain meilleur pourvu que l’ordre ancien soit terrassé au profit d’une domination politique sans partage. Comme le communisme, l’Islam propose une société centralisée autour d’une idée, d’un dogme, ce qui passe par l’adaptation plus ou moins forcée de l’homme à cette idée, et l’élimination progressive des récalcitrants : les « infidèles » pour le Coran, les « bourgeois » pour le Manifeste du Parti Communiste. Comme le communisme, l’Islam causa un tort considérable à l’humanité, avec plusieurs millions de victimes à travers le monde, depuis le poète Kab Been Al Ashraf assassiné par Mahomet à Médine en 624 jusqu’aux attentats à Madrid en 2004… Et tout comme nombre de communistes crurent de bonne foi dans le marxisme-léninisme, nombre de musulmans croient de bonne foi dans la soupe superstitieuse de l’Islam. En ce sens, les musulmans sont plus victimes que coupables de l’oppression mentale opérée par l’Islam. En ce sens il serait criminel de rendre les musulmans responsables pour les malheurs passés ou à venir dus à l’Islam. Les musulmans de bonne volonté doivent se mobiliser Mais justement, ne peut-on pas mettre les musulmans face à leurs responsabilités en les prévenant, avec amour et patience, qu’ils font le jeu, même sans le vouloir, de l’obscurantisme ? Ne peut-on pas faire preuve de franchise à leur endroit, conscients de la difficulté mais aussi de la probité morale qui consiste à leur révéler, sans méchanceté ni condescendance, leur erreur ? En effet, le véritable islamophobe s’apparente à un libre-penseur qui croit en la supériorité de l’intelligence sur la médiocrité. Il croit que l’appartenance musulmane n’est pas une fatalité, ni inscrit dans un quelconque patrimoine génétique, à l’inverse du véritable raciste. Il croit que le musulman demeure avant tout une personne douée de Raison, et donc capable d’évoluer si une démonstration rigoureuse sur les méfaits de sa religion lui était adressée. Il croit que les musulmans de bonne volonté peuvent et doivent se mobiliser pour réformer radicalement leur religion, s’ils souhaitent que l’Islam devienne compatible avec la modernité. Car c’est en mettant les musulmans de bonne volonté face à leurs responsabilités que l’islamophobe éclairé apportera un bienfait considérable à ses semblables, y compris musulmans. Ange Gabriel |